Contexte
Le sanglier est une espèce omniprésente en Europe avec des implications fortes pour le monde de la chasse et le monde agricole. Ainsi, le sanglier est présent sur l’ensemble du territoire de France métropolitaine. De plus, les effectifs des tableaux de chasse n’ont cessé d’augmenter ces 30 dernières années, reflétant une forte augmentation de la taille des populations. Cette croissance très marquée des populations de sangliers est accompagnée par une augmentation des dégâts agricoles causés par l’espèce, malgré les nombreuses mesures de protection mises en œuvre pour les limiter (clôture électrique, agrainage dissuasif …). Par ailleurs, de nouveaux problèmes se greffent à cette situation historique, incluant par exemple des problèmes sanitaires (le sanglier étant porteur ou vecteur de maladies parfois transmissibles à l’homme), problèmes sociétaux et/ou de sécurité liés aux sangliers vivant en milieu périurbain, ou au travers des collisions routières ou ferroviaires. L’ensemble des indicateurs des problèmes causés par le sanglier laisse entendre que la gestion actuelle de l’espèce, ne reposant que sur la chasse traditionnelle, est incapable d’empêcher la hausse des populations de sangliers. Ce constat est même à l’origine de la mise en place du Plan National de Maîtrise du Sanglier, visant à enrayer cette augmentation (circulaire du 31 juillet 2009).

Récemment un modèle de gestion des populations de sanglier basé sur une distinction des individus en plusieurs classes de poids, distinguant les deux sexes, a été développé (Gamelon et al. 2012). L’analyse de sensibilité des paramètres du modèle, permet de fournir aux gestionnaires des recommandations sur la manière d’atteindre les objectifs qu’ils se sont fixés. De fait, les scénarios de gestion proposés sont basés sur le contrôle par la chasse du prélèvement des femelles des différentes catégories de poids définies. Cet outil est donc de première importance pour les gestionnaires qui doivent essayer de contrôler le développement des populations. Toutefois, l’aspect pratique et technique du « comment réaliser les prélèvements souhaités sur le terrain ? » reste une question ouverte.

En partenariat avec la Fédération départementale des chasseurs de l’Ardèche, une première approche de modélisation a été conduite visant à établir et caractériser les modalités de chasse et effets sur les effectifs prélevés (Rapport interne ONCFS Calenge et al., 2012). L’idée a été de comprendre quelles étaient les modalités de chasse, (nombre de participants aux traques, nombre de chasseurs postés, nombre de chiens, surfaces chassées, type de milieux etc…) qui permettait d’obtenir les meilleurs résultats en termes d’animaux prélevés. Le présent travail s’inscrit dans la suite logique de ses premiers travaux avec l’ambition de poursuivre plus avant les investigations pour obtenir des outils d’aide à la décision des gestionnaires des lots de chasse.
Compétences requises
Nous recherchons une personne avec le profil suivant :
 Intérêt pour l’analyse statistique des données (analyses bayésiennes, modélisation statistique, etc…)
 Connaissance du logiciel R ; aptitudes pour le travail en groupe et pour maintenir des collaborations à distance ;
 intérêt et connaissances pour la biologie et l’écologie des ongulés et du sanglier en particulier ;
 intérêt pour la recherche appliquée, la gestion de la biodiversité et de leurs interactions avec l’homme ;
 rigueur, capacité de rédaction et de communication des résultats.
Lieu et conditions de travail
 le stage se déroulera au sein de l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage (ONCFS: http://oncfs.gouv.fr), au sein de l’équipe bio-statistique à Saint Benoist (Yvelines, 78) et du CNERA Cervidés—Sanglier à Birieux (Ain, 01) pour une durée de 6 mois; Il s’inscrit aussi dans une collaboration avec le CEFE-CNRS de Montpellier.
 Période du stage : 1er semestre 2016
Le stage sera rémunéré à hauteur de
 554,40 € mensuels
 Les frais de déplacements associés au stage seront pris en charge.
Encadrement-contact
Le stage sera encadré par :
– Clément CALENGE (ONCFS—Equipe Bio-statistique)
– Eric BAUBET (ONCFS—CNERA Cervidés-Sanglier)
– Olivier GIMENEZ (CEFE— CNRS).

Pour contact et renseignements, envoyez un courriel à messieurs :
Eric BAUBET ([email protected]) et Clément CALENGE ([email protected]) avec « M2 modélisation chasse » en objet.

Littérature

Calenge C., Girard F. et Chazot A. 2012. (Rapport interne ONCFS-FDC07). Analyse des carnets de battues sanglier en Ardèche. Modélisation des prélèvements. 98p.

Gamelon M., Gaillard J-M., Servanty S., Gimenez 0., Toïgo C., Baubet E., Klein F.,. and Lebreton J-D. 2012. Making use of harvest information to examine alternative management scenarios: a body weight-structured model for wild boars. Journal of Animal Ecology. 49: 833-841.

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Pout toute autre question, vous pouvez contacter [email protected].