Le développement de pratiques agroécologiques telles que l’agriculture biologique (AB) est limité par un manque de variétés adaptées à des pratiques économes en intrants. Face à ce constat, des agriculteurs AB du Réseau Semences Paysannes (RSP) et l’équipe DEAP (Diversité, Evolution et Adaptation des Populations) de l’INRA du Moulon (http://http://moulon.inra.fr/) ont mis en place un projet de sélection décentralisée et participative, impliquant les paysans dans la sélection de variétés-populations adaptées à leur agroécosystème local.
Ce projet vise à :
– créer des variétés-populations adaptées aux conditions locales, aux pratiques des paysans, à leurs modes de transformation ;
– développer des méthodes et des outils opérationnels pour la gestion de la biodiversité cultivée et la sélection à la ferme ;
– renforcer l’apprentissage et l’autonomie des paysans en matière de gestion et de sélection des semences.

Ce projet s’inscrit dans une recherche participative où les paysans, les animateurs d’associations, le RSP et les chercheurs co-construisent le programme en partenariat. Depuis 2010, une trentaine de fermes, réparties dans toute la France, cultivent et évaluent des populations en micro-parcelles. Des mesures individuelles sur 25 plantes ont été réalisées dans chaque population : poids de l’épi, couleur, courbe, barbe, ainsi que des mesures globales sur les populations : poids de mille grains et taux de protéines.

L’équipe de recherche DEAP et les paysans ont mis en place des dispositifs expérimentaux particuliers qui résultent de compromis entre le besoin des chercheurs de mettre en place des répétitions sur les fermes afin d’analyser correctement les données et l’envie des paysans de tester un grand nombre de populations. Des dispositifs différents ont été mis en place sur deux types de fermes : des fermes « régionales » dans lesquelles on trouve deux blocs, quatre témoins répétés deux fois et une vingtaine de populations non répétées, et des fermes « satellites » pour lesquelles le dispositif est plus léger avec un bloc, un témoin répété deux fois et une dizaine de populations non répétées.

Des modèles statistiques bayésiens ont été développés afin d’analyser les données issues de ce dispositif, permettant de :
– comparer les moyennes des populations dans chaque ferme afin que les paysans puissent sélectionner les populations les mieux adaptées à leur environnement ;
– étudier les interactions génotype x environnement au sein du réseau.

L’analyse des données par ces modèles permet aux paysans d’avoir un retour sur les performances des populations sur leur ferme et dans le réseau.

La question posée pour ce stage est de savoir si l’on peut optimiser ce dispositif expérimental afin d’obtenir des estimations plus précises par les modèles. Pour cela des simulations sur R seront réalisées et les résultats seront analysés. Ce sujet peut faire l’objet d’un stage court (<3 mois) ou d’un stage long, dans ce cas des résultats précédents seront intégrés afin de rédiger un article scientifique.

Encadrants à contacter :
Gaëlle van Frank : [email protected]
Isabelle Goldringer : [email protected]

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