La crise de la biodiversité que nous vivons se manifeste par une fragmentation et une perte de qualité des habitats écologiques, menant à une diminution drastique de l’abondance de nombreuses espèces. Les milieux urbains, qui hébergent désormais plus des deux tiers de la population européenne (United Nations, 2019), et qui voient leurs surfaces se développer fortement, participent à ce déclin. Pour autant, les villes ne sont pas des déserts biologiques (Aronson et al., 2014; Ives et al., 2016) et des actions émergentes peuvent aider à renverser cette crise. L’urbanisation et les transformations de nos modes de vie nous mettent face à un autre constat, celui de la perte d’interaction humaine avec la nature (Soga and Gaston 2016). Le déclin d’expérience physique et cognitive de la nature induit des troubles de santé psychologique reconnus (Frumkin et al. 2017), mais réduit aussi notre intérêt et notre empathie pour les autres êtres vivants. Il devient donc urgent de trouver des solutions pour faire des villes des lieux accueillants pour la biodiversité et promoteurs de relations vertueuses entre citadins et nature.
Depuis 2015, plusieurs travaux écologiques et socio-écologiques ont été engagés sur le site atelier Agglopolys-Blois (Zone Atelier Loire). Ces travaux permettent une meilleure compréhension des relations entre les fonctionnements écologiques (communautés végétales, biodiversité du sol) et les conditions environnementales urbaines (types de sol, pratiques de gestion, morphologies et usages urbains – Bonthoux et al., 2016) . Ils permettent aussi d’acquérir une connaissance des perceptions et des attitudes des habitants envers la biodiversité et la spontanéité écologique en ville (Brun et al. 2018, Bonthoux et al., 2019). Ces travaux mènent à des préconisations pour faire évoluer la planification, la conception et la gestion urbaine. Cependant, ils restent encore assez éloignés de l’action et d’une approche expérimentale qui permette de tester les retombées écologiques, sociales et techniques de nouvelles démarches d’aménagement et de gestion.

Site et contexte de travail :
Ce stage aura pour site de travail le parc de l’Arrou qui est une vaste étendue végétale située à proximité de zones résidentielles et régulièrement visitées par les blésois. Dans un objectif écologique, la gestion par la ville de ces espaces a été diminuée (fauches et tontes moins fréquentes, espaces de friches) entraînant des modifications dans la physionomie et les fonctionnements écologiques des lieux. Ce stage se fera en collaboration avec un stagiaire développant des compétences en aménagement de l’espace et en outils de communication. Le stagiaire sera localisé à l’Ecole de la Nature et du Paysage (INSA CVL) et durera 5-6 mois. Le stagiaire sera gratifié selon les normes en vigueur (environ 550€/mois).

Missions du stagiaire
-Analyse des caractéristiques physico-chimiques de base du sol des différents habitats
-Analyse de la diversité de plusieurs taxons (flore, carabes, orthoptères, pollinisateurs, oiseaux) associés aux différents habitats écologiques de ce parc.
-Evaluation de la fréquentation du parc par les usagers et de leur attachement à ces lieux et à leurs aspects écologiques.
-Comparaison des perceptions et des connaissances écologiques des habitants avec les observations écologiques
-Développement et tests d’outils pédagogiques à destination des usagers.

Compétences recherchées

-Master 2 en Ecologie avec un intérêt pour les sciences sociales ou en Géographie avec un fort intérêt pour l’écologie
-Curiosité et ouverture d’esprit pour aborder des approches mêlant des concepts en écologie et en psychologie de l’environnement.
-Fort intérêt et bonne aisance relationnelle pour échanger avec les multiples usagers du parc.
-Connaissances naturalistes de base dans au moins l’un des taxons ciblés pour cette étude.
-Forte affinité pour le travail de terrain et de laboratoire.
-Intérêt pour les projets visant à rapprocher nature et sociétés en ville.

Candidature
Pour candidater, merci d’envoyer une lettre de motivation ainsi que des exemples de travaux avant le 15/12 à [email protected] et [email protected]

Références
Aronson, M. F. J., La Sorte, F. A., Nilon, C. H., Katti, M., Goddard, M. A., Lepczyk, C. A., Warren, P. S., Williams, N. S. G., Cilliers, S., Clarkson, B., Dobbs, C., Dolan, R., Hedblom, M., Klotz, S., Kooijmans, J. L., Kuhn, I., MacGregor-Fors, I., McDonnell, M., Mortberg, U., … Winter, M. (2014). A global analysis of the impacts of urbanization on bird and plant diversity reveals key anthropogenic drivers. Proceedings of the Royal Society B: Biological Sciences, 281(1780), 2013330. https://doi.org/10.1098/rspb.2013.3330
Bonthoux S., Chollet S., Balat I., Legay N., Voisin L. 2019. Improving nature experience in cities: What are people’s preferences for vegetated streets? Journal of Environmental Management 230: 335-344.
Bonthoux, S., Voisin, L., Bouché-Pillon, S., Chollet, S., More than weeds: spontaneous vegetation in streets as a neglected element of urban biodiversity (2019). Landscape & Urban Planning, 185, pp. 163-172, 10.1016/j.landurbplan.2019.02.009.
Brun, M., Di Pietro, F., & Bonthoux, S. (2018). Residents’ perceptions and valuations of urban wastelands are influenced by vegetation structure. Urban Forestry & Urban Greening, 29, 393-403.
Frumkin, H., Bratman, GN, Breslow SJ et al. (2017). Nature Contact and Human Health: A Research Agenda. Environmental Health Perspectives 125(7): 075001.
Ives, C. D., Lentini, P. E., Threlfall, C. G., Ikin, K., Shanahan, D. F., Garrard, G. E., Bekessy, S. A., Fuller, R. A., Mumaw, L., Rayner, L., Rowe, R., Valentine, L. E., & Kendal, D. (2016). Cities are hotspots for threatened species. Global Ecology and Biogeography, 25(1), 117‑126. https://doi.org/10.1111/geb.12404
Soga, M., and Gaston, K.J. (2016). Extinction of Experience: The Loss of Human-Nature Interactions. Frontiers in Ecology and the Environment 14(2): 94–101.
United Nations, Departement of Economic and Social Affairs. (2019). World urbanization prospects 2018 : Highlights. New York: United Nations.

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