Une allocation de thèse financée par l’ANR PACS (Stratégie de soins parentaux chez les bécasseaux arctiques : conséquences des conditions abiotiques et des interactions proies-prédateur sur leur succès de reproduction) est disponible dans le domaine de l’écologie spatiale du renard polaire.

Contexte du programme :
La prédation par le Renard polaire Vulpes lagopus est la principale cause d’échec de la reproduction des bécasseaux arctiques. Ces oiseaux peuvent employer plusieurs stratégies pour minimiser le risque de prédation de leur nid (modifier l’utilisation de l’habitat de nidification, changer les schémas d’activité diurne, réduire les taux d’alimentation, ajuster les distances de recherche de nourriture, moduler la distance de fuite lorsqu’ils détectent un prédateur potentiel…), mais souvent au détriment de l’efficacité de la reproduction (par exemple sur la durée d’incubation qui influence la température des œufs et le développement des embryons). Par ailleurs, l’intensité de cette prédation est conditionnée par la densité de lemmings (dont les populations suivent des variations cycliques d’abondance), les bécasseaux n’étant que des proies alternatives voire accidentelles pour les renards. Il est donc attendu que ces relations prédateurs-proies et que les réponses des limicoles soient variables d’une année à l’autre. Afin d’étudier ces interactions, un programme de recherche en écologie arctique, mobilisant des dizaines de chercheurs internationaux, a été initié en 2010 au Groenland et depuis 2016 sur d’autres sites à travers l’Arctique. Chaque année, différents types de données sont récoltés en lien avec cette thématique du consortium sur une douzaine de sites autour de l’Arctique.

Description du sujet de thèse :
La thèse fait partie intégrante du programme PACS. L’étudiant.e intégrera ce consortium et participera à ses activités. Selon le paradigme du « paysage de la peur », l’environnement spatial utilisé par une proie est constitué de parcelles d’habitats à haut risque de prédation et d’autres à faible risque de prédation, caractérisées par la létalité et l’ubiquité du prédateur. En réponse, afin de minimiser les probabilités de prédation, les proies sont censées adapter leurs comportements de recherche de nourriture (c’est-à-dire leur utilisation de l’espace et du temps) et leur comportement anti-prédateur (par exemple comportement d’incubation et distance de fuite).
Dans le cas des limicoles soumis à la prédation du renard polaire, il est attendu que les oiseaux perçoivent ces risques de prédation et y répondent en ajustant leur comportement (par exemple choix du site de nidification ou modulation de l’alternance entre période de couvaison et période d’alimentation). Le consortium de scientifiques mis en place en 2016 a déjà permis de capturer 26 renards polaires et de les équiper de collier GPS afin de suivre leurs déplacements de façon très précise. L’analyse de ces déplacements permettra de déterminer les zones d’activités préférentielles du renard et d’établir des cartes d’utilisation de son habitat en interaction avec ses proies. En parallèle, tous les ans, les nids de bécasseaux sont recherchés/localisés sur le terrain et équipés de sonde de température permettant de documenter à la fois leur succès de reproduction, leurs stratégies de reproduction (1 ou 2 couveurs : monoparental / biparental) et leurs comportements d’incubation (nombre, fréquence et durée des sorties d’alimentation). De plus, certains oiseaux ont récemment été équipés de balises GPS pour documenter la taille et la localisation de leurs zones de recherche alimentaire.

Grâce à l’exploitation de cette base de données, le travail principal sera de caractériser les variations spatiales et temporelles de l’activité du renard polaire équipés de collier GPS en fonction de l’environnement physique (topographie, températures/saisonnalité…) et biologique (i.e., productivité des sites, variations d’abondance des lemmings…).
Dans un deuxième temps (en fonction de l’avancement de la première tâche), nous chercherons plus spécifiquement à déterminer comment la distribution spatiale du risque de prédation et ses variations temporelles (i.e., interannuelle mais aussi à l’échelle journalière) influencent :
• les taux de survie des nids de bécasseaux (les oiseaux évitent-ils les zones les plus exposées au risque de prédation ?) ;
• les stratégies de reproduction et comportements d’incubation des bécasseaux ;
• les décisions de recherche de nourriture des bécasseaux (i.e., fréquence, durée et distance de recherche de nourriture).

Encadrement
Cette thèse sera co-dirigée par Jérôme Moreau (Maître de Conférences à l’Université de Bourgogne) et David Pinaud (Ingénieur de Recherche au Centre d’Études Biologiques de Chizé, CNRS / La Rochelle Université). Pour tout renseignement sur le projet, n’hésitez pas à nous contacter (jerome.moreau (at) u-bourgogne.fr et david.pinaud (at) cebc.cnrs.fr). Olivier Gilg (chercheur rattaché à Chrono Environnement, Université de Besançon) et Loïc Bollache (Professeur des universités à l’université de Bourgogne et porteur de l’ANR) compléteront l’encadrement de la thèse.
La thèse sera localisée au CEBC et/ou à Dijon après discussion avec le / la candidat.e. L’étudiant.e recruté.e intégrera le consortium du programme ANR PACS composé de différents chercheurs et de 3 autres étudiant.e.s en thèse qui travaillent en synergie. Selon les opportunités logistiques et les compétences de l’étudiant.e, la participation à des missions de terrain pourra également être envisagée.

Compétences attendues
• Formation solide en Écologie évolutive
• Compétences en analyses statistiques et utilisation du logiciel R (autonomie requise)
• Compétences en système d’information géographique (QGIS)
• Une expérience dans les analyses de trajectoires GPS serait un plus
• Travail en équipe, sur des jeux de données complexes et volumineux
• Autonomie, rigueur et esprit d’initiative

Pour candidater
Les candidatures doivent nous être envoyées dès que possible, directement par email à nos deux adresses (jerome.moreau (at) u-bourgogne.fr et david.pinaud (at) cebc.cnrs.fr). Pour candidater, merci de nous envoyer en un seul fichier pdf : (1) un curriculum vitae complet, (2) une lettre de motivation, (3) une lettre résumant les activités de recherche effectuées par le candidat lors de son stage de M1 et M2, (4) une copie des notes de M1 et M2 avec obligatoirement une mention des classements et (5) deux lettres de recommandation écrites par les encadrants de stage de M1 et M2.

Après analyse des dossiers, un entretien aura lieu à Dijon ou Chizé, avec les personnes dont les dossiers auront été retenus. Date de début de la thèse : 1er semestre 2022 selon disponibilités des candidats.

Le contenu de cette offre est la responsabilité de ses auteurs. Pour toute question relative à cette offre en particulier (date, lieu, mode de candidature, etc.), merci de les contacter directement. Un email de contact est disponible: [email protected]

Pout toute autre question, vous pouvez contacter [email protected].