La biodiversité cultivée regroupe l’ensemble des espèces cultivées, des variétés au sein de ces espèces et des gènes portés par ces variétés. L’organisation de cette diversité dans l’espace résulte de plusieurs processus, historiques ou plus récents. Si les processus biologiques d’adaptation des espèces à des conditions environ-nementales fixent le cadre général de leur répartition, de nombreux facteurs supplémentaires interviennent à différentes échelles, pour favoriser ou au contraire limiter l’importance relative de certaines espèces par rapport à d’autres. Localement, la diversité cultivée n’est pas distribuée aléatoirement entre les collectifs d’agriculteurs. L’organisation sociale de ces collectifs et leurs modes de transmission ont un impact considé-rable sur la distribution et la dynamique de la biodiversité cultivée (LABEYRIE et al. 2013, 2014, 2016; THOMAS et al. 2015). Au cours des dernières années, l’orientation des politiques agricoles, favorisant certaines filières par des instruments incitatifs, a pu varier selon les pays. La diversité cultivée a pu également être influencée par la fréquence et l’orientation des projets de développement mis en œuvre dans certaines régions. Des différences existent aussi au sein des pays selon l’époque considérée, les plantes cultivées par la génération actuelle étant différentes de celles cultivées par la précédente (dynamique temporelle). Si d’aucuns mettent en question le fait que la diversité cultivée est un facteur favorisant la résilience des agricultures vivrières face aux changements climatiques, force est d’admettre que les facteurs ayant contribué à façonner cette diversi-té ne sont pas seulement écologiques, mais également économiques, sociologiques et culturels.

Contexte Ouest Africain et problématique
Dans le contexte Ouest-Africain, bien que l’on retrouve dans l’ensemble des conditions anormalement sèches pendant les décennies 1970-1980, les années les plus sèches et la reprise des pluies à partir de 1990 ont varié entre sous-régions (LEBEL et ALI, 2009 ; SULTAN et al. 2015). Les changements globaux appellent partout des ajustements locaux. Or, la manière des agriculteurs de s’adapter localement aux changements globaux est largement méconnue. Selon les régions, quelles espèces choisissent-ils de cultiver ? Quelles sources d’approvisionnement en semences accompagnent ce choix ? Par quels facteurs ces choix sont-ils influencés ?

Dans le cadre du projet CoEx (Agropolis Fondation 2017-2021), des enquêtes ont été menées dans 144 vil-lages afin de documenter la présence ou l’absence des plantes cultivées (32 espèces considérées) et celle des sources d’approvisionnement en semences, au Sénégal, Mali, Burkina Faso et Niger. Ces enquêtes visaient à décrire la variabilité des pratiques entre les pays et à l’intérieur de ceux-ci, en s’intéressant à la dynamique tant spatiale que temporelle de la diversité cultivée.

Objectifs du stage

• Produire une synthèse bibliographique des différentes méthodes de modélisation des niches écologiques et de leurs implémentations
• Explorer les jeux de données par la cartographie et les analyses multivariées
• Modéliser les niches écologiques d’associations culturales sur les données du projet COEX, i.e. de co-occurence d’espèces au sein d’un même village. Il s’agira de considérer séparément les espèces, de définir leur niche réalisée (zone où la culture de l’espèce est avérée sous des conditions climatiques données) et leur niche potentielle (zone où l’espèce pourrait potentiellement se trouver en considérant les conditions climatiques comparables). Dans un second temps, ces niches seront analysées conjointement, afin d’identifier dans chaque village les associations culturales réalisées et potentielle.

Public ciblé
• étudiant(e) en Master 2 de statistiques appliquées
• étudiant(e) en deuxième ou troisième années d’école d’ingénieur (agronomie, généraliste, ou statistique)
• étudiant(e) en master 2 d’écologie
L’étudiant(e) devra maîtriser des procédures statistiques classiques, aura un goût pour la programmation sous R ainsi que pour le dialogue interdisciplinaire.

Lieu du stage : Le/la stagiaire sera basé(e) à l’UMR AGAP sur le campus d’Agropolis Montpellier avec des visites régulières l’UMR AGAP MISTEA sur le campus de Montpellier Supagro

Période du stage : dès que possible, pour une durée de 6 mois

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