Contexte et objectifs
L’évolution façonne les traits d’histoire de vie des organismes vivants, qui s’adaptent notamment à la stochasticité environnementale en modulant l’allocation de leur énergie à la survie (maintien) et à la reproduction (effort reproducteur). Or, la contamination par des polluants représente une pression environnementale nouvelle, pouvant induire une mortalité accrue et/ou un coût énergétique supplémentaire lié par exemple à la détoxication. Ainsi, la contamination peut perturber les compromis énergétiques sélectionnés au cours de l’évolution, et limiter l’effort reproducteur. L’objectif de ce stage est de quantifier les polluants accumulés par des lamproies fluviatiles et tester leur effet sur le comportement reproducteur.
Les lamproies fluviatiles ont un cycle de vie diadrome et sont sémelpares. Les larves se développent pendant 4 à 6 ans dans les sédiments fins des rivières où elles filtrent l’eau pour s’alimenter de plancton. Après la métamorphosent, elles migrent en mer où elles sont parasites hématophages et prédatrices de poissons, pendant environ 2 ans. A maturité sexuelle, elles reviennent en rivière pour se reproduire intensément (construction de nids nombreux partenaires, nombreux accouplements) pendant quelques semaines, et meurent juste après. Leur cycle de vie diadrome associé à mode alimentaire successivement filtreur puis prédateur les exposent potentiellement à une grande diversité de contaminant. Les questions posées au cours du stage seront :
– Quels sont les contaminants et leur origine (eau douce/océan) retrouvés chez les lamproies ?
– Comment est structurée la variabilité interindividuelle de la contamination ?
– Quel est le lien entre la contamination individuelle, l’état énergétique et l’investissement comportemental dans la reproduction (durée de la période de reproduction, nombre d’accouplements…) ?

Travail confié à l’étudiant-e
La personne recrutée sera chargée :
1. de doser les contaminants prioritaires (HAP, PCB, pesticides, mercure) et émergents (pharmaceutiques, composés musqués, écrans solaires,…) par des techniques couplées de chromatographie (GC et HPLC) et de spectrométrie de masse dans 40 lamproies fluviatiles échantillonnées en 2019
2. d’analyser les vidéos collectées lors d’une expérience de reproduction impliquant les lamproies échantillonnées (lamproies marquées individuellement, et filmées en continu pendant toute la saison de reproduction dans un aquarium de 10m3),
3. de traiter statistiquement les données collectées afin de répondre aux questions posées,
4. de synthétiser tous les résultats.

Conditions de travail et qualités requises
La personne recrutée devra être minutieuse, rigoureuse et appliquée pour les différentes analyses (une expérience en chimie analytique sera considérée comme un atout), maîtriser les concepts d’écologie évolutive pour synthétiser les résultats obtenus, et savoir travailler en équipe (autres étudiants, encadrants, personnel technique). Le niveau d’Anglais doit être suffisant pour contribuer à la rédaction d’un article scientifique.
Le stage sera localisé sur le campus UPPA d’Anglet et l’aquapôle INRA de Saint Pée sur Nivelle, accueillant plusieurs stagiaires. Restauration collective sur place. Pas d’hébergement dédié aux stagiaires. Indemnité de stage légale : 577.50€/mois.

Le contenu de cette offre est la responsabilité de ses auteurs. Pour toute question relative à cette offre en particulier (date, lieu, mode de candidature, etc.), merci de les contacter directement. Un email de contact est disponible: [email protected]

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