Le rapport action/nature. De l’action sur la nature à la nature de l’action

Ce colloque (28-29 juin 2016) est précédé d’une journée (27 juin 2016) de séminaire dédié aux doctorants à l’interface des sciences du vivant et des sciences humaines et sociales

ARGUMENTAIRE
Nature et culture : leurs rapports de complémentarité et d’opposition forment un questionnement classique et majeur de la philosophie. Plus concrètement, nous plaçant dans le champ de disciplines comme la géographie, l’urbanisme et les sciences des territoires, l’écologie et les sciences du vivant, la sociologie, l’anthropologie et les sciences de la société, les dimensions sociales, spatiales et temporelles du rapport entre ville et nature ont été déjà très largement étudiées.
Dans cet ensemble, apparaît un manque relatif : le lien entre action et nature. L’homme, agissant sur son environnement, modifie la nature : il la préserve, la protège, la restaure, la patrimonialise, la muséifie, la vénère ou bien l’exploite, la réduit, la dénature, la détruit… La nature, par ses différentes dimensions, par ses rythmes et ses événements, conduit à orienter l’homme dans son action, ses pensées, ses représentations, tant à l’échelle individuelle qu’aux différentes échelles sociales.
Ce colloque ambitionne d’explorer ce lien, ses multiples modalités, ses boucles de récursivité, ses conséquences tant conceptuelles qu’opérationnelles suivant deux axes :

AXE 1 : En quoi nos actions révèlent nos conceptions de la nature ? Plus précisément, en quoi et de quelles manières nos actions, parce qu’elles modifient la nature, non seulement en fonction des moyens dont nous disposons et en fonction des objectifs d’organisation de la société, mais aussi en fonction de ce que nous savons, pensons et disons d’elle, révèlent nos représentations et conceptions de celle-ci ? L’action collective, au sens large, qu’elle prenne la forme de la gestion, de la planification ou du projet, la mise en oeuvre de politiques publiques ou de textes législatifs, révèle la manière dont la société ou certain des groupes qui la constituent pensent la nature comme objet, mais aussi comme organisation, comme structure, comme patrimoine, comme paysage, comme potentiel. Trace du passé à retrouver, indice d’un avenir à construire, élément d’un présent à préserver ou modifier, la nature n’est que très rarement envisagée comme une totalité dans nos actions. Des pans entiers peuvent être mis de côté, des points de vue peuvent être avancés, d’autres masqués ou ignorés. Quels sont-ils ? Pourquoi ceux-là? Qu’est-ce que cela révèle de notre conception et de notre compréhension de la nature ?

AXE 2 : En quoi et de quelles manières la nature détermine nos actions ? La nature apparaît tour à tour comme modèle (modèle esthétique, modèle fonctionnel, source d’inspiration technique…), comme contrainte à l’action (elle ne propose que ce dont elle dispose), comme défi (habiter la planète) et comme risque (risques naturels majeurs). D’une façon générale, la nature, par les éléments qu’elle présente à l’homme et à la société, mais aussi par la représentation que l’on s’en fait, permet ou incite, oblige ou interdit tels et tels types d’action. La prise en compte de la nature de la nature, de ce qu’elle représente en termes de potentialités (du potentiel de développement touristique et de valeur patrimoniale jusqu’aux risques naturels) nous conduit à penser comme possibles ou impossibles, comme intéressants ou à éviter certains types d’actions et non d’autres.

Ce colloque vise à examiner la spécificité des liens réciproques mais non symétriques entre action et nature, entre nature et action : actions, réactions, rétroactions. La nature révèle notre société dans sa capacité/incapacité à agir, comme notre action révèle nos représentations de la nature.

Cet appel à contributions s’adresse à tout chercheur, de quelque discipline que ce soit (géographie, écologie, sociologie, ingénierie, anthropologie, philosophie, histoire, urbanisme… sans exclusive), à tout acteur de l’action territoriale dont les propos traitent des liens entre action et nature (de la nature vers l’action ou de l’action vers la nature, a fortiori quand est abordée la boucle complète). Les propositions croisant monde de la recherche et monde de l’action sont les bienvenues. L’accent est mis sur l’action collective (de la législation préalable à l’action qu’elle encadre jusqu’à la gestion en passant par la planification, la protection, la stratégie, l’ingénierie, le projet…) sans toutefois exclure l’action individuelle (actes, usages, pratiques, projets, anticipations…) à condition qu’elle révèle nos représentations de la nature et/ou à condition qu’elle soit présentée comme découlant de facteurs d’ordre naturel. La nature comme l’action peuvent être abordées comme catégorie analytique ou philosophique ou bien à travers des cas particuliers, localisés, remis en situation.

Dates importantes : 15 février : date limite d’envoi des propositions
15 mars : information acceptation/refus de la proposition
15 juin : envoi des textes définitifs
(27 juin : le colloque est précédé d’un séminaire dédié aux doctorants)
28-29 juin : colloque
Lieu : INSA Centre-Val de Loire
9, rue de la chocolaterie, 41000 BLOIS
Frais d’inscription : 75 euros – Doctorants : 40 euros

Les propositions, en format pdf, sont à envoyer à [email protected], [email protected], [email protected] au plus tard le 15 février 2016.

Il est demandé que ces propositions soient détaillées en une à trois pages, avec, autant que possible :
– Le ou les auteurs
– La (les) discipline(s) de référence des auteurs
– Leur statut
– Leur institution d’appartenance
– Un titre (avec éventuellement un sous-titre)
– 5 mots-clefs
– L’inscription dans au moins un des deux axes présentés
– Les résultats majeurs de la recherche présentée
– Les aspects méthodologiques
– Le(s) cadre(s) théorique, politique, philosophique et/ou historique
– Les terrains et/ou populations concernés : type, localisation, critères de définition, critères de choix, justification…
– Le(s) statut(s) donné(s) à la nature : catégorie analytique, catégorie philosophique, objectif, cadre général, ensemble de ressources, de contraintes, objet d’attention…
– Le(s) type(s) d’action retenu(s) : individuelle, collective, intentionnelle ou non, projet, planification, gestion, anticipation, court ou long terme…
– Les type(s) de relation Nature/Action : préservation, protection, restauration, patrimonialisation, muséification, vénération, exploitation, réduction, dénaturation, destruction…

Le contenu de cette offre est la responsabilité de ses auteurs. Pour toute question relative à cette offre en particulier (date, lieu, mode de candidature, etc.), merci de les contacter directement.

Pout toute autre question, vous pouvez contacter [email protected].