Depuis les premiers avertissements sur le syndrome de « la forêt vide » mis en avant par Redford, la plupart des études ont montré que la surexploitation des populations animales par les activités humaines constitue l’une des principales causes du déclin de la biodiversité actuellement observée.
La sensibilité des écosystèmes forestiers tropicaux à la chasse est d’autant plus importante que la faune sauvage et en particulier les espèces chassées jouent un rôle majeur dans sa régénération naturelle grâce au transport de graines par les animaux (zoochorie). Ce processus concourt à l’extension des espèces végétales ainsi qu’à la diversification de leurs patrimoines génétiques. La perte de cette fonction écosystémique, quantifié pour l’Amazonie brésilienne, peut amener à une baisse significative du stock de carbone au-dessus du sol pour le bassin entier. Ainsi les activités de chasse ou celles la facilitant comme l’aménagement de pistes forestier peuvent à long terme avoir des effets majeurs tant en termes de perte de biodiversité, autant animale que végétale, que sur les trajectoires de stockage de carbone.
Malgré leur bon état de conservation et l’application de méthodes d’exploitation forestière à faible impact, les forêts de Guyane française n’échappent pas au risque de défaunation locale et ses impacts. En effet, l’explosion démographique sur le territoire se conjugue avec une pratique de la chasse encore fortement ancrée culturellement. De plus, les populations de chasseurs bénéficient d’une augmentation rapide de l’accessibilité lié à l’aménagement des massifs forestiers.
Pour répondre à ces enjeux de gestion cynégétique, l’Office français de la Biodiversité (OFB) poursuit depuis 10 ans deux volets d’acquisition de connaissance : le premier est le suivi régulier des pratiques de chasses à l’aide d’enquêtes sur l’ensemble du territoire (enquêtes chasse) ; le second est un réseau de mesures ponctuelles de densité des populations de grande faune chassée, les indices kilométriques d’abondance.
À cette base de données s’ajoute la réalisation d’un projet de recherche, ForHunt Logging. Ce projet vise à développer des outils de modélisations incluant la rationalité des pratiques de chasse à l’échelle du littoral de la Guyane française.

MISSION :

Dans le cadre de ce stage, l’évaluation de l’impact de la chasse sera réalisée à l’aide d’un modèle bioéconomique. Cela consistera en un modèle en deux volets : un volet principal sur les patrons de dispersion des chasseurs à l’échelle du littoral guyanais ; et un volet secondaire sur la construction d’un modèle bioéconomique des populations de faune chassée.

Pour le volet sur les patrons de dispersion des chasseurs, l’approche sélectionnée correspond à celle développée par Deith et Drodie (2020). Elle consiste à utiliser une analogie entre la probabilité spatialisée de dispersion d’arrivée d’un chasseur depuis un lieu de départ donné et la tension électrique dans un réseau électrique calibré selon un proxy de l’accessibilité du territoire. En utilisant la base de données, des enquêtes chasse associées à une série d’entretiens avec plusieurs groupes de chasseurs volontaires, l’objectif sera de calibrer un modèle prédictif de la densité latente de l’intensité de chasse sur le littoral guyanais (1ere phase de transport). Ce volet répondra à la question : quels sont les patrons de dispersions des chasseurs entre leur domicile et leurs zones de chasse selon l’accessibilité du territoire ?

Pour le volet sur le modèle bioéconomique des populations chassable, deux approches complémentaires vont être utilisées pour étudier l’impact à courte distance depuis le point d’arrivée dans la zone de chasse (2de phase de chasse effective). Les traces GPS obtenues par des chasseurs volontaires seront analysées selon la méthode ce Nunes et al. (2020). Les données anonymisées et résumées permettront de calibrer un modèle bioéconomique liant dynamique des populations et approches microéconomiques de l’optimisation de la distance de dispersion généralisant l’approche Sirén et Parvinen (2019). L’enjeu de ce modèle est de répondre à la question : jusqu’à quelle distance de leur point de départ un chasseur devrait-il rationnellement aller pour maximiser son profit personnel de chasse ?

Les livrables attendus pour ce stage sont :
– la production de cartes d’intensité latente d’effort de chasseur sur le littoral guyanais et
– l’analyse préliminaire des traces GPS et du modèle bioéconomique dans le cas à N espèces chassables.

CONDITIONS D’EXERCICE :

– Indemnité de stage selon la réglementation en vigueur.
– Stage basé à l’unité technique et connaissance de l’OFB au sein de l’UMR EcoFoG à Kourou.
– Possibilité de logement sur le campus agronomique à Kourou (loyer à la charge de l’étudiant).

Les personnes intéressées devront adresser leurs candidatures (CV détaillé et lettre de motivation) par courriel sous la référence STAGE-OFB-MODEL-CHASSE à [email protected] et [email protected]

La date limite de dépôt des candidatures est fixée au 20 décembre 2021

Le contenu de cette offre est la responsabilité de ses auteurs. Pour toute question relative à cette offre en particulier (date, lieu, mode de candidature, etc.), merci de les contacter directement. Un email de contact est disponible: [email protected]

Pout toute autre question, vous pouvez contacter [email protected].