Stage de recherche fondamentale

Superviseur : Dr Cedric SUEUR, Amandine RAMOS (Ph.D student), Yvonne Kemp

Unité :
– UMR 7178 – IPHC, Département Ecologie, Physiologie et Ethologie (DEPE)
23 rue Becquerel, 67087 STRASBOURG cedex 2
– ARK Nature, Molenveldlaan 43, 6523 RJ Nijmegen, The Netherlands

Description du projet : La vie en groupe confère un certain nombre d’avantages comme la diminution de la probabilité d’être capturé par un prédateur (effet de dilution, vigilance collective), une chance plus importante d’attraper une proie lors d’une partie de chasse ou encore la possibilité d’échanger des informations relatives à la ressource alimentaire. Néanmoins, vivre en groupe comporte aussi des inconvénients notamment un taux d’agression par les conspécifiques plus élevé, une compétition plus accrue pour la nourriture ou les partenaires sexuels et une probabilité plus importante de transmettre des maladies et des pathogènes. Le groupe voit également sont risque de fission augmenter avec les différences interindividuelles et les conflits d’intérêt qui en découlent. Ainsi, chaque individu doit faire face à des compromis notamment : (1) rester et continuer à bénéficier des avantages de la vie de groupe ou (2) quitter le groupe afin de faire face à ses propres besoins. L’étude des déplacements collectifs est un bon moyen d’appréhender et de comprendre ces processus de prises de décisions, les conflits d’intérêt pouvant être particulièrement nombreux ne serait-ce que pour choisir le moment du départ et la destination. De nombreuses études ont été effectuées sur ce sujet, mais les résultats restent contradictoires et peu d’entre eux prennent en compte les mécanismes individuels et sociaux en jeu lors des déplacements de groupe. Chez les mammifères, le constat fait état d’un manque de connaissances générales pour les ongulés, la plupart des données concernant principalement des espèces domestiques (vaches, moutons) ou des groupes sociaux créées de façon expérimentale.
Les objectifs de ce travail de recherche sont donc multiples. Premièrement, nous souhaiterions étudier les processus décisionnels mis en place au cours des déplacements de groupe chez une espèce d’ongulé sauvage et non domestiquée : le bison d’Europe (Bison bonasus). Ce premier objectif nous permettrait de mieux comprendre l’influence des contraintes environnementales, inhérentes au milieu sauvage, sur l’organisation des déplacements collectifs. D’autre part, le bison d’Europe faisant l’objet de plusieurs programmes de réintroduction en milieu naturel, étudier et comprendre les déplacements de groupe permettrait de mettre en place de nouvelles stratégies de gestion des troupeaux, plus innovantes et plus efficaces qu’actuellement. En effet, les sorties de territoire des animaux sauvages sont souvent source de conflits avec l’homme, ces derniers engendrant de nombreux dommages matériels sur les terrains agricoles et les propriétés privées. Ces sorties de territoire pourraient être dues à quelques individus « leaders » ; l’identification des caractéristiques de ces leaders (i.e. âge, sexe, statut physiologique) permettrait de mettre en place des méthodes d’effarouchement sur ces derniers et d’empêcher alors l’ensemble du groupe de franchir les limites de leur territoire. Cet effarouchement sélectif serait non seulement moins stressant pour les animaux (puisque dirigé sur un petit nombre d’individus), mais permettrait aussi un gain de temps et d’argent. Sur le long terme, nos résultats pourraient permettre de trouver des solutions à la création de réserves naturelles dans lesquelles les bisons réintroduits évolueraient en totale liberté, sans barrières anthropiques, et où ils seraient essentiellement limités par des barrières naturelles ou virtuelles.

Collecte des données : Parc National Zuid-Kennermerland (Pays Bas)

Dates du stage : fin Février-début Août 2016

Compétences souhaitées :
– Expérience de terrain souhaitée
– Connaissances en éthologie et en écophysiologie (théorie, méthodologie, collecte de données comportementales et biologiques)
– Aptitudes à travailler en équipe ou de façon autonome
– Esprit d’initiative et d’adaptation
– Motivation, patience et enthousiasme
– Niveau d’anglais correct souhaité
– Permis B

Expertises qui seront acquises au cours de la formation :
– Expérience de terrain, approche et observation d’animaux sauvages
– Échantillonnage de données comportementales et biologiques (fèces)
– Expérience en écologie comportementale et en conservation

Contacts :
Cédric SUEUR : [email protected]
Amandine RAMOS : [email protected]

Le contenu de cette offre est la responsabilité de ses auteurs. Pour toute question relative à cette offre en particulier (date, lieu, mode de candidature, etc.), merci de les contacter directement.

Pout toute autre question, vous pouvez contacter [email protected].