Etude de l’impact du chat haret sur les populations de roussettes du genre Pteropus en Nouvelle-Calédonie
Le stagiaire sera basé à la station de recherche de l’Institut Agronomique néo-Calédonien (IAC, Equipe Ecologie de la Faune Sauvage) de Port-Laguerre (Païta). Le travail de terrain aura lieu essentiellement sur la grande terre de la Nouvelle-Calédonie.

Profil recherché
– Bac+4 – 5
– Aptitude à travailler sur le terrain ; Autonomie ; Connaissances en écologie
– Maitrise des outils informatiques (R et QGIS) ; Bonne capacités rédactionnelles
– Permis B souhaité

Cadre général du stage
Les chauves-souris sont les seuls mammifères terrestres natifs de Nouvelle-Calédonie (Pacifique Sud, Mélanésie). L’archipel abrite quatre espèces de roussettes dont trois du genre Pteropus, soit 3 des 7 espèces présentes sur le territoire Français selon l’Inventaire National du Patrimoine Naturel, deux sont endémiques à cette région du monde considérée comme un hotspot mondial de biodiversité. En plus d’être un gibier très prisé en Nouvelle-Calédonie, les roussettes représentent aussi des espèces clés de l’écosystème, des animaux centraux de la culture Kanak et sont des espèces emblématiques pour tous les Néo-Calédoniens. En effet, les roussettes peuvent avoir plusieurs places dans les coutumes locales : aliment accompagnant l’igname lors de la plus importante fête Kanak, élément constitutif de la monnaie traditionnelle ou encore animal totem de certains clans. La chasse aux roussettes est actuellement réglementée (période, quotas) à travers les codes de l’environnement en province Nord et Sud alors que celui de la province des Iles Loyauté est actuellement en cours de réflexion et d’écriture. Il demeure néanmoins que les roussettes restent largement chassées et souvent bien en dehors des périodes autorisées par la réglementation.

L’évolution de la chasse Kanak traditionnelle, le développement de la chasse récréative par les autres communautés néo-calédoniennes, ainsi que le braconnage et le commerce clandestin, représentent actuellement un prélèvement annuel estimé à plus de 160 000 individus des deux plus grandes espèces (P. ornatus et P. tonganus). En outre, une prédation par les chats harets (chats domestiques ensauvagés, très présents en Nouvelle-Calédonie) a récemment été décrite sur l’ensemble des habitats forestiers de l’archipel et le nombre d’individus prédatés pourrait être du même ordre de grandeur que celui de la chasse pour la consommation humaine. Si la taille totale de la population de ces deux espèces de roussettes demeure pour l’heure inconnue, et difficilement estimable, les études disponibles suggèrent que celles-ci sont en déclin. En effet, un inventaire des gîtes réalisé dans la Province Nord a révélé la disparition de près de 30% des gîtes historiquement connus (N = 421). Deux études ethno-écologiques à l’échelle de deux provinces (Nord et Iles Loyauté) révèlent que la très grande majorité de la population humaine constate un déclin du nombre de roussettes. À ce jour, les règlementations sur la chasse aux roussettes en Nouvelle-Calédonie reposent sur une base scientifique faible, leur efficacité pour assurer le maintien des populations restant de ce fait incertain. D’autre part, de nombreuses actions de braconnage sont recensées au cours de l’année. Il en résulte que la soutenabilité de la chasse aux roussettes est à ce jour inconnue et reste à évaluer. Les populations de roussettes de NouvelleCalédonie, comme la majorité des espèces de roussettes ailleurs dans le monde sont menacées par plusieurs facteurs que sont la chasse, les espèces invasives, la destruction des habitats et les événements climatiques. La pression de chasse et les prélèvements imputables aux chats harets sont les seuls facteurs sur lesquels les gestionnaires ont un réel moyen d’action. L’évaluation de leurs impacts sur ces populations est donc primordiale pour générer des leviers d’actions dans le but de conserver ces espèces de roussettes qui semblent de plus en plus menacées.

Ce projet se focalise sur les deux espèces les plus chassées et les mieux connues que sont Pteropus ornatus endémique de Nouvelle-Calédonie et classée ‘Vulnérable’ par l’UICN et Pteropus tonganus, autochtone des Iles du Pacifique, classée en ‘Préoccupation Mineure’ par l’IUCN à l’échelle de sa répartition globale mais dont les populations sont jugées en déclin, notamment en Nouvelle-Calédonie. P. tonganus est par ailleurs classée en Annexe 1 du CITES. Ce projet s’intègre dans un travail plus large, une thèse de doctorat, dont l’objectif in fine est de mettre en œuvre de manière opérationnelle et en collaboration avec les gestionnaires, décideurs, responsables cynégétiques et l’ensemble des acteurs impliqués dans la « problématique roussettes », un outil d’aide à la gestion, basé sur des données et analyses scientifiques robustes, afin d’assurer à moyen terme la pérennité des espèces de roussettes en Nouvelle-Calédonie. Protéger des espèces à forts enjeux naturels et culturels demeure une priorité en termes de conservation d’espèces, surtout quand elles font face à des menaces multiples comme c’est le cas ici. Afin de mettre en place une gestion adaptative des roussettes en Nouvelle-Calédonie, il nous faut connaitre leur démographie et ainsi élaborer un modèle de dynamique de population intégré et itératif dans lequel on pourra intégrer les paramètres démographiques et les prélèvements annuels.

Objectifs
L’objectif du projet est de préciser l’impact des chats harets sur les roussettes en étudiant leur prédation. Les différents paramètres recherchés sont l’estimation et la caractérisation du prélèvement annuel et le contexte de prédation (où, quand, comment).

Objectifs spécifiques du stage
Le stage s’attachera à caractériser le prélèvement annuel effectué par les chats harets sur les roussettes en analysant des fèces collectées de manière standardisée sur le terrain (espèces, âges, fréquences d’occurrences) et en estimant les densités de chats harets, dans les principaux habitats de Nouvelle-Calédonie.

Programme proposé et déroulement du stage
Ø Travail bibliographique sur le sujet
Place des roussettes dans le régime alimentaire du chat haret
Ø Récolte de fèces de chats harets sur le terrain
Ø Analyse des fèces en laboratoire en recherchant les restes des roussettes avec utilisation
de collections de référence
Ø Compilation et analyse des données en regard des espèces consommées et de leur classe
d’âge
Densité de chats harets
Ø Déploiement de pièges photographiques pour la capture recapture virtuelle des chats
harets
Ø Analyse des photos et mise en forme des données
Ø Analyse des densités type SECR (Sptatially Explicit Capture Recapture)
Ø Rédaction du rapport de stage

Maître(s) de stage (nom et fonction) et encadrants :
– A l’IAC : Fabrice Brescia (Chercheur et responsable de l’équipe Ecofaune) et Malik Oedin (Doctorant)
-A l’IRD-IMBE : Eric Vidal (Directeur de Recherche IRD, Directeur Délégué de l’IMBE pour l’IRD) et Alexandre Millon (Maitre de conférence à l’Université Aix Marseille)

Contact pour candidater: [email protected] & [email protected]

Plus d’infos sur: http://www.iac.nc/images/sampledata/formations_emplois/550_Offres_de_stage_et_de_these/stage_2018/Proposition%20de%20stage%20roussette%2020182019%20IAC%20ARBOREAL.pdf

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