OFFRE DE STAGE

« Etude du comportement et de la performance de populations résistantes de Myzus persicae, le puceron vert du pêcher, sur différentes plantes hôtes »

Stage conventionné de 6 mois, à temps plein
Mars à septembre 2018 (dates flexibles)
Localisation : Laboratoire de Lyon (69 007)

L’AGENCE

L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) assure des missions de veille, d’expertise, de recherche et de référence sur un large champ couvrant la santé humaine, la santé et le bien-être animal, et la santé végétale. Elle offre une lecture transversale des questions sanitaires et appréhende ainsi, de manière globale, les expositions auxquelles l’Homme peut être soumis à travers ses modes de vie et de consommation ou les caractéristiques de son environnement, y compris professionnel.
L’Anses informe les autorités compétentes, répond à leurs demandes d’expertise. L’Agence exerce ses missions en étroite relation avec ses homologues européens.

DESCRIPTION DU STAGE

ENTITE D’ACCUEIL
Dans le cadre de ses activités de surveillance des résistances des bio-agresseurs des cultures aux produits phytosanitaires, l’unité Résistance aux Produits Phytosanitaires (RPP) du Laboratoire de Lyon de l’ANSES étudie depuis plusieurs années l’écologie et les mécanismes de résistances aux insecticides chez le puceron vert du pêcher, Myzus persicae (Fontaine et al, 2011, Mottet et al, 2016).

CONTEXTE
L’évolution de résistance aux produits phytosanitaires au sein des populations de ravageurs peut entrainer une perte de contrôle des populations de bioagresseurs. Dans un contexte de réduction de l’utilisation des pesticides (plan EcoPhyto), s’assurer de l’efficacité des traitements utilisés est indispensable. Face à la diminution des modes d’actions autorisés, il apparait donc nécessaire de gérer durablement les modes d’action toujours efficaces. Pour cela, mieux comprendre la biologie des ravageurs et les phénomènes d’apparition-maintien-propagation de la résistance est essentiel.
Le puceron vert du pêcher est un insecte extrêmement polyphage. Il est considéré comme un ravageur majeur du pêcher, mais il infeste également de nombreuses autres espèces sauvages ou d’intérêt agronomique. Il occasionne par ses piqûres à la fois des dégâts directs et indirects (via la transmission de viroses). Cet insecte a un cycle biologique complexe qui alterne une phase sexuée à l’automne sur pêcher (hôte primaire) et une phase asexuée du printemps à la fin de l’été sur plantes hôtes herbacées (hôtes secondaires ; Van Emden et al, 1969).
L’utilisation, depuis des décennies, d’insecticides pour lutter contre ce bioagresseur a entrainé la sélection d’individus résistants à la plupart des grandes familles chimiques d’insecticides (Bass et al, 2014). Dans des études de terrain menées préalablement dans l’unité, on a observé des différences importantes de spectre de résistances entre les populations infestant les différentes plantes hôtes : la résistance aux néonicotinoïdes (mutation R81T) est présente dans les populations échantillonnées sur pêcher mais absente des populations prélevées sur d’’autres plantes hôtes ; certains allèles de résistance aux pyrethrinoïdes (mutations super-KDR) semblent spécifiques aux populations retrouvés sur chaque plante hôte (pêcher, colza et tabac). Il a également été montré, à l’aide de marqueurs microsatellites, que les populations retrouvées sur pêcher sont génétiquement différentes des populations retrouvées sur colza et tabac.

Cette différentiation génétique des populations de M. persicae sur hôtes primaires et secondaires semble indiquer l’absence d’une migration efficace entre ces deux compartiments. Soit les individus issus d’hôte pêcher ne migrent pas ou peu sur les hôtes secondaires. Soit ils migrent mais ne sont pas compétitifs vis-à-vis de clones adaptés aux plantes hôtes secondaires. C’est cette dernière hypothèse que nous souhaitons tester au cours de ce stage. Nous chercherons à savoir si certains clones sont plus adaptés à différentes plantes hôtes et si le spectre de résistance affecte ces différences de valeur sélective.
Ces résultats permettront de mieux comprendre pourquoi la résistance aux néonicotinoïdes (identifiés sur des individus provenant d’hôte pêcher il y a plusieurs années) n’a toujours pas été détectée sur colza (culture sur laquelle l’utilisation des néonicotinoïdes est autorisée).

OBJECTIF
L’objectif du stage est de comparer la performance de clones avec des spectres de résistance différents (issus de colza, de pêcher et de tabac) sur plusieurs plantes hôtes en mesurant plusieurs traits d’histoire de vie. La préférence de ces clones pour les différentes plantes hôtes sera aussi étudiée par des tests de choix comportementaux si possible. Le stage se déroulera en deux grandes parties :
1) Echantillonnage de terrain
D’avril à juillet 2018, des clones propres à chaque plante hôte seront récupérés sur le terrain.
2) Test de performance sur plusieurs plantes hôtes
Sur des feuilles de chou, de colza, de tabac et de pêcher (si possible), plusieurs traits d’histoire de vie (longévité, fécondité, etc…) seront mesurés sur les clones échantillonnés sur chaque type de plantes hôtes.
Une expérience d’évolution expérimentale sera aussi menée afin de mettre en compétition sur plusieurs générations sur chou les clones 2 à 2. La proportion de chaque clone sur la plante après plusieurs générations sera mesurée par biologie moléculaire (expérience de PCR et digestion spécifique).

L’étudiant participera à l’élevage des clones de pucerons (culture des plantes support, multiplication des clones, préparation des insectes pour les tests). Il participera également à la recherche documentaire, l’analyse statistique des données, la synthèse des résultats et leur mise en perspective.

Bass, C., Puinean, A. M., Zimmer, C. T., Denholm, I., Field, L. M., Foster, S. P., … & Williamson, M. S. (2014). The evolution of insecticide resistance in the peach potato aphid, Myzus persicae. Insect biochemistry and molecular biology, 51, 41-51.
Fontaine, S., Caddoux, L., Brazier, C., Bertho, C., Bertolla, P., Micoud, A., & Roy, L. (2011). Uncommon associations in target resistance among French populations of Myzus persicae from oilseed rape crops. Pest management science, 67(8), 881-885.
Mottet, C., Fontaine, S., Caddoux, L., Brazier, C., Mahéo, F., Simon, J. C., … & Roy, L. (2016). Assessment of the dominance level of the R81T target resistance to two neonicotinoid insecticides in Myzus persicae (Hemiptera: Aphididae). Journal of economic entomology, 109(5), 2182-2189.
Van Emden, H. F., Eastop, V. F., Hughes, R. D., & Way, M. J. (1969). The ecology of Myzus persicae. Annual review of entomology, 14(1), 197-270.

PROFIL RECHERCHÉ
Formation supérieure en agronomie ou écologie : Bac + 5 (M2 ou ingénieur)

Compétences
 Connaissances en écologie, biologie évolutive et protection des cultures,
 Bonne aptitude au travail de laboratoire et de terrain,
 Goût pour la conduite d’élevages d’insectes et la mise en place d’expérimentation,
 Expérience dans l’utilisation de la biologie moléculaire,
 Aptitude à travailler en équipe et bonne capacité d’adaptation,
 Vigilance sur les règles d’hygiène et sécurité,
 Qualités rédactionnelles,
 Langues : anglais lu (pour la recherche bibliographique).

POUR POSTULER
Date limite de réponse : 07/12/2017
Renseignements sur le stage : Christophe PLANTAMP ([email protected])

Adresser les candidatures par courriel (lettre de motivation + cv) à :
Christophe PLANTAMP ([email protected]) ou Claire Mottet ([email protected])
ANSES Lyon – Unité Résistance aux Produits Phytosanitaires

Le contenu de cette offre est la responsabilité de ses auteurs. Pour toute question relative à cette offre en particulier (date, lieu, mode de candidature, etc.), merci de les contacter directement.

Pout toute autre question, vous pouvez contacter [email protected].