Le Milan royal Milvus milvus est une espèce migratrice dont la moitié de la population européenne, estimée entre 20800 et 25500 couples (Aebischer 2009), réside en Allemagne. Cette espèce est inscrite à l’annexe I de la Directive Oiseaux de l’Union européenne, et bénéficie d’un statut de protection spéciale. Au cours des études portant sur l’effet des perturbations humaines sur le paysage, le Milan royal a souvent été cité comme « espèce parapluie » pour les autres espèces d’oiseaux peuplant les milieux ouverts. En Alsace, la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO Alsace) a constaté une dynamique négative de la population alsacienne de Milans royaux en lien avec la dégradation des habitats, notamment l´intensification agricole. A cela s´ajoutent les empoissonnements volontaires ou accidentels, les tirs, les collisions, les électrocutions et récemment les éoliennes. Les problématiques vis à vis des éoliennes et leur impact potentiel sur les populations de Milans royaux sont encore mal connues. En Alsace Bossue, plusieurs couples nicheurs sont potentiellement menacés par des parcs éoliens qui sont en projet ou déjà en cours de construction. Les rapaces représentent 50% des espèces enregistrées sujettes à risque avec les éoliennes (Manuela de Lucas et al., 2009). En Navarre (Espagne), l´une des régions les plus importante pour le développement de l’énergie éolienne en Europe, les études ont montré un taux de risque de collisions très élevé (>10%) pour le Milan royal. Dans ce contexte, une attention toute particulière a été portée au projet de suivi de couples de Milans royaux dont les nids sont situés à proximité du premier parc éolien d’Alsace.
L’objectif principal de ce suivi était d’évaluer les impacts potentiels du futur parc éolien sur le comportement et l’utilisation de l’espace des oiseaux, afin de proposer des mesures d’atténuation du risque tant au niveau de ce parc éolien qu’au niveau régional. La taille et la configuration du domaine vital d’une espèce se définissent d’après la zone dans laquelle les individus vivent et se déplacent (Burt, 1943). Ainsi, les modes d’utilisation des habitats à l’intérieur de cet espace, représentent des paramètres clés pour sa conservation. Les études antérieures portant sur la taille du domaine vital et l’utilisation de l’habitat du Milan royal ont été fondées soit sur des observations directes sur le terrain (Porstendörfer 1994, 1998; Walz 2008), soit sur une combinaison de l’observation terrestre et du suivi télémétrique VHF (Nachtigall et al. 2010; Nachtigall et Herold 2013).

Grâce au suivi satellitaire, il est devenu possible d’enregistrer les déplacements et de déterminer avec une grande précision les domaines vitaux d’un grand nombre d’espèces, notamment d’adultes reproducteurs, et ce, sur de longues périodes et de large territoires, tout en ayant un nombre élevé de relevés de positions. Depuis 2007, la taille des émetteurs s’étant considérablement réduite, il est désormais possible d’équiper avec ce dispositif des oiseaux de tailles moyennes tels que les Milans royaux. Pourtant, à ce jour, malgré ces avancées technologiques, un seul mâle reproducteur de cette espèce a été suivi avec succès (Mammen et al. 2014). Après les premières observations de Milans royaux en Alsace bossue en 2011 par la LPO Alsace, la collaboration de plusieurs partenaires tels que le CNRS, l’IRD, le Parc Naturel Régional des Vosges du Nord, l’association la Grange aux Paysages et la Société Nordex, a permis d’équiper, avec des balises Argos GPS solaires, deux individus reproducteurs (issus de deux couples différents), et d’assurer leur suivi durant 3 ans (2012 à 2015).

L’objectif est :
– Etudier la relation entre la taille du domaine vital et les caractéristiques de l’habitat, au cours de la période de reproduction et d’hivernage,
– Etudier l’influence de l’activité humaine (agriculture, parc éolien, etc.) sur la taille du domaine vital et sur les déplacements journaliers des individus,
– Etudier la relation entre le succès reproducteur et la taille du domaine vital,
– Etudier les comportements des individus au cours des phases migratoires et d’erratisme, en lien avec les variables environnementales.
– Identifier les corridors migratoires et les zones d’hivernage (fidélité aux sites ?)

Nos résultats permettront de fournir aux gestionnaires des informations sur les exigences spatiales des Milans royaux reproducteurs, et d’apporter une aide à la décision pour la conservation des habitats identifiés comme optimaux.

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