Au terme de plusieurs années de recherche et développement, le laboratoire VAcBio a conçu, sous la direction d’A VETILLARD, deux systèmes de développement de Varroa destructor en laboratoire. Le premier permet le maintien in vitro du parasite en mimant artificiellement la cuticule de l’abeille. Ce système de nourrisseur dont les principales caractéristiques sont résumées dans un article scientifique (Tabart et al., 2013) a également fait l’objet d’un brevet publié en 2014 (Vetillard A et al., 2014). Plus récemment, nous avons également réussi le transfert de l’intégralité du cycle de développement de Varroa, sur larves d’abeilles élevées en laboratoire (Piou et al., 2016). Ce dernier dispositif permet le contrôle sur les différents facteurs influençant certains moments clés du cycle parasite (Piou et al., 2017). Ces deux systèmes sont, à ce jour, complémentaires puisque dans notre système entièrement artificiel, le transfert du cycle parasite est encore partiel. Si l’élevage du parasite en conditions contrôlées est important dans la compréhension des interactions entre l’abeille et le Varroa, son couplage à la méthode d’élevage des larves d’abeilles en laboratoire nous permet quant à lui de maîtriser d’ores et déjà l’ensemble du cycle hôte-parasite et de l’étudier dans sa durée. L’avancée majeure de nos deux dispositifs est qu’ils permettent de nourrir, maintenir et élever Varroa hors de la ruche et d’en maîtriser ainsi totalement son environnement. L’urgence à mettre au point un élevage in vitro du Varroa, pour pallier la difficulté à étudier sa biologie en s’affranchissant des très nombreux signaux de la ruche, avait été soulignée par l’association internationale de recherche sur l’abeille dans un article intitulé « Varroa destructor : pistes de recherche en vue d’un contrôle durable » (Dietemann et al., 2012).
Ces outils innovants et complémentaires apportent ainsi une solution pratique pour identifier, classifier et quantifier les facteurs biologiques favorables ou défavorables à la survie et au développement du parasite Varroa.
Dans ce contexte, l’injection du Deformed Wing Virus (DWV) par Varroa dans l’hémolymphe de la larve induit une immunosuppression qui pourrait ralentir ou empêcher le processus de cicatrisation du trou de ponction, facilitant ainsi la prise alimentaire de la fondatrice et de sa progéniture (Chen et al., 2005, Gregory et al., 2005). Nous savons par ailleurs que le mode de transmission du virus par Varroa conduit à la sélection de certains génotypes de DWV (Martin et al., 2012 ; Neumann et al., 2012).

L’objectif général du projet sera notamment de déterminer si les souches de virus les plus virulentes chez l’abeille sont celles préférentiellement recrutées et transmises par Varroa. Dans ce projet nous nous intéresserons en particulier, compte tenu de la durée de 6 mois, aux rôles joués par le virus des ailes déformées uniquement (Deformed Wing Virus, DWV).

Le stage ne comportera que deux objectifs opérationnels pour avancer sur cette piste de recherche :
Plusieurs souches de DWV issues de cas laissant supposer des différences de virulence seront ainsi sélectionnées parmi celles référencées dans la banque virale constituée au Laboratoire de Référence de l’Union Européenne santé de l’abeille (ANSES). Ces isolats viraux seront séquencés afin d’évaluer leur variabilité génétique et purifiés. Leur virulence sera déterminée par établissement d’une DL50 sur des varroas/larves d’abeilles élevés in vitro. Parallèlement, l’effet immunosuppresseur de ces isolats viraux sur les larves d’abeilles sera évalué par la mesure de l’activité antimicrobienne totale et de l’activité des principales enzymes effectrices de l’immunité selon une méthode maîtrisée au laboratoire.

L’innovation principale est l’utilisation de deux dispositifs complémentaires permettant le développement du parasite en conditions de laboratoire afin d’améliorer notre compréhension de sa biologie et de ses interactions avec l’abeille.

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