Missions
La plupart des activités humaines, industrielles ou domestiques, requièrent aujourd’hui l’utilisation d’énergie électrique. Les choix faits pour la production de cette électricité ont nécessité le développement de réseaux de transport d’électricité. En raison de sa densité de câbles, ce réseau induit une fragmentation de l’habitat des animaux volants et principalement des oiseaux. Ces câbles induisent aussi des mortalités directes des oiseaux par électrocution au niveau des pylônes ou collision avec les câbles (Bevanger, 1998; Jenkins et al., 2010). Un grand nombre de facteurs influençant les collisions sont aujourd’hui identifiés (Janss, 2000; Martin and Shaw, 2010). Cependant, la quantification de la et électrocutions mortalité par collision reste complexe en raison de l’hétérogénéité des méthodes utilisées et de l’existence de biais à la quantification (Bech et al., 2012; Ponce et al., 2010). Prédire les zones à risque de collision pour les oiseaux est donc un enjeu de conservation majeur dans le but soit d’éviter d’installer des infrastructures dans ces zones, soit de mettre en place des mesures visant à réduire ces risques (tels que l’isolation des lignes ou la pose de balises « avifaunistiques » rendant les câbles plus visibles).
Dans la vallée de la Haute-Durance, une ligne à électrique à Haute Tension est en cours de réfection depuis plusieurs années. Dans un territoire accidenté comme celui de la Haute Durance, exploité par un grand nombre de rapaces et notamment des espèces de grande envergure (aigles, vautours, etc.), le risque de collision avec des câbles aériens semble faire consensus au vu des observations réalisées par le réseau d’observateurs locaux. Prendre des mesures de réduction de ce risque est particulièrement important pour les populations de ces rapaces car la dynamique des populations de ces espèces est très sensible aux paramètres de survie, en particulier à la survie adulte (Saether & Bakke, 2000). Cette sensibilité est renforcée par le fait que ces espèces disposent de populations de relativement petite taille localement (Saether et al, 2016).
Afin de disposer d’éléments précis permettant de localiser les secteurs présentant les plus forts risques de percussion, un suivi par émetteurs GPS a été proposé dans le cadre de la mesure C7 du dossier de demande de dérogation au titre des espèces protégées. Ce suivi doit permettre de préciser l’utilisation de l’espace par les rapaces en relation avec les ouvrages de transport d’électricité. Cette mesure comprend également l’engagement de traiter les principaux points de conflits identifiés lors de la campagne de suivis par GPS sur le réseau électrique géré par RTE.
L’objectif du travail proposé ici est d’analyser les données collectées GPS dans le cadre de ce projet sur plus d’une quarantaine d’aigles royaux (adultes et juvéniles) afin d’identifier les zones à risques forts de collision.

Activités
L’ingénieur aura pour mission d’analyser à l’aide de modèle statistiques pointus, les données GPS en Haute Définition (une localisation par seconde) collectées sur plus d’une quarantaine d’aigles royaux (adultes et juvéniles) dont l’équipement a eu lieu depuis 2018. Plus de 6 millions de localisation ont été collectées sur la zone de développement de l’infrastructure. Tous les territoires d’aigles royaux concernés par la ligne ont vu des oiseaux équipés. A noter qu’il y a pour certains territoires d’aigles des données GPS collectées avant installation de la ligne ainsi qu’après. Des données en Haute Résolution (1 point par seconde) sont collectées lorsque les individus sont à moins de 500m de la ligne.
Pour ce faire, l’ingénieur aura pour mission de :
– Nettoyer et préparer les données GPS
– Identifier les meilleures méthodes pour modéliser le risque de collision avec les lignes (utilisation de l’espace 3D)
– Travailler avec les géographes de RTE pour obtenir la hauteur précise des câbles sur l’ensemble du linéaire.
– Prédire l’utilisation de l’espace en 3D et croiser ces résultats avec les hauteurs des lignes pour identifier les zones à risque.
Compétences
Docteur en écologie avec des compétences reconnues en écologie statistique, notamment dans le domaine de l’écologie du déplacement et sur la modélisation de données de suivi par GPS. Motivation pour la recherche opérationnelle et partenariale avec des acteurs multiples.

Contexte de travail
Localisation : UMR5175 Centre d’Ecologie Fonctionnelle et Evolutive – Montpellier ; au sein de l’équipe HAIR sous la direction d’Aurélien Besnard.

Merci de contacter Aurélien Besnard avant le 25 novembre : [email protected]

Le contenu de cette offre est la responsabilité de ses auteurs. Pour toute question relative à cette offre en particulier (date, lieu, mode de candidature, etc.), merci de les contacter directement. Un email de contact est disponible: [email protected]

Pout toute autre question, vous pouvez contacter [email protected].