Contexte et objectif
L’augmentation de la population humaine, de ses déplacements et des échanges commerciaux à l’échelle mondiale favorise la dispersion d’espèces dites « exotiques ». Lorsque ces espèces exotiques se développent et modifient l’écosystème hors de leur aire d’origine elles sont qualifiées d’invasives. Les espèces invasives sont maintenant considérées comme une des causes majeures de perte de biodiversité et représentent une préoccupation de premier ordre pour les instances de gestion des milieux naturels (Charles and Dukes 2007, Pejchar and Mooney 2009).

Pourtant, les mécanismes par lesquels les espèces invasives modifient le fonctionnement des écosystèmes restent souvent mal compris. Actuellement, les chercheurs réalisent que nos progrès dans ce domaine nécessitent de prendre en compte l’effet des espèces invasives sur la structure topologique des réseaux trophiques (David et al. 2017). En effet, la topologie des réseaux trophiques (longueur des chaînes, nombre de nœuds, connectance, omnivorie…) est un déterminant majeur de la stabilité et du fonctionnement des écosystèmes (Dunne et al. 2002, Thompson et al. 2012). L’objectif du stage est de faire progresser nos connaissances sur l’impact des espèces invasives sur la topologie des réseaux trophiques, en utilisant comme cas d’étude l’effet de l’écrevisse de Louisiane (Procambarus clarkii) sur la structure topologique des réseaux trophiques aquatiques.

Méthodes.
L’étudiant(e) utilisera les données déjà disponible à ESE sur les présences-absences de taxons (y compris P. clarkii) dans 90 mares de Brière, ainsi que sur la hauteur trophique de certains de ces taxons estimée par la méthode des isotopes stables. A partir des informations de la littérature et de la base de données AquaticWeb de Gérard Lacroix (iEES-Paris), l’étudiant(e) reconstituera les liens trophiques pour l’ensemble des taxons présents dans la base de données afin de construire un « réseau régional ». La construction des liens pourra également s’appuyer sur les informations issues des analyses d’isotopes stables dans une approche bayésienne. Les réseaux de chaque mare seront des « instanciations locales » du réseau régional, générées à partir des taxons présents localement. Sur chacune des instanciations locales, l’étudiant(e) calculera des descripteurs topologiques (longueur des chaînes, connectance, omnivorie…). Enfin, ces descripteurs topologiques seront utilisés comme réponse dans des modèles statistiques pour mesurer l’impact de l’écrevisse.

Informations pratiques.
Lieu du stage: UMR ESE, 65 rue de Saint-Brieuc, Bât. 15, 35042 Rennes Cedex, France.
Gratification: selon les règles en vigueur à l’INRA.

Modalités de candidature.
Envoyez au format pdf à Eric Edeline ([email protected]) un CV détaillé et une lettre de motivation.

Références.
Charles, H. and Dukes, J. S. 2007. Impacts of invasive species on ecosystem services. – In: Nentwig, W. (ed), Biological Invasions. Springer Berlin Heidelberg, pp. 217–237.
David, P. et al. 2017. Impacts of invasive species on food webs: a review of empirical data. – Adv. Ecol. Res.: 1–60.
Dunne, J. A. et al. 2002. Network structure and biodiversity loss in food webs: robustness increases with connectance. – Ecol. Lett. 5: 558–567.
Pejchar, L. and Mooney, H. A. 2009. Invasive species, ecosystem services and human well-being. – Trends Ecol. Evol. 24: 497–504.
Thompson, R. M. et al. 2012. Food webs: reconciling the structure and function of biodiversity. – Trends Ecol. Evol. 27: 689–697.

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