Projet de Master 2 : Comment définir un oiseau insulaire? Une approche quantitative et biogéographique des syndromes d’insularité.

Les candidatures doivent être communiquées à Jean-Yves Barnagaud ([email protected]), avec CV et une lettre de motivation exposant clairement l’intérêt de fond du candidat pour le sujet. Les candidatures se poursuivront jusqu’à ce qu’un candidat soit recruté.

Contexte
Les écosystèmes insulaires se caractérisent par des niveaux d’endémisme exceptionnellement élevés et une diversité fonctionnelle élevée relativement à leur richesse spécifique réduite. Les trajectoires évolutives qui résultent de la rareté des événements de colonisation et de l’isolation des îles océaniques conduisent à l’émergence de « syndromes d’insularité », qui ont été étudiés dans divers contextes (nanisme et gigantisme chez les vertébrés, perte de la capacité de vol chez certains oiseaux, remplacement de stratégies r par des stratégies K chez divers organismes…). Néanmoins, bien que les processus évolutifs à l’œuvre sur les îles soient relativement bien documentés, la définition de l’“insularité”, d’un point de vue biogéographique, n’est pas clairement établie dans la littérature, les espèces étant souvent classées en dichotomies relativement grossières (« insulaires » vs « continentales » par exemple). Pourtant, les espèces vivant sur les îles sont hétérogènes au regard de leurs distributions géographiques entre îles ou archipels, leurs histoires de colonisation depuis les continents sources et les patrons de “disharmonie” qui en résultent, et leur isolation, qui peut être quantifiée de diverses manières. Ces différences quantitatives impliquent que le terme « espèce insulaire » résume des réalités écologiques et biogéographiques variées, y compris à l’intérieur d’un même groupe taxonomique, pouvant contribuer à expliquer leur répartition dans un espace de fonctions écologiques (défini comme un hypervolume structuré par les traits écologiques et d’histoire de vie des espèces).

Questions de recherche
La question clé de ce projet est: “Comment la géographie et l’histoire des espèces insulaires expliquent-elles leurs positions dans l’espace des fonctions écologiques?”
L’étude couvrira l’ensemble des espèces d’oiseaux vivant sur au moins une île océanique. L’étudiant aura pour principaux objectifs:
i- De classer les espèces sur un ou plusieurs gradients d’insularité établi à partir de variables géographiques reflétant diverses formes d’isolation (distance au plus proche continent ou à l’île la plus proche, nombre et taille des iles environnantes, localisation, biome, histoire de l’île…) : étape exploratoire ;
ii- De comparer cette ordination à la position des espèces dans un espace de fonctions écologiques, en tenant compte de la phylogénie : étape inférentielle ;
iii- De tester si la position des espèces éteintes et des espèces introduites par l’humain dans l’espace éco-géographique ainsi construit est prédictible : étape prédictive.

Données et méthodes
Toutes les données nécessaires sont disponibles à partir de sources publiées, et couvrent les 11000 espèces d’oiseaux du monde et 17000 îles dont plus de 3000 sont océaniques. L’étudiant assurera la conduite du projet et sera en particulier responsable de la préparation et du filtrage des données et de la mise en place des analyses exploratoires, inférentielles et prédictives. Des méthodes multivariées couplées à des classifications hiérarchiques et / ou des techniques de modélisation statistique seront utilisées de manière complémentaire.

Lieu du stage
Centre d’Écologie Fonctionnelle et Évolutive, 1919 route de Mende, 34293 Montpellier 5
Encadrement
Jean-Yves Barnagaud, maitre de conférences de l’École Pratique des Hautes Études
https://www.cefe.cnrs.fr/fr/recherche/bc/ebv/1059-ec/2942-jean-yves-barnagaud
[email protected]

Conditions
Stage de master 2 de six mois (janvier-juin). La gratification mensuelle est légèrement supérieure à 600 € et se conformera au standard en vigueur au 1er janvier 2022. L’étudiant(e) sera accueilli au Centre d’Écologie Fonctionnelle et Évolutive de Montpellier, dans le département « écologie évolutive et comportementale ». Il/elle disposera d’un bureau dans un espace de 4 personnes, avec un poste de travail informatique relié à un serveur de calcul et disposant de tous les logiciels nécessaires à l’exécution du travail. Les conditions de travail sont évolutives en fonction des réglementations sanitaires ; dans tous les cas, l’étudiant sera quotidiennement en contact présentiel et/ou électronique avec l’encadrant et les collaborateurs du projet.
Ce projet s’inscrit dans le projet exploratoire BIOTA, financé par le LabEx CEMEB pour étudier les syndromes de traits et la composition fonctionnelle des assemblages d’oiseaux des îles océaniques. L’étudiant(e) sera impliqué(e) dans les télé-réunions mensuelles des collaborateurs du projet. Il/elle sera responsable de l’implémentation de la recherche, de la communication avec les membres du projet BIOTA au regard de son travail de master, et de la gestion des données. Il/elle devra être proactif dans la conduite technique des travaux, mais aussi dans la réflexion critique sur le fond du projet, en particulier en étant force de proposition. Si l’étudiant(e) le souhaite, il/elle pourra s’investir dans la valorisation de son stage sous forme de publication scientifique après la rédaction du rapport de stage et sa soutenance. Il/elle pourra également, sur la base du volontariat, s’impliquer dans une école d’été organisée par le projet BIOTA à Montpellier en mi-2022 ; une visite dans un laboratoire partenaire et d’autres événements collaboratifs seront envisagés si le temps et les conditions sanitaires le permettent.

Profil recherché
Etudiant(e) en 2ème année de master ou en fin de cycle de grande école, avec un parcours solide en écologie (écologie fonctionnelle et/ou évolutive, biogéographie, écologie spatiale, écologie quantitative ou analyse statistique). Des compétences de base solides en analyse multivariée et modélisation statistique fréquentiste sont nécessaires, sans qu’une véritable expertise soit exigée. Les candidat(e)s doivent être conscients que ce projet est entièrement basé sur des données pré-existantes et nécessite donc une volonté sincère de développer, durant ce stage, des compétences avancées en analyse de données. Une curiosité sur le fond du sujet et un esprit critique et constructif sont indispensables afin de profiter pleinement de cette expérience de recherche exploratoire. Des connaissances en ornithologie sont appréciées mais ne constitueront pas un critère majeur de sélection.

Le contenu de cette offre est la responsabilité de ses auteurs. Pour toute question relative à cette offre en particulier (date, lieu, mode de candidature, etc.), merci de les contacter directement. Un email de contact est disponible: [email protected]

Pout toute autre question, vous pouvez contacter [email protected].