La faune des grands fonds marins reste une frontière de la connaissance sur la biodiversité et, de ce fait, sa sensibilité aux activités anthropiques est méconnue. Dans un contexte de « course à la mer » vers de nouvelles ressources biologiques ou minérales, les états et les autorités internationales sont demandeurs de données sur cette biodiversité méconnue et déjà menacée. Les campagnes d’exploration du benthos profond tropical du programme Tropical Deep Sea Benthos (TDSB) représentent une source de données unique et massive. Plus de 80 campagnes dans l’Indo-Pacifique, dont 38 en Nouvelle-Calédonie, ont produit plus de 4000 descriptions d’espèces mais aussi de très nombreuses données géoréférencées d’occurrences taxonomiques, de diversité génétique, et de données environnementales. L’un des principaux atouts de ces données est la précision taxonomique qui, à l’inverse des unités taxonomiques opérationnelles (OTUs) couramment utilisées, facilite la comparaison entre études. Cependant, l’inconvénient de ces données réside dans un plan d’échantillonnage naturaliste qui vise à maximiser la découverte de nouveaux taxons. Ce plan non uniforme et peu hiérarchisé implique de développer des méthodes spécifiques permettant une analyse statistiquement robuste de la distribution de la biodiversité.

Le projet vise à étudier les patrons de biodiversité profonde de Nouvelle-Calédonie et de la région Indo-Pacifique grâce aux données naturalistes issues des collections du MNHN associées aux campagnes TDSB. Pour cela, des approches statistiquement robustes seront développées, permettant de construire des connaissances répondant aux nouveaux enjeux sociétaux résultant de la recherche de nouvelles ressources dans le milieu profond (minérales et vivantes) et de la volonté de protéger la biodiversité marine profonde. Le projet s’articule en trois axes de recherche : (1) caractériser spatialement et taxonomiquement l’effort d’échantillonnage ; (2) étudier l’importance relative des facteurs environnementaux et historiques dans la structure de la biodiversité profonde ; (3) cartographier les patrons de biodiversité afin d’identifier des zones sensibles aux exploitations des fonds marins.
Le projet permettra de développer un cadre méthodologique de traitement des données de collection pour permettre leur utilisation à des fins de conservation, en optimisant l’échelle de travail et de produire des résultats inédits, notamment sous la forme de cartographies synthétiques sur la structure des communautés benthiques profondes. La synthèse des résultats de rareté, biodiversité, structuration des communautés contribuera à identifier des zones de biodiversité sensibles. Par conséquent, ce travail alimentera une discussion sur la conservation et la gestion de ces milieux face aux menaces anthropiques en fournissant des éléments tangibles. La question de quels indicateurs de diversité utiliser pour la conservation sera discutée.

Les postulants devront être titulaires d’un doctorat avant la date de début du contrat (1er novembre 2016). Les dossiers de candidatures doivent être envoyés en format électronique jusqu’au 11 juin 2016 minuit à Sarah Samadi ([email protected]), Boris Leroy ([email protected]) et Maud Mouchet ([email protected]) et comporter un CV détaillé, un énoncé des intérêts de recherche, une lettre de motivation, une copie du diplôme de doctorat. Les candidats sélectionnés pour l’oral seront auditionnés dans la période du 20 au 27 juin. Le (la) candidat(e) retenu(e) débutera le 1er novembre 2016 et sera lié au CNRS par contrat à durée déterminée. Le salaire sera adapté à l’expérience du (de la) candidat(e) recruté(e).

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