Laboratoire d’accueil : CNRS-IPHC-DEPE, 23 rue Becquerel, F-67087 Strasbourg cedex 2

Responsable du stage :

Nom : CHEVALLIER Damien
Tél : 03/88/10/69/11 – 06/12/97/10/54
Email : [email protected]

Lieu de stage : Martinique

Profil: BTS GPN, Licence ou Master

Durée : 5 mois

Description du stage

Contexte et problématique
Les relations interspécifiques sont un indicateur naturel de l’état de santé des écosystèmes et de leur évolution. Les interactions existantes entre les espèces marines et leurs ressources trophiques permettent par conséquent de mieux comprendre la dynamique de la biodiversité marine. Depuis quelques années, les Antilles françaises voient leurs herbiers indigènes progressivement envahis par la plante phanérogame Halophila stipulacea (Vedie 2013). La colonisation des herbiers insulaires par cette espèce invasive entraîne des changements dans leur diversité spécifique et leur dynamique, mais aussi dans la survie des espèces qui s’y nourrissent. H. stipulacea a en effet une croissance rapide, associée à une grande production de graines, ce qui favorise son développement et son expansion. Néanmoins, sa progression dépendra non seulement de sa capacité à entrer en compétition avec les espèces indigènes, mais également de la pression d’herbivorie exercée par les espèces qui la consomment, telles que la tortue verte Chelonia mydas.
Dans ce contexte, deux hypothèses peuvent être émises :
– Les tortues vertes exercent une pression d’herbivorie importante sur H. stipulacea et limitent ainsi son expansion, voire entraîneront sa disparition.
– Les tortues vertes favorisent au contraire le développement d’H. stipulacea en exerçant une pression d’herbivorie sur les espèces indigènes.
Afin de prédire les conséquences du développement rapide de cette phanérogame invasive sur les habitats et les espèces indigènes, nous avons étudié l’écologie trophique et fonctionnelle de la tortue verte (Chelonia mydas). Cette approche intégrée s’intéresse particulièrement à la distribution, aux déplacements et aux comportements de plongée de cette espèce afin d’étudier son rôle dans la dynamique des écosystèmes marins. Les données déjà obtenues, via des systèmes d’acquisition embarqués (suivi satellitaire 2013-2015-2016 de 20 tortues vertes), l’observation directe (80 individus observés en alimentation), des relevés phytoécologiques (cartographie de la biocénose sur les deux anses) et des analyses isotopiques (200 échantillons dont 80 de tortues vertes et 120 de phanérogames et algues) seront complétées par les résultats obtenus à l’issue de ce stage.
Ce projet Européen s’inscrit dans le cadre du Plan d’Action pour les Tortues Marines des Antilles françaises, et a été mis en œuvre par le CNRS-IPHC en partenariat avec la Direction de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement (DEAL) Martinique, le Parc Naturel Régional de Martinique (PNRM), l’ONCFS et les membres du réseau tortues marines de Martinique, avec le soutien financier de la DEAL Martinique, du FEDER, de l’Office De l’Eau (ODE) Martinique, de l’Institut Ecologie et Environnement du CNRS et de la Mission pour l’Interdisciplinarité du CNRS.

Méthodes et outils utilisés

Observation des tortues en alimentation
Les observateurs (binôme), munis d’une caméra go-pro et d’une plaquette immergeable, enregistreront et noteront toutes les informations concernant chaque tortue observée, à savoir la date, l’heure, la position GPS de la tortue, l’activité (alimentation, repos, déplacement, fuite, respiration, etc.), le type d’aliment prélevé (espèce prélevée, etc.), le substrat de l’habitat (sable, herbiers, rochers, etc.), ainsi que toutes les observations complémentaires sur l’individu (numéro de la tortue inscrit sur la carapace lors de la mission de capture, estimation de la taille de l’individu, présence de fibropapillomavirus, blessures, balise Argos, caméra, etc.). De plus, le plongeur sera muni d’un GPS programmé en mode trace (placé sur une planche en surface et relié au plongeur), permettant ainsi d’obtenir le « parcours » des tortues suivies.

Signature isotopique
Des échantillons d’herbiers et de macroalgues seront collectés sur chaque placettes déjà identifiées sur les sites d’étude, pour associer les signatures isotopiques de ces sources potentielles d’alimentation avec celles des tortues vertes. Les analyses isotopiques seront réalisées au laboratoire de l’UMR Littoral Environnement et Sociétés (LIENSs)-CNRS-Université de la Rochelle dans le cadre d’une collaboration avec l’IPHC.

Les résultats obtenus pourront être mis en relation avec ceux issus 1) du suivi satellitaire des tortues équipées de Balises Argos-GPS en 2013 et 2015, 2) des relevés de biocénose (sélection de l’habitat) et 3) de l’analyse isotopique (sélection alimentaire).

Analyses
Les analyses seront réalisées sous le logiciel R et se déclineront en 3 parties :
-Etude de la distribution des juvéniles sur les deux anses : fidélité au site, zones d’alimentation, etc.
-Etude de la sélection alimentaire : types d’aliments consommés, % consommé par espèce, etc.
-Etude du budget temps et comportement de plongée : profondeur et durée de plongée, temps alloué à chaque activité.

Le contenu de cette offre est la responsabilité de ses auteurs. Pour toute question relative à cette offre en particulier (date, lieu, mode de candidature, etc.), merci de les contacter directement.

Pout toute autre question, vous pouvez contacter [email protected].