Contexte
La gestion des populations de truites (Salmo trutta) dans les rivières suisses repose encore largement sur des pratiques d’alevinage, dont l’efficacité reste mal connue. Le marquage des alevins destinés au repeuplement permet de les différencier par la suite des poissons sauvages, même après plusieurs années. Les marqueurs fluorescents peuvent être utilisés, en particulier l’alizarine Red S (ARS), composé qui se lie au calcium et est métabolisé dans les tissus calcifiés des poissons. La technique de marquage à l’ARS a été mise au point par Caudron et Champigneulle (2006) et mise en œuvre de nombreux programmes de marquages de masses : truite léman (Champigneulle et Caudron, 2013), omble Léman (Caudron et al., 2014), truite Haute-Savoie (e.g. Caudron et Champigneulle, 2009),…
L’identification des poissons marqués repose sur l’analyse des otolithes, petites structures calcifiées de l’oreille interne, ayant la propriété de conserver la trace du marquage tout au long de la vie du poisson (cf figure). En parallèle, l’âge des poissons doit être évalué pour distinguer la ou les cohorte(s) marquée(s) des autres cohortes. Cette opération s’effectue à partir de l’observation des écailles et le dénombrement des annuli, qui caractérisent les hivers passés dans la rivière.
Des opérations de marquages à l’alizarine ont été menées pendant 3 années (2012-2013-2014) par le Service Chasse, Pêche et Faune du canton du Valais (Suisse) sur des préestivaux et estivaux de truite fario déversés dans 3 bassins versants (Dranses, Navisence et Vispa). Des prélèvements réalisés par pêches électriques et auprès des pêcheurs amateurs ont permis la récolte de 1065 échantillons de têtes et écailles de truites.

Descriptif du stage
Le stage proposé vise à évaluer l’efficacité du repeuplement dans les 3 bassins versants valaisans sur la base des échantillons collectés. L’objectif est également d’apporter une analyse critique sur ce mode de gestion à partir des analyses réalisées, de la littérature scientifique et sur la base d’autres données fournies par le Service Chasse, Pêche et Faune du canton du Valais (SCPF). Les étapes de travail suivantes seront prévues :
– séance de démarrage au sein du Service Chasse, Pêche et Faune du canton du Valais (Sion) ;
– scalimétrie : analyse des écailles et détermination et l’âge des 1065 individus prélevés, analyse de la croissance des individus ;
– otolithométrie : extraction des otolithes (sagittae) en laboratoire, inclusion, ponçage et observation sous microscope à épifluorescence à l’INRA de Thonon-les-Bains ;
– participation à une campagne d’inventaire par pêche électrique ;
– mise en forme des données dans une base Excel ;
– analyse des résultats par tronçon de cours d’eau, par cours d’eau et par bassin versant. Evaluation de l’efficacité du repeuplement, du recrutement naturel, développement de modèles de croissance des populations étudiées ;
– participation à la rédaction d’un article scientifique selon la portée des résultats.

Compétences souhaitées: expérience dans le travail en laboratoire, analyses statistiques, autonomie, rigueur, esprit critique, qualités rédactionnelles et aisance à l’oral.
A l’issue du stage, l’étudiant(e) aura acquis des compétences dans les domaines de la recherche bibliographique, la scalimétrie, l’otolithométrie, les modèles de croissance, la rédaction scientifique.

Encadrement: Arnaud Caudron (SCIMABIO Interface), Alexandre Richard (SCIMABIO Interface), Yvon Crettenand (SCPF, Valais, Suisse)

Lieu de travail : INRA UMR CARRTEL, 75, avenue de Corzent – F-74203 Thonon-les-Bains cedex

Indemnité : 15% du plafond de SS (env. 529 eur)

Envoyer CV + lettre de motivation avant le 20/11/2015

Contacts : Arnaud CAUDRON [email protected]
Alexandre RICHARD [email protected]

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