Contexte: Figurant sur la liste des 100 espèces les plus envahissantes au monde (IUCN/ISSG), le Bulbul à ventre rouge (ou Bulbul cafre), Pycnonotus cafer, est un passereau de la famille des Pycnonotidae. Originaire d’Asie du Sud-Est (Inde, Pakistan, Sri Lanka et Vietnam), il a été commercialisé en tant qu’oiseau d’ornement et exporté, notamment vers plusieurs îles du Pacifique (Fiji, Samoa, Tonga, Polynésie Française, Nouvelle-Zélande…etc). Ces exportations ont rapidement conduit à des introductions volontaires ou accidentelles dans le milieu naturel. Oiseaux très ubiquistes, le bulbul à ventre rouge a démontré sa capacité à coloniser des habitats variés (tempérés, tropicaux et sub-tropicaux). Il est considéré comme une peste agricole, comme un vecteur d’espèces végétales envahissantes (Miconia et Lantana en Polynésie Française – Meyer 1996), et un perturbateur de la faune native.
En Nouvelle-Calédonie, c’est à partir de 1983 que des oiseaux ont pu être observés dans le quartier du Faubourg Blanchot à Nouméa (Gill et al. 1995). Des impacts non négligeables sur les productions fruitières (letchis) ont déjà été enregistrés sur la Grande Terre (Metzdorf & Brescia 2008) ; des dommages sur les productions à fruits rouges en général (tomates, fraises) sont notamment rapportés par les services techniques de la province Sud (Caplong 2010) ainsi que des impacts sur bourgeons et fleurs (Brescia obs. pers.). Un appauvrissement de l’avifaune native répertoriée a également été mentionné par des particuliers qui déplorent ne plus observer de monarques, lunettes… depuis l’arrivée de cette espèce agressive dans leurs jardins. Enfin, l’espèce est connue pour disperser des espèces végétales envahissantes, comme l’arbuste Miconia calvescens présent en Nouvelle-Calédonie et dont la dispersion semble avoir été largement facilitée par le bulbul en Polynésie Française (Meyer 1996). Il est suspecté d’être un des vecteurs de dispersion du faux-poivrier Schninus terebinthifolius (N.Barré, com.pers.). Le bulbul à ventre rouge fait partie des 6 espèces invasives considérées comme prioritaires pour la Nouvelle-Calédonie (CEN 2015)
Compte tenu de l’introduction assez récente et de sa répartition spatiale encore limitée (contrairement au Merle des Molluques Acridotheres tristis désormais bien établi), le bulbul reste probablement une espèce sur laquelle il est encore possible de mettre en place un plan de lutte afin de l’éradiquer ou la contenir localement. C’est dans ce contexte de pleine expansion apparente de l’oiseau en Nouvelle-Calédonie avec des conséquences économiques considérables attendues et des impacts possibles mais non évalués jusqu’à présent sur la faune et flore néo-calédonienne, qu’un plan de gestion est en cours de réflexion. Les principaux objectifs étant d’arrêter l’expansion de l’oiseau sur la Grande-Terre et empêcher son introduction sur les îles indemnes (Ile des Pins et Iles Loyauté).

Objectifs
Le présent stage s’intéresse au régime alimentaire du bulbul en Nouvelle Caledonie. Cette étude permettra de mieux comprendre les impacts de cette espèce sur les productions agricoles/maraichères, la dispersion de plantes envahissantes et la prédation d’espèces natives.

Objectifs spécifiques du stage
De manière plus spécifique, le stage s’attachera à décrire le régime alimentaire via des analyses de contenus stomacaux d’individus capturés dans différents types d’habitats couplées à des observations de consommation in situ. L’utilisation de collections de références de graines, insectes et reptiles disponibles permettra une analyse précise des espèces consommées.

Contenu:
 Travail bibliographique sur le sujet
 Captures d’oiseaux et observations sur le terrain
 Analyse du régime alimentaire au laboratoire (principalement contenus stomacaux) avec utilisation de collections de référence
 Compilation et analyse des données en regard du statut des espèces consommées
 Participation à l’écriture d’un article sur le sujet

Profil recherché:
– Bac+4 / 5 en biologie/ecologie
– Aptitude à travailler sur le terrain
– Autonomie
– Aptitude à travailler en équipe et avec diverses institutions
– Connaissances en écologie, maîtrise des outils informatique
– Bonne capacités rédactionnelles
– Permis B souhaité

Conditions:
Indemnités -> 60 000 XPF (502 euros/mois)
Prise en charge des frais de mission/ déplacement sur le terrain

Contacts:
Martin THIBAULT (Doctorant) / [email protected] / (+687) 43.74.24 ou 50.69.64
Fabrice BRESCIA (Chercheur et responsable axe II et Equipe Ecofaune) / [email protected] / (+687) 43.74. 28

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