Contexte
Le développement des parcs éoliens, comme toute infrastructure anthropique, a des impacts négatifs sur la biodiversité. Ces impacts sont de deux ordres : ils occasionnent une perte d’habitat pour un certain nombre d’espèces de par l’artificialisation de la zone mais aussi leur effet répulsif (voir par exemple Millon et al. 2018); ils occasionnent pour des espèces volantes (oiseaux, chauve-souris) des mortalités directes par collisions ou barotraumatisme (Drewitt and Langston 2006, Barclay et al. 2007). Ces collisions pouvant affecter, dans certaines zones, des espèces protégées et avec des statuts de conservation défavorables, les exploitants de parcs pour lesquels de telles collisions sont observées ou attendues, reçoivent en général des injonctions de l’Etat pour réduire ces mortalités. Ces réductions peuvent passer par l’arrêt des machines pendant des périodes à risques (Tomé et al 2017) mais aussi par l’installation de systèmes automatisés de détection des oiseaux à proximité des éoliennes couplés à des systèmes d’effarouchement ou de régulation de la vitesse des éoliennes. Ces dispositifs reposent sur divers technologies et sont développées par différentes sociétés en France et à travers le monde.
Cependant, très peu d’études scientifiques ont démontré de manière rigoureuse et indépendante l’efficacité et la performance de ces dispositifs pour réduire les mortalités aviaires (KNE 2018, voir cependant McClure et al. 2018). Dans ce contexte, et face à des cas de mortalités observés dans des parcs équipés de dispositifs (Duriez et al. 2018), il apparaît crucial de mener des études rigoureuses de leur efficacité et de leurs performances afin que l’ensemble des parties-prenantes puisse disposer d’un niveau de connaissance fin sur les forces et faiblesses de ces dispositifs afin de prendre des décisions pertinentes pour la protection de la biodiversité en regard des coûts occasionnés pour les exploitations.
Une démarche multi-acteur initiée depuis plus de deux ans par la MSH-sud a fait émerger un consensus sur la nécessité de conduire de telles évaluations à relativement courte échéance. Ces évaluations posent cependant des difficultés, notamment du fait que le matériel évolue rapidement, que l’efficacité des dispositifs peut être contexte-dépendante, qu’il existe plusieurs solutions commercialisées différentes reposant sur des technologies différentes et que les espèces à enjeux ne sont pas identiques entre les parcs. Dans ce contexte, un des risques évidents est que les exploitants se lancent dans des évaluations indépendamment les uns des autres en mobilisant des dispositifs d’évaluation hétérogènes, des moyens variables voire même en évaluant des paramètres différents. Une telle démarche risque d’aboutir à des conflits sur la fiabilité des résultats obtenus et donc à la remise en cause des résultats de ces études. La mise en œuvre d’un protocole d’évaluation de l’efficacité et de la performance des dispositifs de détection automatisée, harmonisé et standardisé entre parcs et entre solutions, pourrait permettre de créer un consensus entre les parties-prenantes en fournissant une évaluation globale et rigoureuse de ces solutions commercialisées. La mise en œuvre de ce protocole sur divers parcs au fur et à mesure des avancées technologiques associée au partage des résultats de ces études est susceptible d’aider, à terme, les exploitants dans le choix des dispositifs selon leur contexte.

Objectif du projet
Ce poste s’intègre dans le projet MAPE (Mortalité Aviaire sur les Parcs Eoliens) développé à travers une collaboration entre des exploitants de parcs, des ONG environnementales, l’Etat (DREAL Occitanie et Ministère de la Transition Ecologique et Solidaire), l’OFB, la région Occitanie, l’ADEME et le labex CEMEB et animé par la Maison des Sciences de l’Homme de Montpellier. Il s’intègre dans le workpackage 4 du projet, workpackage dont l’objectif est de rédiger un protocole d’évaluation de l’efficacité et de la performance des dispositifs de détection des oiseaux. Le protocole est entendu ici au sens large, cela inclus une définition précise des questions auxquelles la collecte de données veut répondre, les variables d’intérêts relevées sur le terrain, les procédures standardisées à mettre en œuvre avec les efforts requis, les paramètres de performance et d’efficacité à estimer, les méthodes statistiques à mobiliser pour estimer ces paramètres ainsi qu’un format de données à bancariser.
Un premier travail est en cours pour rédiger ce protocole dans un cadre partagé entre les différentes parties-prenantes afin qu’il soit le fruit d’un consensus assurant son utilisation par la suite. Le poste proposé ici vise à mettre en œuvre une phase de test de ce protocole en conditions réelles sur un certain nombre de parcs pilotes dans des situations variées. Cette étape est essentielle pour détecter d’éventuelles sources de difficultés qui n’auraient pas été anticipées mais aussi d’appréhender l’ensemble du processus allant de la collecte d’informations sur les parcs à l’analyse des données en passant par la contractualisation avec des prestataires pour la réalisation du terrain, etc. Il vise aussi à accompagner les différents acteurs qui seront impliqués dans la mise en œuvre de ce protocole ultérieurement dans la prise en main du protocole.
Les missions de l’ingénieur seront d’organiser l’ensemble de la logistique pour la mise en œuvre des tests (identification des prestataires nécessaires sur le terrain, lien avec les équipes des opérateurs et des fournisseurs des systèmes de détection-réaction, organisation des missions), de conduire en lien avec les prestataires ces phases de tests (collecte des données sur les parcs) et d’en analyser les résultats (analyses statistiques descriptives et inférentielles, retour d’expérience sur les points de difficultés etc).
A l’issu des tests, l’ingénieur aura en charge de rédiger un plan d’action opérationnel (feuille de route) pour l’accompagnement du déploiement du protocole auprès des exploitants éoliens et les fournisseurs des systèmes de détection ; et de produire un rapport concernant la mise en œuvre des tests réalisés pour vulgarisation et diffusion à l’ensemble de la filière en France et à l’étranger.

Profil recherche : Master ou ingénieur en écologie avec compétences fortes dans l’organisation de missions de terrain et la gestion de projets. Motivation pour la recherche opérationnelle et partenariale avec des acteurs multiples. Bonnes capacités relationnelles pour faire le lien avec l’ensemble des acteurs impliqués dans ces tests.

Localisation : UMR5175 Centre d’Ecologie Fonctionnelle et Evolutive – Montpellier ; au sein de l’équipe Human-Animal Interaction (HAIR) animée par Aurélien Besnard.

Candidature à déposer ici : https://emploi.cnrs.fr/Offres/CDD/UMR5175-AURBES-014/Default.aspx

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