Voici un sujet qui sera soumis au concours de l’école doctorale VAS de Rennes cette année. C’est un sujet pluridisciplinaire à l’interface en écologie et géographie sociale.

Contexte socio-économique et scientifique
Face à l’urbanisation, les espaces verts en ville représentent des éléments paysagers au cœur d’enjeux environnementaux et sociaux forts. Si les aspects esthétiques et hygiénistes restent prépondérants pour les gestionnaires, les besoins des citadins se traduisent par une demande d’espaces verts diversifiés (e.g. parcs floraux et arborés, espaces ouverts avec une nature plus spontanée, des coulées vertes déambulatoires). Parallèlement, dans le cadre de la politique multi-échelles de la trame verte et bleue (Grenelle 2010), la mise en place et la réhabilitation des espaces verts comme corridors écologiques et habitats favorables au maintien et à la circulation des espèces animales et végétales est un objectif prépondérant pour les gestionnaires. Cependant, si les gestionnaires engagent de nombreuses actions visant la réhabilitation, le réagencement et la conception des espaces verts afin de répondre aux nouvelles attentes et exigences écologiques, aucune évaluation conjointe associant valeurs écologiques et perceptions sociales n’a été menée pour rendre compte des efforts engagés par les gestionnaires auprès des usagers.

Les hypothèses et questions posées
La problématique générale de cette thèse est d’analyser si la perception de la trame verte dans les espaces verts urbain et périurbain du point de vue des usagers diffère de sa valeur écologique au sein de l’agglomération Rennaise où la politique de trame verte et bleue est mise en place dans le cadre du Grenelle de l’environnement, voire antérieurement sous le couvert d’autres dispositifs (gestion différenciée des espaces verts).
Deux hypothèses principales seront considérées dans le cadre de ce travail. La première étant que la cohérence de la trame verte pour les écologues est en décalage avec les appropriations et les perceptions des usagers des trames vertes. La seconde est qu’il est possible de concilier les aspects scientifiques écologiques et les pratiques sociales des trames vertes en interrogeant l’insertion de ces espaces à différentes échelles en milieux urbain et périurbain.

Les grandes étapes de la thèse et démarche
1- Réalisation d’une synthèse bibliographique sur les acceptions et les objectifs assignés à la trame verte, dans un contexte européen et extra-européen. Il s’agira aussi de poser les bases conceptuelles et méthodologiques de l’articulation entre les approches écologiques et socio-géographiques.
2 – L’identification et la sélection des trames vertes cibles au sein de l’agglomération Rennaise sera effectuée par le développement d’une typologie suivant la caractérisation de leurs structurations et leurs compositions intrinsèques (structuration, agencement…) mais aussi paysagères (par cartographie haute résolution, en collaboration avec le LETG). Ensuite, la détermination de la valeur écologique des trames vertes sera réalisée sur la base de l’inventaire de différents groupes taxonomiques (ECOBIO). Puis, l’identification des pratiques sociales et des perceptions des trames vertes par les usagers sera effectuée suivant des protocoles sociaux géographiques prédéfinis et des expériences de sciences participatives (ESO).
3 – La confrontation entre les résultats obtenus par les deux approches permettra d’identifier les antagonismes et les convergences entre l’évaluation des valeurs écologiques des trames vertes et leurs perceptions par les usagers, dans différents contextes spatiaux, afin de formaliser des scénarios de gestion des espaces verts pour les gestionnaires.

Approches méthodologiques et techniques envisagées
L’évaluation écologique se fera sur la base des inventaires faunistiques (rhopalocères, oiseaux…) et floristiques par le calcul d’indices de diversité taxonomique (Shannon, Simpson…), de diversité fonctionnelle (indice Q de Rao, CWM…) et d’indicateurs de qualité écologique (IQE, MAR…).
L’évaluation de la perception sociale des trames vertes se fera par la méthode des parcours commentés, la passation/exploitation d’enquêtes voire l’organisation d’un recueil de données par groupes de discussion (focus group) et des méthodes d’oculométrie. Les résultats seront analysés à l’aune des contextes d’inscription socio-spatiale des trames (quartiers).

Compétences scientifiques et techniques requises par le candidat
La thèse est à l’interface entre l’écologie et la géographie sociale. Le (la) candidat(e) devra posséder de bonnes connaissances en écologie (de préférence urbaine), mais aussi des dispositions pour les sciences participatives et un intérêt certain pour les sciences sociales. Des compétences en anglais seront utiles pour la publication d’articles scientifiques et la communication des travaux dans des congrès ainsi que des échanges avec les partenaires étrangers (e.g. Pr Mark MacDonnell, Université de Melbourne).

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