Contexte :

L’Office français de la biodiversité (OFB) est né le 1er janvier 2020. Ce nouvel établissement public, placé sous la tutelle des ministres chargés de l’environnement et de l’agriculture, a été créé pour protéger et restaurer la biodiversité. Il intègre les missions, les périmètres d’intervention et les 2 800 agents de l’Agence française pour la biodiversité (AFB) et de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS).
Il contribue, s’agissant des milieux terrestres, aquatiques et marins, à la surveillance, la préservation, la gestion et la restauration de la biodiversité ainsi qu’à la gestion équilibrée et durable de l’eau en coordination avec la politique nationale de lutte contre le réchauffement climatique (loi n°2019-773 du 24 juillet).
Pour remplir ses missions, l’Office s’appuie sur des équipes pluridisciplinaires (inspecteurs de l’environnement, ingénieurs, vétérinaires, techniciens, personnels administratifs, etc.) réparties sur tout le territoire national. Il est organisé de façon matricielle pour prendre en compte tous les milieux, en transversalité, selon une articulation à trois niveaux :
– une échelle nationale où se définissent et se pilotent la politique et la stratégie de l’OFB (directions et délégations nationales) ;
– une échelle régionale où s’exercent la coordination et la déclinaison territoriale (directions régionales) ;
– des échelons départementaux et locaux, de mise en œuvre opérationnelle et spécifique (services départementaux, antennes de façade, parcs naturels marins, etc.).

La Direction de la Recherche et Appui Scientifique (DRAS) est l’une des 2 directions « connaissance » de l’OFB, en charge de la recherche et de l’expertise sur les espèces, sur les milieux, leurs fonctionnalités et leurs usages, ainsi que sur les risques sanitaires en lien avec la faune sauvage. Elle est composée de 5 services :
Service conservation et gestion durable des espèces exploitées
Service conservation et gestion des espèces à enjeux particuliers
Service biodiversité et agriculture, Santé animale
Service fonctionnement, préservation et restauration des écosystèmes aquatiques continentaux et marins
Service activités humaines, fonctionnement et préservation des écosystèmes terrestres
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Le service « conservation et gestion durable des espèces exploitées » est en charge des travaux sur la faune et la flore exploitées. Il assure les suivis des populations et les études démographiques permettant leur conservation et exploitation durable.

Description du stage :

Mission :

En Europe occidentale, la majorité des populations d’oies sauvages ont augmenté de façon exponentielle au cours des dernières décennies (Fox et al. 2010, Fox et Madsen 2017). On considère que ces tendances résultent en grande partie d’une combinaison de pression réduite des récoltes et de l’expansion des paysages agricoles modernes, offrant une nourriture de meilleure qualité que les habitats naturels d’alimentation, en particulier pendant la saison de non-reproduction (Ebbinge 1991, Fox et Abraham 2017). Cette augmentation significative des populations d’oies a provoqué une augmentation des conits socio-écologiques, impliquant des dommages agricoles (Folestad 1994, Eythórsson et al. 2017, Fox et Abraham 2017, Kofjberg et al. 2017), la sécurité des vols (Bradbeer et al. 2017), la santé humaine et animale (Elmberg et al. 2017) et la conservation des écosystèmes naturels (Dessborn et al. 2016). La nécessité d’actions de gestion coordonnées pour gérer les conits liés aux oies à l’échelle européenne a conduit à la création de la Plateforme européenne de gestion des oies (EGMP) en 2016, sous les auspices de l’Accord sur la conservation des oiseaux d’eau migrateurs d’Afrique-Eurasie (AEWA). L’objectif de l’EGMP est de fournir un cadre pour un processus décisionnel structuré, coordonné et inclusif pour la mise en œuvre d’une gestion durable des populations d’oies en Europe. L’objectif de la gestion conjointe est de maintenir ces populations dans un état de conservation favorable, tout en prenant en compte les préoccupations des parties prenantes (par exemple les autorités statutaires, les agriculteurs, les associations de chasse, les écologistes) dans les cadres législatifs et réglementaires pertinents (Stroud et al. 2017, ).

La population d’oies cendrées d’Europe NW/SW présente une structure complexe. Elle est composée d’individus sédentaires et migrateurs avec une phénologie différente, et présente des intérêts anthropiques et des réglementations de chasse différents entre les États de l’aire de répartition. À ce titre, la délimitation des unités de gestion (UG) a été jugée nécessaire pour englober la dynamique temporelle et spatiale au sein de l’itinéraire aérien. La détermination de différentes stratégies migratoires à l’échelle de la voie de migration (Bacon et al. 2019) a permis de définir deux unités de gestions (Figure 1), une première qui intègre les populations migratrices du Nord de l’Europe (Suède et Norvège) et une seconde qui intègre les populations sédentaires (en grande majorité aux Pays Bas).

Le stage consistera à étudier la connectivité des populations d’oies cendrées de deux unités de gestions à l’échelle de la voie de migration Nord-Ouest Européenne.
Pour cela, l’étudiant(e) se basera sur un jeu de données de capture et recapture visuelles d’oies cendrées, issues de programmes de baguages nationaux (Pays-Bas, Norvège, Suède et Danemark) démarrés dans les années 1980.
Les objectifs seront :

– Estimer les paramètres démographiques (survie) des deux unités de gestions
– Estimer les taux de transition entre unités de gestions et les temps de résidence
– Evaluer la manière selon laquelle ces paramètres ont évolué sur le long terme

Les résultats issus de ce stage seront par la suite exploités pour développer des modèles de dynamique de populations qui serviront à cibler les actions de gestion les plus adéquates pour stabiliser la population et réduire efficacement les risques et les conflits.

Références

Bacon, L., Madsen, J., Jensen, G.H., Vries, L. de, Follestad, A., Koffijberg, K., Kruckenberg, H., Loonen, M., Månsson, J., Nilsson, L., Voslamber, B., Guillemain, M., 2019. Spatio–temporal distribution of greylag goose Anser anser resightings on the north-west/south-west European flyway: guidance for the delineation of transboundary management units. Wildlife biology 2019. https://doi.org/10.2981/wlb.00533

Bradbeer, D. R. et al. 2017. Crowded skies: conflicts between expanding goose populations and aviation safety. – Ambio 46:290–300.
Dessborn, L. et al. 2016. Geese as vectors of nitrogen and phosphorus to freshwater systems. – Inland Waters 6: 111–122.
Elmberg, J. et al. 2017. Potential disease transmission from wild geese and swans to livestock, poultry and humans: a review of the scientifc literature from a One Health perspective. – Infect. Ecol. Epidemiol. 7: 1300450
Eythórsson, E. et al. 2017. Goose management schemes to resolve conflicts with agriculture: theory, practice and effects. – Ambio 46: 231–240
Follestad, A. 1994. Background for a management plan for geese in Norway. – NINA Utredning 65: 1–78, Norwegian with English summary.
Ebbinge, B. S. 1991. Te impact of hunting on mortality rates and spatial distribution of geese, wintering in the Western Palearctic. – Ardea 79: 197–209
Fox, A. D. and Abraham, K. F. 2017. Why geese beneft from the transition from natural vegetation to agriculture. – Ambio 46: 188–197
Fox, A. D. and Madsen, J. 2017. Treatened species to super-abundance: the unexpected international implications of successful goose conservation. – Ambio 46: 179–187.
Fox, A. D. et al. 2010. Current estimates of goose population sizes in western Europe, a gap analysis and assessment of trends. – Ornis Svecica 20: 115–127.
Kofjberg, K. et al. 2017. Responses of wintering geese to the designation of goose foraging areas in the Netherlands. – Ambio 46: S241–S250.
Stroud, D. A. et al. 2017. Key actions towards the sustainable management of European geese. – Ambio 46: S328–S338.

Activités principales :

A l’aide d’une base de données à long terme prête à être analysée :

Réaliser des analyses statistiques au moyen de modèles de capture-recapture afin d’estimer les paramètres démographiques et de transition entre unités de gestion

Evaluer en particulier si ces paramètres ont évolué au cours du temps.

Participer à la rédaction d’un article scientifique sur le sujet

RELATIONS LIEES AU POSTE
Relations internes :
Chercheurs et autres étudiants (masters, thésards) du service et de la direction impliqués dans la problématique

Relations externes :
Chercheurs (biométriciens) extérieurs compétents dans les domaines l’estimation des paramètres démographiques et de la modélisation des processus démographiques (CEFE CNRS…).

COMPETENCES ET QUALITES REQUISES
Connaissances :
Statistiques : Modèles de capture-marquage-recapture

Savoir-faire opérationnel :
Langage de programmation R
Logiciels de CMR (ESurge et/ou Mark)
Bon niveau en anglais

Savoir-être professionnel :
Sens du relationnel (travail en équipe), autonomie

Diplômes – Formation – Expérience :
Etudiant(e) en Master 2 ou dernière année d’école d’ingénieur (spécialités statistiques, biologie des populations biologie de l’évolution et écologie)

Autres (si pertinent) :
– Anglais courant écrit ou parlé
CONDITIONS D’EXERCICE / SUJETIONS PARTICULIERES
– Poste basé à l’implantation OFB de Juvignac (limitrophe de Montpellier) – OFB, Les Portes du Soleil 147 Route de Lodève, 34990 Juvignac

DEPOSER UNE CANDIDATURE
Les personnes intéressées devront adresser leurs candidatures (CV détaillé et lettre de motivation) par courriel sous la référence DRAS/UAM/Master2021/CMR Oies à [email protected] et [email protected]

La date limite de dépôt des candidatures est fixée au 30/11/2021

Le contenu de cette offre est la responsabilité de ses auteurs. Pour toute question relative à cette offre en particulier (date, lieu, mode de candidature, etc.), merci de les contacter directement. Un email de contact est disponible: [email protected]

Pout toute autre question, vous pouvez contacter [email protected].