Organisateurs : Pierre Quévreux & Julia Clause

Session I : Ecology outside academia Contexte : les postes dans la recherche académique sont très compétitifs, avec en parallèle une réduction du nombre de postes. Les informations sur les opportunités de carrière en dehors de la recherche et/ou du monde académique avec un doctorat sont peu accessibles. Le but de cette session était de montrer des exemples de carrière hors de la recherche académique et de partager des conseils sur la valorisation des compétences doctorales dans des milieux professionnels différents.

Intervenants : Sylvain Moulherat – AFIE – Directeur général et responsable scientifique à Terroiko ([email protected]) Gilles Paillat – Chargé de mission Natura 2000 à DREAL Bretagne – ([email protected])

Intervention de Gilles Paillat GP est employé de la fonction publique d’État avec un déploiement territorial, au département Gestion du Patrimoine Naturel. Il a obtenu un doctorat à l’Université de Rennes en écologie du paysage, une discipline qu’il a mise en avant lors de ses candidatures, de même que son expérience et connaissances liées à l’analyse de la distribution du renard. Il est arrivé à la DREAL par opportunisme après l’ouverture des concours à des effectifs importants en 2002 sous Jospin. Aujourd’hui, il gère le plan Natura 2000 pour la Bretagne. Ses missions consistent en de la coordination, mais il a aussi un rôle de production de connaissance et une proximité avec les usagers des sites. Il a notamment donné l’exemple de son rôle à l’interface entre une start-up d’ex-doctorants et des naturalistes autour de la problématique de la télédétection. L’accès à ce type de poste se fait classiquement à la sortie d’écoles mais il se fait également sur concours, qui est le chemin qu’il a pris, après plusieurs expériences post-doctorales. Après le doctorat, le « concours (externe ou direct) sur titre » est accessible sur les sites des Ministères – plutôt Ecologie et Agriculture dans nos domaines. Pour le Ministère de l’Ecologie, le concours porte sur les spécialités des candidats, ce qui n’est pas le cas du Ministère de l’Agriculture. Après l’obtention du concours, le recrutement doit se faire dans les 2 ans. Le 1er classé a le choix du site d’affection… contrairement au dernier classé. Aujourd’hui, la situation n’est pas optimale car il y a des réductions de postes, mais il va bientôt avoir un certain nombre de départ à la retraite, donc des opportunités ! Autres conseils au recrutement : le doctorant est intéressant car il n’est pas formaté comme un ingénieur peut l’être. Il a un regard différent. Ainsi, il faut bien vendre ses compétences en lien avec le projet en mettant en avant le regard différent qu’ont les docteurs sur des problèmes et ne pas se vendre comme un ingénieur (complémentarité des compétences très enrichissante sur un projet). « Avantages » de la fonction publique : les postes du public sont assez généraux (ex : littéraire ou droit…), sont modulables et permettent de travailler sur différentes missions ; la fonction publique permet le rapprochement de conjoint et de la mobilité peut être demandée pour monter en grade. Cette mobilité est plutôt bien perçue par la hiérarchie.

Intervention de Sylvain Moulherat SM est membre de l’AFIE (Association Française Interprofessionnelle des Écologues – http://www.afie.net/). Il a fait une thèse en modélisation des dynamiques de populations et, en sortie de thèse, a décidé de valoriser la plateforme et le modèle qu’il a développés lors de sa thèse. Il a notamment explicité une volonté d’être responsable d’un bureau d’étude qui crée et interprète l’information scientifique, et ne fait pas que la relayer tel « un bureau de communication ». Terroiko embauche actuellement 7 employés. Il travaille dans/avec les laboratoires de recherche et adapte la recherche à des politiques publiques. D’après lui, il y a énormément de choses à faire dans le privé avec notamment les bureaux d’études dans le transfert de technologies du public vers le privé pour une meilleur application des connaissances académiques. Les docteurs sont très utiles grâce à leur façon différente de voir les choses mais le monde privé est plus pragmatique et formaté que le monde académique, l’adaptation peut être difficile. Il arrive que les bureaux d’études « veulent du différent » mais veulent aussi que les docteurs « rentrent dans le moule ». Il faut là aussi arriver à vendre ses compétences et montrer que l’on maîtrise le sujet. Les docteurs peuvent notamment vendre leurs compétences en code (C++, Python) car il y a beaucoup de demande de développeurs, et pour ceux qui souhaiteraient acquérir ces compétences, il en existe un certain nombre sur le marché. Il faut casser l’image du docteur déconnecté de la réalité. Les docteurs sont ici capables de transformer les connaissances académiques en outils techniques utilisables par l’entreprise. Dans des grandes structures, il y a aussi la possibilité de faire de la R&D pour bosser sur des questions nouvelles. Si on veut monter son entreprise, il faut trouver des financements. Dans un premier temps, il faut aller voir les cellules de valorisation des universités –si elles existent- qui ont les compétences pour faire de la communication, pour l’accompagnement administratif et le dépôt de brevet. On peut aussi passer par des incubateurs d’entreprises, et la Banque Publique d’Investissement peut également fournir des capitaux pour le lancement. Par contre, il vaut mieux oublier les banques privées… Les régions ont aussi des structures d’accompagnement comme la SATT (Société d’Accélération de Transfert Technologique – https://www.satt.fr/) ou les CCI (Chambres de Commerce et d’Industrie). Enfin, il faut également rapidement avoir une idée des clients potentiels et déjà avoir des contacts. SM a démarré son activité début 2012 et avait pas mal de financement, mais il n’a pas la sécurité de l’emploi. Aussi, il avertit sur la difficulté de « vendre » l’innovation, car c’est aussi demander du financement pour du temps. Une autre difficulté qu’il rencontre est le fonctionnement du financement par des institutions publiques, qui ont l’obligation de passer par des procédures d’Appel d’Offres contraignantes.

Session II : Peer-Community publishing and SFE2 Voir site SFE2.

III. Session III : Coffee with plenary speakers

  • Teja Tscharntke
  • Caroline Müller

Ces sessions ont eu lieu à la Pause-Café et ont réuni entre 1 et 6 personnes, qui ont pu poser leurs questions et interagir avec les orateurs en lien avec la thématique de leur présentation ou travaux antérieurs. Etudiants et intervenants ont beaucoup apprécié ces échanges, toujours trop courts.