Plus d’ambitions climatiques!

Appel disponible sous format PDF et en anglais ici

Aujourd’hui, un nombre croissant de collectifs se mobilisent massivement pour exiger plus d’ambitions climatiques de la part des autorités. Marches pour le climat, journées d’actions, grèves scolaires et lycéennes pour le climat, manifestes et pétitions, actions juridiques contre les gouvernements pour cause d’inaction climatique, le changement climatique est maintenant reconnu comme un thème majeur pour maintenir une biosphère apte à garantir l’avenir de nos sociétés.

Nous, communautés scientifiques, reconnaissons que cet objectif ne peut être atteint que si nous agissons rapidement et avons la responsabilité d’accompagner ces appels à l’action. Nous insistons pour que les connaissances accumulées grâce au long travail effectué par de très nombreux chercheurs de toutes disciplines et synthétisé par différentes instances concernées (GIEC, IPBES…), se traduise en mesures politiques d’ampleur.

Ce travail a fourni les bases scientifiques irréfutables sur lesquelles se fonde cette prise de conscience :

  • La terre se réchauffe. La température moyenne de la surface de la Terre a déjà augmenté d’environ 1°C par rapport à la période 1850 – 1900.
  • La quasi-totalité du réchauffement observé est due aux activités humaines, en particulier du fait de l’usage d’énergies fossiles, de la destruction d’écosystèmes, des pratiques agricoles actuelles, et de la dégradation des sols.
  • Le réchauffement actuel de 1°C nous confronte déjà à une augmentation de l’occurrence et de l’intensité des évènements climatiques extrêmes, canicules, sécheresses, inondations. Le système étant gouverné par une rétroaction positive, plus la terre se réchauffera, plus de tels phénomènes se produiront. Au-delà d’une augmentation de 2°C, un effet d’amplification supplémentaire se déclenchera.
  • Le changement climatique combiné aux impacts directs des activités humaines menace la biodiversité et les fonctions des écosystèmes. Il est attendu que ces dégradations diminuent la capacité de nos écosystèmes à mitiger les effets du changement climatique.
  • Le réchauffement climatique aura des effets négatifs sur la santé humaine et rendra de vastes portions de la Terre inhospitalières aux humains. Il exigera de considérables efforts d’adaptation pour l’agriculture et de l’industrie

Pour limiter le réchauffement du climat à 2°C, les émissions mondiales de CO2 devraient avoir diminué d’environ 25% en 2030, et de 85% en 2050.

Or, les émissions de CO2 ne cessent d’augmenter d’année en année car les mesures actuellement décidées par les acteurs politiques sont largement insuffisantes. De même, les propositions actuellement en discussion ne permettraient pas de contenir le réchauffement à moins de 3°C d’ici la fin du siècle, une élévation de 5°C étant probable selon la trajectoire actuelle. Les conséquences d’un tel réchauffement seraient énormes, tant sur les écosystèmes (pertes de biodiversité et de fonctions écologiques) que sur les plans économiques et sociaux (conflits pour l’accès aux ressources). Ces conséquences seront irréversibles sur une échelle mesurée en siècles. Nous n’aurons pas d’alternative pour remédier à un manque d’anticipation. Les bouleversements attendus si nous gardons la trajectoire actuelle dépassent probablement tout ce que nos sociétés ont eu à affronter à ce jour.

Nous, communautés scientifiques, avons la responsabilité d’accompagner les mobilisations actives face aux évidences des changements climatiques. Au-delà des indispensables actions individuelles il est surtout temps que des mesures concrètes et structurelles soient prises à tous les niveaux, du local au planétaire, maintenant. Il faut amorcer immédiatement la transition énergétique. Plus nous agirons tardivement et plus la tâche sera difficile et coûteuse. Nous, communautés scientifiques, devons dire qu’il n’y a pas d’alternative.

Limiter le réchauffement et ses impacts suppose d’effectuer des changements très profonds de notre mode actuel de production et de consommation du niveau local au niveau mondial. Conceptualiser ces changements demande la collaboration et la participation de tous. Il faut en effet que soient prises en compte la multiplicité des situations, des modes de vie et des possibilités de chacun afin qu’elles socialement équitables. C’est la condition indispensable pour que tous adhèrent à cet effort collectif.

Il existe déjà des savoirs et les technologies nécessaires pour réduire considérablement les émissions de CO2 et s’engager dans la transition vers une société zéro-émissions. Actuellement, les subventions mondiales aux énergies fossiles sont supérieures à 500 milliards de dollars par an. Réaffecter cette somme, même partiellement, permettrait de faciliter la transition vers une société plus durable. Développement rapide des énergies renouvelables, reconversion du bâti en producteur d’énergie plutôt qu’en consommateur d’énergie, réforme de la mobilité, arrêt de la déforestation accompagné d’un reboisement écologiquement réfléchi, ces mesures indispensables à la transition ouvrent autant d’opportunités d’investissements positifs dans une multiplicité de secteurs d’activité.

Il faut maintenant que les gouvernements aient le courage politique d’agir. Mais rien n’adviendra sans pression citoyenne, et sans une mobilisation intense, réfléchie et continue. Nous, scientifiques, nous joignons aux mobilisations en cours et lançons cet appel aux décideurs politiques. Des mesures efficaces et équitables permettant de préserver un avenir durable pour l’ensemble des êtres vivants de notre planète sont possibles. Elles doivent être prises sans tarder!

Signataires

Société Française d’Ecologie et d’Evolution courriel:  secretariasocecol[at]gmail.com