Objectifs du stage
Les paysages urbains sont des mosaïques complexes composées de substrats imperméabilisés et de végétation, de bâtiments de différents hauteurs, où vivent des densités humaines variables. Les caractéristiques de l’environnement urbain conditionnent l’accès aux ressources, au nid, à des abris pour les animaux et déterminent ainsi les assemblages d’espèces (Belaire et al. 2014, MacGregor-Fors et Schondube 2011). Les espaces verts, privés ou publics, sont des habitats riches en ressources mais qui permettent de connecter des habitats favorables fragmentés par les zones densément peuplées (Mimet et al. 2020).
L’objectif de ce stage est de comprendre comment les attributs du paysage urbain explique la distribution des individus dans l’espace. Cette information est cruciale pour des raisons scientifiques (elle permet d’élucider quels peuvent être les facteurs physiologiques limitants la distribution des organismes), de conservation (contrôler la propagation d’espèces invasives ou conserver des populations menacées), ou enfin méthodologiques (identifier des zones d’étude adaptées pour des méthodes plus poussées comme un suivi du comportement à l’aide de capteurs GPS). Plus précisément, le rôle des espaces verts dans la distribution des individus sera élucidé chez le pieon biset (Columbia livia).
En effet : (1) C’est une espèce commune du milieu urbain dans de nombreuses régions du globe permettant de répliquer des études et en comparer les résultats entre villes indépendantes. (2) Granivore, c’est également un oiseau opportuniste qui bénéficie de la proximité de l’être humain pour se nourrir. On peut estimer la disponibilité de nourriture comme n’étant jamais fortement contraignante au cours de l’année. Nous savons également que le pigeon biset ne se déplace pas sur de grands distances au cours de la journée et ses patrons d’activités sont assez connus (Rose et al. 2016). (4) Le pigeon biset présente une grande diversité interindividuelle de morphes qui induisent des sensibilités différentes au parasitisme (Jacquin et al. 2011), ou aux fortes températures (Angelier 2020) ou peuvent être liés à la présence de polluants (Chatelain et al. 2017). La distribution relative de ces morphes peut donc varier en fonction de l’habitat. (5) Enfin, ces populations n’étant pas en danger, son étude ne risque pas de perturber des populations déjà fragilisées par les activités humaines.
Toutefois, les facteurs expliquant sa distribution en ville sont peu clairs : les espaces verts peuvent lui être particulièrement favorables en raison de la forte concentration de ressources et d’abris thermiques. Toutefois, les bâtiments, particulièrement les plus anciens, sont des habitats propices à l’établissement de leurs nids (Sacchi et al. 2002) et une réduction de la présence de l’humain, sur lequel il repose particulièrement pour se nourrir, semble lui être défavorable. On pourrait alors s’attendre à ce que la densité de pigeons bisets soit moins forte dans des zones avec une plus grande densité d’espaces verts et/ou moins peuplées (Przybylska et al. 2012).

Contribution de l’étudiant.e
Lors de ce stage l’étudiant.e calculera la densité relative de la population de pigeons bisets dans Paris intra-muros à partir de comptage réalisés sur des transects ou des zones d’observations (Sacchi et al. 2002, Giumchi et al. 2007). L’étudiant.e expliquera la répartition du pigeon en milieu urbain en fonction de diverses caractéristiques environnementales : présence de végétation, de sources d’eau, de données thermiques, voire d’autres données telles que la présence de prédateurs (faucon pèlerin) ou de compétiteurs (corneille, pigeon ramier). Les différences entre morphes, ainsi que certains traits morphologiques, seront relevées et analysées. La réalisation du stage nécessite l’utilisation d’outils de systèmes d’informations géographiques (QGIS, R) et la réalisation de gestion de données et d’analyses statistiques sous R.

Conditions du stage
Le stage se déroulera à l’Institut d’Écologie et des Sciences de l’Environnement de Paris (Campus Pierre et Marie Curie, métro Jussieu) pour une période de maximum 44 jours entre Mars et Juin. Ce stage ne nécessite pas une disponibilité continue et peut être entrecoupé de semaines de cours, ou peut n’être réaliser que certains jours par semaine, en fonction des besoins de l’étudiant.e. Merci de transmettre votre candidature à [email protected] en joignant CV et lettre de motivation et en précisant si un rapport et/ou une soutenance sont à prévoir.
Cette offre vise plus particulièrement les étudiant.e.s de niveau licence. Date/heure limite  : Vendredi 21 Janvier 23h59

Références bibliographiques dans le domaine
F. Angelier, « Pigeons in the sun: Thermal constraints of eumelanic plumage in the rock pigeon (Columba livia) », J. Therm. Biol., vol. 90, p. 102601, 2020.
J. A. Belaire, C. J. Whelan, et E. S. Minor, « Having our yards and sharing them too: the collective effects of yards on native bird species in an urban landscape », Ecol. Applications, vol. 24, no 8, p. 2132‑2143, 2014.
M. Chatelain, A. Pessato, A. Frantz, J. Gasparini, et S. Leclaire, « Do trace metals influence visual signals? Effects of trace metals on iridescent and melanic feather colouration in the feral pigeon », Oikos, vol. 126, no 11, p. 1542‑1553, 2017.
D. Giunchi, V. Gaggini, et N. E. Baldaccini, « Distance sampling as an effective method for monitoring feral pigeon (Columba livia f. domestica) urban populations », Urban Ecosyst., vol. 10, no 4, p. 397‑412, 2007.
L. Jacquin, P. Lenouvel, C. Haussy, S. Ducatez, et J. Gasparini, « Melanin-based coloration is related to parasite intensity and cellular immune response in an urban free living bird: the feral pigeon Columba livia », J. Avian Biol., vol. 42, no 1, p. 11‑15, 2011.
A. Mimet, C. Kerbiriou, L. Simon, J.-F. Julien, et R. Raymond, « Contribution of private gardens to habitat availability, connectivity and conservation of the common pipistrelle in Paris », Landscape and Urban Planning, vol. 193, p. 103671, 2020.
K. Przybylska et al., « Local and Landscape-Level Factors Affecting the Density and Distribution of the Feral Pigeon Columba livia var. domestica in an Urban Environment », Acta Ornithologica, vol. 47, no 1, p. 37‑45, 2012.
E. Rose, P. Nagel, et D. Haag-Wackernagel, « Spatio-temporal use of the urban habitat by feral pigeons (Columba livia) », Behav. Ecol. Sociobiol., vol. 60, no 2, p. 242‑254, 2006.
R. Sacchi, A. Gentilli, E. Razzetti, et F. Barbieri, « Effects of building features on density and flock distribution of feral pigeons Columba livia var. domestica in an urban environment », Can. J. Zool., vol. 80, no 1, p. 48‑54, 2002.

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