Mots clefs
Ancienneté des haies – Analyse des cernes de croissance – Crataegus monogyna – Biométrie – Ecologie – Statistiques

Contexte et problématique
Le développement de l’agriculture et son corollaire, la fragmentation forestière, isolent les espèces inféodées aux habitats forestiers (Bierzychudek 1982, Whigham 2004, Foley et al. 2005, Green et al. 2005). Ces espèces herbacées forestières restent confinées aux habitats forestiers par le fait qu’elles sont peu compétitives, produisent des graines lourdes, peu nombreuses, qui se dispersent sur de courtes distances (Bailey 2007, van Calster et al. 2008, Lindborg et al 2012, Rodriguez-Loinaz et al 2012).
Dans ces conditions et dans le contexte actuel de changement climatique, ces espèces sont particulièrement exposées à un risque d’extinction locale (Matlack 2005) si elles ne parviennent pas à migrer au sein des territoires et/ou à coloniser de nouveaux habitats.
En tant que linéaires boisés, les haies, sont susceptibles de jouer un rôle de corridor ou d’habitat forestier (Zuria and Gates 2006), ce qui semble être la seule alternative pour la dispersion et le maintien de ces espèces forestières dans les paysages fortement artificialisés par l’agriculture (Ehrlén & Eriksson 2000; Liira & Paal 2013). Plusieurs études ont d’ailleurs démontré que la plupart des espèces forestières s’y retrouvent (Closset-kopp et al. 2016, Corbit et al. 1999, Sitzia 2007, Wehling and Diekmann 2009) et s’y maintiennent parfois mieux que dans les fragments (Endels et al. 2002, 2004, Wehling et Diekmann 2009), mais la fonctionnalité du corridor dépend fortement de la qualité de la haie, elle-même partiellement tributaire de son ancienneté (Hooper 1970, Closset-Kopp et al. 2016), puisque les haies implantées de longue date offrent une ambiance forestière favorable à l’accumulation d’espèces (Moning and Müller 2009, Nascimbe et al 2013, Kelemen et al 2014).
L’ancienneté d’une haie peut être estimée par la superposition et la comparaison de cartes anciennes (cartes de Cassini, d’Etat major…), de plans (d’intendance, seigneuriaux, cadastraux…) ou de photographies aériennes. Cette donnée temporelle est indépendante de l’âge des arbres qui composent la haie. Toutefois, les haies étant le plus souvent des plantations artificielles qui eurent leur apogée entre le début du XIXe siècle et le début du XXe siècle, il est possible de retrouver des espèces ligneuses suffisamment longévives pour être de la première génération. A cet égard, l’aubépine monogyne (Crataegus monogyna) est un bon candidat.

Objectifs du stage
L’objectif du stage est de rechercher une relation entre l’âge de la haie tel que déduit de l’analyse régressive du paysage évoquée ci-dessus et l’âge des plus gros individus d’aubépine présents dans ces haies, grâce à une approche dendrochronologique (comptage des cernes de croissance du tronc). Plus spécifiquement, le stage s’articulera autour de deux questions de recherche :
(i) Quelle est la relation entre le diamètre des troncs et l’âge des individus chez l’aubépine croissant en contexte de haie ?
(ii) Quelle est la relation entre l’âge des individus d’aubépine les plus âgés d’une haie et l’ancienneté de ces haies telle que reconstituées d’après les archives ?

Pour mener à bien ce projet, le stagiaire aura à sa disposition une chronoséquence de haies s’étalant de haies anciennes (présentes au milieu du XVIIIe siècle) à des haies récences (plantées dans les années 2000). Il procédera en 3 étapes :
– Etape de terrain : mesures biométriques (diamètre, hauteur) et prélèvement de carottes de bois (tarière de Pressler manuelle) sur des individus d’aubépine, au sein des haies de la chronoséquence ;
– Etape de laboratoire : analyse des carottes de bois à l’aide d’une plate-forme dédiée (logiciel WinDendro®) ;
– Etape de bureau : analyse statistique des données et rédaction du rapport.

Localisation, encadrement du stage et contacts :
En dehors des jours de terrain (répartis sur différents secteurs de la région Picardie), le stagiaire sera hébergé dans les locaux de l’unité de recherche EDYSAN (Ecosystème et dynamique des systèmes anthropisés, FRE 3498 CNRS) de l’Université de Picardie Jules Verne (UPJV) et du Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS), au 1 Rue des Louvels à Amiens.
Le stage sera encadré par Déborah CLOSSET-KOPP, Maître de conférences – HDR.
Collaborations :
Ce stage s’inscrit dans le cadre d’une collaboration avec le Laboratoire amiénois de mathématique fondamentale et appliquée (LAMFA, UMR CNRS 6140) et du projet PEGASE qui vise à modéliser la migration des espèces forestières le long des haies. Dans ce cadre, le stagiaire sera amené à participer aux réunions communes aux deux structures.
Indemnisations :
Indemnisation en fonction des dispositions légales en vigueur (rémuneration M2) + remboursement des frais de déplacements.
Durée du stage :
6 mois entre Janvier/Février et Juin/Juillet. À préciser avec le candidat. Convention de stage obligatoire.
Profil recherché : Master 2 ou équivalent
– Formation en écologie et connaissance des bases en dendrochronologie
– Bonnes connaissances en statistiques et autonomie sur le logiciel R
– Une connaissance préalable du logiciel Windendro serait appréciée
– Compétences en recherche et analyse bibliographique
– Anglais : lu et écrit
– Autonomie, rigueur et créativité.
– Capacités à des efforts physiques prolongés (cf. carottage des aubépines)
– Permis B et véhicule

Modalités et date limite de candidature :
Les candidatures sont à envoyer, sous forme d’un CV et d’une lettre de motivation, avant le 15 Décembre 2017 à Déborah CLOSSET-KOPP ([email protected])

Le contenu de cette offre est la responsabilité de ses auteurs. Il leur appartient notamment de fournir les éléments pratiques tels que date, lieu, coordonnées de contact, etc. Cela est d'ailleurs précisé sur la page de dépôt des offres. Les modérateurs de SFEcodiff n'ont pas accès à ces informations.

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