Stage de Master 2:
Les dunes côtières sont des milieux complexes et dynamiques soumis à des perturbations et des contraintes environnementales fortes (e.g., mouvements de sable d’origine marine ou éolienne, embruns, faible disponibilité des ressources édaphiques) présentant une variabilité temporelle plus ou moins prévisible. Ces écosystèmes sont parmi les premiers menacés par les changements climatiques en cours tant de par leurs conséquences sur le niveau des océans que sur la fréquence et la sévérité des événements climatiques extrêmes (tempêtes). Ces variations environnementales interagissent avec des pressions anthropiques plus directes et locales associées à l’urbanisation et à la fréquentation notamment dans les zones les plus touristiques. Du fait de la biodiversité singulière qu’ils abritent, des fonctions écosystémiques qu’ils remplissent et de leurs valeurs paysagères et sociétales, les systèmes dunaires sont attentivement surveillés. Ils font très souvent l’objet de suivis et de mesures de conservation voire de restauration, dont la mise en place nécessite une bonne caractérisation des facteurs qui les influencent. La végétation joue un rôle important dans la dynamique dunaire ; l’étude de son hétérogénéité spatio-temporelle et de sa réponse aux facteurs environnementaux est donc une première étape indispensable à la compréhension du fonctionnement des systèmes dunaires.

Le cordon dunaire de la côte Sud-Atlantique française s’étend de manière quasi-continue sur plusieurs centaines de kilomètres, le long d’un gradient nord-sud, dont une majeure partie est constituée de dunes et forêts domaniales gérées par l’Office National des Forêts (ONF), et qui se trouve presque entièrement classé en zones Natura 2000. Depuis 1997, l’ONF réalise un suivi temporel et spatialement explicite de la végétation de ce cordon dunaire sous la forme de 94 transects s’étendant sur un gradient est-ouest de la frange forestière à la dune embryonnaire et visités tous les 6 ans. Une étude visant à tester l’effet de variables environnementales sur la végétation dunaire à partir des données acquises en 1997 a permis de mettre en évidence les rôles respectifs de la perturbation liée à l’accumulation du sable et des variations de contraintes édaphiques sur la végétation1. L’importance de la disponibilité en eau et en nutriments sur cette végétation a pu être confirmée expérimentalement2. Ces résultats ont participé à une meilleure compréhension des processus en jeu dans la structuration de la végétation dunaire. Les milieux dunaires étant fortement dynamiques, il est nécessaire d’approfondir ces connaissances en prenant en compte, de l’échelle locale à l’échelle régionnale, les changements environnementaux, la dynamique géomorphologique, ainsi que les processus de dispersion, en lien avec les pratiques de gestion appliquées. Bien que l’évaluation conjointe de l’effet de ces facteurs sur la dynamique de la végétation reste un réel challenge, la constitution de bases de données spatio-temporelles (suivis de la végétation, des modes de gestion, etc.), parallèlement aux développements des méthodes d’analyses spatio-temporelles ouvrent de nouvelles possibilités dans ce sens. Par ailleurs, l’enrichissement des connaissances quant aux traits fonctionnels des espèces végétales permet d’aller plus loin dans la compréhension du fonctionnement de ces communautés et notamment de leurs réponses aux variations environnementales.

Dans ce contexte, le présent stage aura pour objectifs :
– la vérification et la mise en forme des données issues du suivi de la végétation
– l’identification d’éventuelles erreurs d’identification ou omissions d’espèces végétales
– la recherche de données relatives aux traits fonctionnels des espèces dans la littérature et les bases de données existantes
– la collecte et la mise en forme de données environnementales existantes : modes de gestion, dynamique du trait de côte, données climatiques, etc.
– l’analyse de la structure spatiale et de la dynamique temporelle des communautés végétales
Toute proposition d’autres axes de travail de la part de l’étudiant(e) sera la bienvenue.

Profil recherché
L’étudiant(e) travaillera sur des fichiers de données collectées en amont du stage et pouvant se présenter sous divers formats (tableurs informatiques, images, fiches papier, etc.). Des capacités organisationnelles et un intérêt pour le travail informatique de mise en forme, de gestion et d’analyse des données sont donc requis.
L’étudiant(e) sera également amené(e) à rencontrer les acteurs impliqués ou ayant été impliqués dans la collecte des données in situ (opérateurs de l’Office National des Forêts, Conservatoire Botanique National Sud-Atlantique) et devra donc se montrer capable de travailler en équipe et de cerner les attentes et apports de chaque partenaire.

Conditions de stage
L’étudiant(e) sera accueilli(e) dans les locaux universitaires du laboratoire BIOGECO (Pessac) pendant 6 mois entre janvier et août 2018.
Gratification selon tarif en vigueur.

Candidature
Un curriculum vitae et une lettre de motivation sont à adresser à Marie-Lise Benot ([email protected]) et David Rosebery ([email protected]).

Le contenu de cette offre est la responsabilité de ses auteurs. Pour toute question relative à cette offre en particulier (date, lieu, mode de candidature, etc.), merci de les contacter directement.

Pout toute autre question, vous pouvez contacter [email protected].