Encadrement : Aurélien Besnard (Maitre de conférences, UMR5175 CEFE, Montpellier) / Noémie Fort (chargé de mission CBNA, Gap)

Localisation : UMR5175 CEFE essentiellement, présence ponctuelle à Gap et sur le terrain.

Problématique :
Les politiques publiques de conservation (tant au niveau local que national ou européen) visent à mettre en place des mesures de conservation de la flore et de la faune et à ensuite évaluer leur efficacité. Le but de ce projet est d’apporter une aide à la décision autour de ces politiques. Pour cela, il est nécessaire de disposer de protocoles et des données fiables permettant de caractériser la dynamique des populations d’espèces rares aux échelles régionales, nationales et européennes. Devant ce besoin, le Réseau Alpes-Ain de Conservation de la Flore (RCFAA), qui regroupe des acteurs de la conservation de la flore sur les régions Provence-Alpes-Côte d’Azur et Rhône-Alpes, a mis en place des protocoles de suivi d’espèces emboîtés à différentes échelles spatiales. L’objectif du suivi à un de ces niveaux, appelé « territoire », est de mettre en évidence les régressions ou progressions d’une espèce à l’échelle supra-régionale. Les variables mesurées pour ce suivi sont simples et facilement reproductibles.
Le protocole a été développé par un processus de co-construction au sein du. Il a été testé sur le terrain pendant quatre ans par différents membres du réseau sur des espèces présentant des écologies variées ce qui a permis la récolte d’un premier jeu de données. Ce jeu de données nous donne les moyens d’évaluer la fiabilité du protocole. Une première série d’analyses a été réalisée sur les données de la période 2010-2013 pour trois espèces (la violette élevée, le liparis de Loisel et la serratule à feuilles de lycope). Cette analyse met en évidence que le protocole ne permet de détecter de manière statistiquement significative que des changements relativement importants d’abondance. Ceci est en grande partie induit par la forte hétérogénéité autant de la répartition spatiale des individus au sein des sites, que de la variabilité temporelle des abondances sur les sites. A ces sources de variation inhérentes à la dynamique spatio-temporelle des espèces étudiées, s’ajoute le fait que les zones permettant d’estimer la fréquence d’occurrence ne sont pas les mêmes tous les ans, ce qui conduit à inclure dans les mesures de terrain une partie de l’hétérogénéité spatiale des abondances au sein des sites.
Une modification relativement simple du protocole permettant une amélioration de sa puissance statistique est de fixer les zones échantillonnées. D’autres améliorations sont possibles en ce qui concerne les relevés de terrain mais aussi en ce qui concerne le choix des variables à modéliser pour caractériser la dynamique de ces populations. L’analyse actuelle repose sur la multiplication de la surface occupée par la fréquence sur cette surface. Intrinsèquement, cette variable ne suit pas de Loi statistique connue même si elle se rapproche de données de comptages. Il peut être envisagé d’analyser séparément les deux variables (surface versus fréquence) qui elles suivent a priori des lois connues mais il faut alors développer des méthodes pour pouvoir intégrer les résultats que ces deux indicateurs fournissent pour appréhender la dynamique des espèces étudiées.
Le projet de stage déposé ici vise à réaliser de nouvelles analyses statistiques sur l’ensemble des données pour déterminer si les modifications proposées répondent aux besoins identifiés préalablement. Plus spécifiquement, les objectifs sont d’évaluer la pertinence de l’analyse séparée des deux variables (surfaces occupées et fréquences), de déterminer leur puissance statistique respective à détecter des changements et à développer des outils d’interprétation combinée de ces deux indicateurs. Nous chercherons aussi à évaluer (sur liparis et serratule) la pertinence d’une approche statistique à l’échelle des zones potentielles plutôt qu’à celle des surfaces occupées comme mené actuellement et à tester la puissance statistique des données diachroniques sur la serratule avec le jeu de données récolté en 2015. L’ensemble des études sera aussi mené sur une nouvelle espèce, le chardon bleu, qui présente des caractéristiques intéressantes (pérenne longévive) pour fournir de nouveaux éléments d’évaluation de la pertinence des choix méthodologiques. Enfin, l’impact d’un maillage en post-traitement des surfaces occupées au sein des zones potentielles sera testé pour atténuer l’effet observateur.

Missions :
Analyses statistiques des données du réseau, travail de simulation pour optimiser les protocoles, participation ponctuelle au terrain.

Profil recherché :
Etudiant de Master 2 en modélisation statistique ou en écologie ayant un fort attrait pour les statistiques.
Connaissance sur la flore et la dynamique des populations végétal serait un plus
Aptitude à mener du terrain

Conditions :
Gratification aux conditions légales

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