Contexte
Le recyclage des produits résiduaires organiques (PRO) en amendements pour les sols permet, sur le long-terme (>10 ans), d’améliorer le statut organique, de chauler et de fertiliser les sols. Cependant, ces apports de PRO représentent une source de contamination des sols agricoles par les éléments traces. La biodisponibilité de ces éléments traces peut avoir des conséquences écotoxicologiques sur les organismes du sol qui jouent un rôle important dans la fertilité du sol. Les effets écotoxicologiques liés à la contamination des sols agricoles par les éléments traces dépendent de la disponibilité, qui est elle-même influencée par l’activité des organismes du sol via la modification des propriétés physico-chimiques du sol.

Question de recherche
Quel est l’impact de l’interaction vers de terre – sol sur la disponibilité et la biodisponibilité des éléments traces dans des sols agricoles ayant reçu des apports de PRO depuis plus de 10 ans ?

Pour répondre à cette question, l’étudiant(e) réalisera des expériences en conditions contrôlées pour déterminer après exposition d’organismes du sol à des sols modérément contaminés (i) les effets écotoxicologiques sur ces organismes, (ii) la disponibilité des éléments traces dans les sols étudiés.
Les organismes du sol étudiés pour ce stage seront les vers de terre. Ces ingénieurs des écosystèmes sont des représentants majeurs de la faune du sol dans les sols cultivés (en biomasse vivante). L’espèce choisie est Dichogaster saliens (épi-endogé présente dans les sols agricoles de La Réunion). Le stage se focalisera sur deux éléments traces, le cuivre (Cu) et le zinc (Zn), qui sont quantitativement les deux éléments traces majoritairement apportés avec les PRO. De plus, l’écodynamique et l’écotoxicité de Cu et Zn sont connues pour être très différentes. Les sols étudiés seront des chronoséquences de sol issus d’essais de terrain mis en place par le Cirad à La Réunion depuis plus de 10 ans.
Des échantillons de sol seront sélectionnés sur la base d’une centaine d’échantillons, selon un gradient de disponibilité de Cu et Zn (en termes d’activité des ions Cu2+ et Zn2+ en solution du sol). Le pH, Corganique et les concentrations en métaux totaux des sols seront mesurés avant et après exposition des vers aux échantillons (ces paramètres sont influencés par l’activité des vers de terre et peuvent modifier la disponibilité de Cu et Zn). Suite à l’exposition des vers aux échantillons, l’étudiant(e) sera en charge de faire des mesures potentiométriques avec une électrode spécifique pour les mesures de disponibilité. Les effets écotoxicologiques seront estimés par la mesure de bioaccumulation globale chez le vers de terre.
Le/la stagiaire sera en charge de la mise en place des protocoles expérimentaux et du suivi des expériences, de la collecte des données, de leur mise en forme et de leur analyse. Ce stage s’inscrit dans le cadre d’une thèse en écotoxicologie terrestre démarrée en octobre 2016.

Compétences recherchées
– Connaissances théoriques en écotoxicologie terrestre
– Des connaissances en chimie analytique seraient appréciées
– Manipulation d’invertébrés, travail en équipe.
– Analyses statistiques

Responsables : Céline Laurent (doctorante, [email protected]), Céline Pelosi (chercheuse, [email protected]), Matthieu Bravin (chercheur, [email protected])
Lieu de stage : CIRAD, 40 chemin Grand Canal, CS12014, 97743 Saint-Denis Cedex, La Réunion
Durée : 6 mois
Période : entre février et juillet 2018
Niveau d’étude : Master 2 dans le domaine de l’écotoxicologie/ agroécologie/ chimie environnementale
Prises en charge : rétribution mensuelle selon la législation en vigueur, prise en charge du billet d’avion aller-retour pour La Réunion et possibilité de logement sur place selon disponibilité

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