OFFRE DE STAGE de MASTER II (mars 2018 : 6 mois)
Méthode nationale d’évaluation des fonctions des zones humides – inclusion les zones humides du littoral méditerranéen

Objectifs généraux : contribuer à inclure les aspects relatifs au dimensionnement des mesures compensatoires dans le champ d’application de la méthode nationale d’évaluation des fonctions des zones humides. Acquérir des connaissances sur le niveau de fonctionnalité et sur le potentiel de restauration d’un échantillon de zones humides du site Natura 2000 des étangs palavasiens.

Contexte :
Le Siel (Syndicat Mixte des étangs littoraux) est né de la volonté des collectivités locales de s’impliquer dans la
préservation des espaces naturels. Il a pour vocation la gestion durable des lagunes, site Natura 2000, situé entre Sète et Montpellier. Ces lagunes ont été désignées zones humides d’importance internationale au titre de la convention RAMSAR, en 2008. Au côté du Siel, de nombreux acteurs sont impliqués dans la préservation des zones humides du territoire comme par exemple le Conservatoire du Littoral, le Pôle-relais lagunes méditerranéennes, le conservatoire d’espaces naturels L-R, les collectivités, l’ONCFS etc. Ces structures disposent de connaissances importantes tant sur le plan de la biodiversité patrimonial que sur le plan de l’historique des activités exercées sur ce territoire (par ex. activité agricole en secteur polderisé, pressions urbaines) qui doivent être conciliés avec ces enjeux écologiques.

Dans le cadre de sa mission d’animation territoriale, le Siel lance en 2018 une stratégie pour la restauration des milieux lagunaires et de leurs zones humides périphériques. Afin de mener à bien cette restauration, le Siel et ses partenaires sont en quête d’outils pour mieux connaître les fonctions des zones humides littorales (par ex. ralentissement des ruissellements, dénitrification, connexion des habitats). Cela s’explique notamment par plusieurs nécessités : fournir des arguments au-delà des aspects patrimoniaux pour impulser une politique en faveur de la préservation de ces écosystèmes, respecter un cadre règlementaire qui requiert que les impacts des aménagements en zones humides s’accompagnent de mesures de compensation à fonction équivalente, identifier des sites dégradés ou en voie de dégradation pour cibler les lieux où la restauration doit être mise en œuvre.

Ces dernières années, des outils variés (niveaux de compétences requis, champ d’application) ont été mis au point pour répondre à ces besoins opérationnels. En 2016, une Méthode Nationale d’Evaluation des Fonctions des Zones Humides a été publiée. Elle permet d’évaluer sur les zones humides continentales, si les gains fonctionnels après une action écologique sur un site de compensation, sont bien au moins équivalents aux pertes fonctionnelles occasionnées par un aménagement sur un site impacté. Par ailleurs d’autres méthodes qui nécessitent une expertise plus approfondie pour être mise en œuvre ont également été mises au point ces dernières années (par exemple RhoMeO sur le bassin Rhône Méditerranée).

Dans la prochaine version de la Méthode Nationale d’Evaluation des Fonctions des Zones Humides, il est prévu de fournir des informations aux parties prenantes intervenant dans la mise en œuvre des mesures compensatoires pour qu’ils les dimensionnent pertinemment (par exemple prise en compte du délai pour restaurer un écosystème, du risque d’échec des mesures de restauration). Il est également prévu d’inclure les zones humides littorales qui n’étaient jusque-là pas dans son champ d’application. Cette prochaine version est construite selon un processus itératif (prototypes testés sur le terrain, retours critiques, révisions, tests, etc.) et participatif (sollicitation de scientifiques, de bureaux d’études, de collectivités, d’associations, d’agents techniques de l’AFB ou des services de l’Etat par exemple). La prochaine version paraîtra début 2019.

Missions :
L’AFB et le Siel accueilleront un stagiaire. Il sera basé dans les locaux du Siel. Pour suivre ce projet, un groupe de travail sera constitué avec l’ensemble des partenaires impliqués dans la démarche. Ce groupe établira notamment les secteurs à étudier plus spécifiquement.
Le travail des stagiaires consistera à :
 Analyser le contexte écologique des zones humides et des enjeux spécifiques aux territoires palavasiens :
bibliographie et contacts avec les partenaires clefs selon les sites retenus par le groupe de suivi (par ex. le Pôle-relais lagunes, Sète agglopole Médeterranée, le Conservatoire d’espaces naturels, l’ONCFS, le Conservatoire du Littoral) :
 récolter des données naturalistes sur les sites retenus auprès des organismes partenaires,
 récolter des informations dans les dossiers loi sur l’eau afin d’identifier les scénarios d’aménagement
les plus courants sur les territoires littoraux ;
 Proposer une stratégie d’échantillonnage pertinente pour tester le prototype 2018. Cet échantillon devra être représentatif des zones humides rencontrées sur les secteurs étudiés: phase de bureau préliminaire. Le stagiaire devra veiller à répondre aux questions suivantes :
 Est-il possible de hiérarchiser les zones humides étudiées selon l’intensité des fonctions réalisées avec le prototype de méthode nationale 2018 ? Il s’agira tout particulièrement d’identifier si la méthode permet de révéler des ensembles de zones humides avec des fonctionnements écologiques relativement homogènes, pour alimenter dans le futur l’élaboration d’une stratégie globale de restauration (c’est-à-dire identifier des sites où intervenir en priorité). Des données naturalistes locales seront mobilisées pour étudier la corrélation entre enjeux patrimoniaux et fonctions vraisemblablement réalisés,
 Le prototype de méthode nationale 2018 est-il adapté pour évaluer les fonctions dans le cadre de la compensation écologique des impacts sur les zones humides du littoral méditerranéen ? La réponse à cette question reposera donc principalement sur des cas d’étude fictifs sur les secteurs étudiés, mais quelques tests pourront aussi être réalisés en dehors pour vérifier que la méthode capte aussi d’autres réalités écologiques rencontrées sur le territoire. Il s’agira tout particulièrement de simuler des aménagements pour étudier le résultat de la méthode dans un tel contexte écologique ;
 Tester le prototype 2018 de la méthode sur l’échantillon de sites préalablement identifiés : phase de terrain pour récolter les données ;
 Analyser le résultat fourni avec le prototype 2018 de la méthode. Cette analyse soulignera les points forts du prototype (par ex. permet-il de bien saisir la réalité observée sur le terrain pour dimensionner de manière pertinente les mesures compensatoires), mais également les points faibles. Une conclusion devra être fournie aux questions posées aux stagiaires. Le cas échéant, les étudiants seront force de proposition quant aux améliorations à apporter à la méthode mais aussi sur la stratégie à impulser sur le territoire en faveur des zones humides. L’étudiant pourra aussi éventuellement indiquer comment améliorer les supports et l’interface utilisés pour utiliser la méthode.

L’étudiant devra être capable d’utiliser de manière critique le prototype de méthode proposée, d’analyser avec rigueur l’échantillonnage des sites et les résultats obtenus. Il devra également faire preuve d’esprit d’équipe. Le stagiaire aura l’occasion de se familiariser avec un environnement professionnel où les interactions entre acteurs socio-professionnels, élus, acteurs techniques et scientifiques sont nombreuses, pour participer conjointement à la mise à disposition d’outils et donc de connaissances qui contribuent à la préservation des zones humides.

Durée et contenu des stages : 6 mois – printemps-été 2018 : de mars à août.
Phase 1 : mars – avril : Récolte de données naturalistes et d’informations sur les dossiers loi sur l’eau soumis
sur la façade méditerranéenne.
1) Immersion dans le cadre du stage (mission de l’établissement, environnement professionnel,
bibliographie).
2) Prendre contact avec les gestionnaires pour avoir un échantillon de sites tests où tester le prototype 2018 de méthode. Elaborer un protocole d’échantillonnage adapté au contexte écologique et socio-économique rencontré.

Phase 2 : mai – juillet :
1) Mettre en œuvre des tests du « prototype » de méthode 2018 sur l’ensemble des sites tests sélectionnés.
2) Faire une synthèse et une analyse des résultats des tests de terrain.

Phase 3 : août :
1) Faire une analyse critique sur l’échantillonnage des sites humides et le résultat des évaluations.
2) Proposer des améliorations des méthodes testées.
3) Rédiger un rapport de stage et préparer la soutenance orale.

Livrables attendus : rapport de stage destiné à l’Université, et aux établissements d’accueil. Restitution de l’avancement du travail à mi-parcours en fin de stage au groupe de suivi.

Profil recherché et compétences attendues :
 Etudiant(e) de niveau Master 2 ;
 Bonnes compétences en écologie des zones humides et des milieux aquatiques, en analyses de données ;
 Goût pour le terrain, y compris dans des contextes compliqués ;
 Bonnes compétences rédactionnelles ;
 Maitrise des outils géomatiques (QGIS) ;
 Bon esprit de synthèse ;
 Permis de conduire et véhicule personnel indispensable.

Encadrement : Julien CAUCAT (Siel) et Guillaume GAYET (AFB)

Collaborations internes et externes : collaboration avec les interlocuteurs de l’AFB, et les partenaires du Siel : Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse, Région Occitanie, Département de l’Hérault, Pôle-relais lagunes, Conservatoire du littoral, associations, gestionnaires, DDTM, Maîtres d’ouvrage, CEPRALMAR, MARBEC, etc. Un groupe de suivi sera constitué avec l’ensemble des partenaires impliqués dans la démarche.

Localisation du poste et indemnisation : Le stagiaire sera accueilli dans les locaux du Siel basés à VILLENEUVE LES MAGUELONE sur le site naturel protégé des Salines de Villeneuve. De nombreux déplacements sur le terrain sont à prévoir. Un permis de conduire et un véhicule personnel sont indispensables (remboursement des frais de déplacement).
Gratification de stage conforme à la réglementation en vigueur. Remboursement des frais de déplacement et de missions réalisés dans le cadre du stage.

Modalités de candidature : Les candidatures (CV + lettre de motivation) sont à envoyer au plus tard le 29 janvier 2018 par courriel à [email protected], adressé à l’attention de Madame Picot, Directrice du SIEL.

Le contenu de cette offre est la responsabilité de ses auteurs. Pour toute question relative à cette offre en particulier (date, lieu, mode de candidature, etc.), merci de les contacter directement.

Pout toute autre question, vous pouvez contacter [email protected].