Cadre général et objectif
Le biome de la Mata Atlântica est considéré comme l’un des 3 « hotspots » de biodiversité les plus vulnérables aux changements climatiques (Bellard et al. 2012), et sa situation est extrêmement mauvaise : moins de 12% du couvert initial du biome subsiste à l’heure actuelle (Ribeiro et al. 2009). Le reboisement et la restauration de la Mata Atlântica sont donc des sujets de recherche en plein essor (Calmon et al. 2011; Melo et al. 2013) mais la caractérisation physiologique des espèces forestières utilisées, notamment leur résistance à la sécheresse, reste lacunaire, ce qui constitue un frein à la définition de prescriptions sylvicoles.
D’autre part, la restauration écologique de ces espaces à forte diversité spécifique manque encore de bases théoriques, notamment en ce qui concerne l’impact de la diversité arborée sur le fonctionnement de l’écosystème (Rodrigues et al. 2009). Il est maintenant établi que la diversité arborée à généralement un effet positif sur nombre de services écosystémiques fournies par les espaces forestiers (Nadrowski et al. 2010). Ces effets varient cependant largement en fonction du site et des associations d’espèces considérées, sans que les mécanismes biologiques sous-jacents aient été clairement mis en lumière (Tilman et al. 2014). La relation entre diversité arborée et fonctionnement de l’écosystème est donc un sujet de recherche important (Verheyen et al. 2016), qui permettra de définir les niveaux de diversités et les associations d’espèces permettant de maximiser les services écosystémiques rendues par les plantations forestières, tant dans le cadre de plantations de production que dans celui de la restauration forestière.
Le Cirad (UMR Eco&Sols), en collaboration avec le laboratoire LASTROP (USP/ESALQ), s’implique sur ces thématiques, en lançant actuellement de nouvelles expérimentations visant à mieux connaitre le fonctionnement de la Mata Atlântica. S’inscrivant dans ce cadre, l’objectif de ce projet de stage est la caractérisation du fonctionnement hydrique et carboné d’espèces natives de la Mata Atlântica. L’étudiant-e caractérisera un certain nombre de traits foliaires et racinaires (e.g., aire foliaire spécifique, longueur racinaire spécifique), ainsi que la physiologie foliaire d’espèces forestières de reboisement (e.g., photosynthèse, conductance stomatique, potentiel hydrique foliaire). La capacité des espèces étudiées à établir des associations mycorhiziennes sera également abordée. Le travail visera à évaluer la résistance à la sécheresse des espèces, ainsi que l’impact de la diversité des espèces sur le fonctionnement des plantations. Le projet de recherche reposera sur deux dispositifs : 1) une expérimentation de gradient de diversité d’espèces arborées mise en place il y a 11 ans (mélanges de 20, 60 et 120 espèces arborées) et 2) une expérimentation en serre menée à l’ESALQ avec des plants provenant de pépinières. Cette deuxième expérimentation permettra d’étudier l’impact d’une sècheresse provoquée sur la physiologie des plants.

Missions
En contact étroit, et avec l’aide de l’équipe présente sur place, l’étudiant-e devra
– Mettre en place une expérimentation en serre, comprenant plusieurs traitements de stress hydriques ;
– Définir le protocole de mesure de cette première expérimentation et mener à bien ces mesures ;
– Mener un travail de mesure de terrain sur l’expérimentation de gradient de diversité d’espèces arborées ;
– Réaliser les premières analyses sur les données collectées, en lien avec les hypothèses et les questions posées lors de la préparation des protocoles expérimentaux.

Compétences requises
• Etudiant en Master ou Ecole d’ingénieur ;
• Fort intérêt pour la recherche scientifique ;
• Goût pour le travail de terrain et la prise de données ;
• Connaissance générale en écologie et écophysiologie végétale ;
• Autonomie ;
• Maitrise de l’anglais, portugais serait un plus ;
• Une expérience de mesures de terrain dans le domaine de la physiologie/écophysiologie végétale serait appréciée.

Organisation et conditions
Le stage se déroulera à Piracicaba, Brésil sous convention Cirad. L’étudiant-e sera intégré-e au laboratoire LASTROP (Universidade de São Paulo /ESALQ) et bénéficiera d’un bureau et d’un appui financier pour les déplacements. Le matériel scientifique nécessaire à ce stage est déjà disponible, ou sera prêté par des collègues.
Le stage aura une durée de 6 mois, début souhaité en Juillet 2018. Le montant de la gratification du stage est de l’ordre de 550 euros mensuels. Le billet d’avion France-Brésil sera payé par l’unité d’accueil. Le cas échant, le ou la stagiaire retenu-e sera fortement incité-e à candidater à des bourses étudiantes pour apporter un financement additionnel, en relation avec l’équipe d’accueil. Les frais sur place (logement, nourriture) seront à la charge du ou de la stagiaire. Piracicaba est une ville universitaire avec beaucoup de possibilités de logements étudiants. Le ou la stagiaire devra s’assurer d’être couvert-e par son assurance pour l’intégralité du séjour.

Déposer une candidature
L’encadrant principal du stage sera Joannès Guillemot, chercheur Cirad (Eco&Sols, écophysiologie), actuellement basé à l’USP/ESALQ, Piracicaba. Le ou la stagiaire travaillera également en forte interaction avec Agnès Robin, chercheur Cirad (Eco&Sols, microbiologie des sols et fonctionnement racinaire), actuellement basée à l’USP/ESALQ et Pedro Henrique Brancalion (Professeur UPS/ESALQ, restauration forestière), co-directeur du laboratoire LASTROP.
Les questions relatives au stage et les candidatures peuvent être adressées à l’adresse suivante : [email protected]

Bibliographie
Bellard C, Bertelsmeier C, Leadley P, Thuiller W, Courchamp F. 2012. Impacts of climate change on the future of biodiversity. Ecology letters 15:365–377. Wiley Online Library.
Calmon M, Brancalion PHS, Paese A, Aronson J, Castro P, da Silva SC, Rodrigues RR. 2011. Emerging Threats and Opportunities for Large‐Scale Ecological Restoration in the Atlantic Forest of Brazil. Restoration Ecology 19:154–158. Wiley Online Library.
Melo FPL, Pinto SRR, Brancalion PHS, Castro PS, Rodrigues RR, Aronson J, Tabarelli M. 2013. Priority setting for scaling-up tropical forest restoration projects: Early lessons from the Atlantic Forest Restoration Pact. Environmental Science & Policy 33:395–404. Elsevier.
Nadrowski K, Wirth C, Scherer-Lorenzen M. 2010. Is forest diversity driving ecosystem function and service? Current Opinion in Environmental Sustainability 2:75–79. Elsevier.
Ribeiro MC, Metzger JP, Martensen AC, Ponzoni FJ, Hirota MM. 2009. The Brazilian Atlantic Forest: How much is left, and how is the remaining forest distributed? Implications for conservation. Biological conservation 142:1141–1153. Elsevier.
Rodrigues RR, Lima RAF, Gandolfi S, Nave AG. 2009. On the restoration of high diversity forests: 30 years of experience in the Brazilian Atlantic Forest. Biological conservation 142:1242–1251. Elsevier.
Tilman D, Isbell F, Cowles JM. 2014. Biodiversity and ecosystem functioning. Annual Review of Ecology, Evolution, and Systematics 45:471–493. Annual Reviews.
Verheyen K et al. 2016. Contributions of a global network of tree diversity experiments to sustainable forest plantations. Ambio 45:29–41. Available from http://dx.doi.org/10.1007/s13280-015-0685-1.

Le contenu de cette offre est la responsabilité de ses auteurs. Pour toute question relative à cette offre en particulier (date, lieu, mode de candidature, etc.), merci de les contacter directement.

Pout toute autre question, vous pouvez contacter [email protected].