La SFE² organise le 3 février 2020 une journée thématique intitulée «Les écologues face à la crise écologique».

Détails pratiques

La journée aura lieu au Muséum National d’Histoire Naturelle à Paris le lundi 3 février 2020, de 10h à 18h.

La journée débutera à l’Auditorium de la Grande Galerie d’Évolution, 36 rue Geoffroy Saint Hilaire, 75005 Paris.

Contexte

L’écologie scientifique est définie comme la science des interactions, tant entre les êtres vivants qu’entre ces êtres et leur environnement. Plus récemment l’étude des interactions entre le monde vivant et les humains est venue enrichir le champ de l’écologie scientifique, y compris dans des dimensions sociales et culturelles. Cette dernière conception, plus large, de l’écologie scientifique, a pris une acuité particulière du fait de l’empreinte de plus en plus forte et rapide des activités humaines sur les processus écologiques et la biosphère, accentuation qui a amené à qualifier l’époque actuelle d’anthropocène. En effet, face aux changements globaux qui touchent la biosphère à un rythme accéléré, on attend de l’écologie scientifique qu’elle analyse les problèmes environnementaux en intégrant pleinement le facteur humain. Dans ce contexte, l’écologie scientifique a un rôle essentiel à jouer en procédant à l’analyse critique des réponses proposées par nos sociétés (pouvoirs publics, entreprises, mouvements sociaux, comportements individuels…) aux perturbations qu’elles engendrent et en proposant des solutions alternatives.

Le positionnement individuel des chercheurs et des institutions de recherche vis-à-vis de l’implication de leurs recherches pour la société est très variable, du chercheur qui focalise son attention sur des systèmes écologiques naturels ou expérimentaux et qui cherche à s’affranchir de l’influence des activités humaines, jusqu’au chercheur en écologie urbaine ou en agroécologie, qui se focalise sur les rétroactions entre systèmes écologiques et sociétés. Il est important de maintenir cette diversité de positionnement mais il apparaît aussi important de rendre ce positionnement explicite et de s’assurer que collectivement nous soyons capables d’aider la société à faire face à la crise environnementale, ou pour le moins répondre à ses interrogations. Cela implique aussi de clarifier notre positionnement vis-à-vis des autres sciences et en particulier des sciences humaines. 

Objectifs

Cette journée à destination des écologues vise à améliorer notre compréhension du rôle actuel des écologues dans la résolution des problèmes environnementaux. Nous réfléchirons aussi à comment ils pourront dans le futur jouer pleinement ce rôle. Pour cela, nous chercherons par exemple à répondre aux questions suivantes : 

  • Quels sont les obstacles qui contraignent le rôle que devraient jouer les sciences écologiques dans les réponses que nos sociétés apportent aux défis environnementaux actuels ?
  • Comment améliorer et clarifier le positionnement individuel, collectif (équipes, UMR, réseaux tels que GDR…) des chercheurs (de la recherche appliquée à la recherche fondamentale) 
  • Comment pouvons-nous nous organiser collectivement pour mieux remplir notre rôle envers la société ? Quel est le rôle des organismes de recherche ? Des modes de financement et d’évaluation ? 

La journée est pensée comme : 

  • un moment de discussions, de réflexions et d’échanges entre plusieurs disciplines et chercheurs avec différents positionnements
  • une première séquence de travail pour produire une feuille de route pour les actions qui pourront être soutenues et portées par la SFE², une synthèse à destination de la communauté et/ou des autres communautés scientifiques. 

Déroulé de la journée

La matinée sera consacrée à des retours d’expériences (principalement d’écologues) sur nos positionnements, individuels et collectifs, et leurs potentielles évolutions face à l’urgence de la crise écologique. 

L’après-midi sera consacrée à des ateliers de travail. L’objectif est de réfléchir ensemble aux obstacles à surmonter et aux potentiels leviers pour mieux cerner quelles connaissances mobiliser, à comment améliorer le partage des connaissances scientifiques avec la société (grand public, collectivités, médias, politiques…) et sans doute dresser une feuille de route pour des actions qui pourraient être soutenues par la SFE².  

Contact : Secrétariat SFE² [email protected] ou Anne-Christine Monnet (MNHN, Paris), responsable du groupe “crise écologique” de la SFE² [email protected]