Contexte
La forêt française joue un rôle essentiel dans l’atténuation des émissions de GES par la séquestration de carbone, à la fois dans la biomasse aérienne et dans les sols forestiers, comme l’a montré l’étude 4P1000 (Pellerin et al., 2019). Néanmoins, ce potentiel de stockage de carbone des forêts pourrait être contrebalancé par les effets des changements climatiques, conjugués à des attaques biotiques, et à l’origine de pics de dépérissement. Dans ce contexte, les surfaces de peuplement forestier à renouveler sont amenées à augmenter, et notamment en recourant à la plantation plutôt qu’à la régénération naturelle majoritairement employée. En effet, les plantations forestières sont au coeur des stratégies d’adaptation et d’atténuation de par la nécessité d’adapter les forêts et de maintenir leur rôle de puits de carbone, parfois en changeant d’essences.
L’importance d’une bonne préparation mécanisée du site (PMS) pour assurer la réussite des plantations est avérée, surtout avec des printemps plus secs et chauds (26% d’échec en 2019), en particulier pour contrôler la végétation concurrente. L’ONF et l’INRAE ont donc mis en place un réseau de dispositifs expérimentaux à l’échelle nationale (Réseau Alter : https://www6.inrae.fr/renfor/Reseaux-d-experimentation/ALTER ) ayant pour but initial de tester des méthodes de substitution aux produits phytopharmaceutiques pour les travaux préparatoires aux plantations. Ces dispositifs visent à connaitre l’effet de ces méthodes sur la survie et la croissance des plants, la dynamique de la végétation et les caractéristiques du sol. Par ailleurs, ces méthodes sont aussi perturbatrices pour le sol. L’étude 4P1000 a souligné que cette pratique du sol pouvait engendrer un déstockage du carbone du sol. Il est aujourd’hui nécessaire de caractériser les impacts de ces méthodes en particulier sur les stocks de carbone des sols.

Objectif et missions
Le stage se propose d’étudier l’effet de méthodes de préparation mécanisée du sol lors de la phase de plantation sur les stocks de carbone organique du sol (COS). Il s’articule autour de deux missions.
La première mission consiste à compléter les données déjà acquises en 2015 sur le dispositif expérimental de Bord-Louviers (site normand du réseau Alter) par un nouvel échantillonnage. Cet échantillonnage va permettre de mesurer à nouveau les stocks de COS dans des modalités utilisant des outils de préparation mécanisée du sol montés sur minipelle
(scarificateur réversible et sous-soleur multifonction) en comparaison avec une modalité témoin (sans travail du sol), et ce, 7 années après la réalisation des premières mesures.
La seconde mission consiste à analyser et à valoriser les données acquises sur le dispositif de Bord-Louviers en remobilisant notamment certaines des données acquises lors d’un travail de doctorat récent (Quibel, 2020) sur le sujet. Ce travail s’est intéressé à la quantité et à la qualité des stocks de COS en contexte de plantations forestières sur les 6 sites du réseau ALTER entre autre.
Le (la) stagiaire sera chargé(e) de l’échantillonnage sur le terrain (prélèvement des échantillons de sol et mesure de la densité apparente) et de la détermination du carbone organique (par analyseur élémentaire CHN) pour permettre la quantification des stocks de COS. La qualité de ces stocks sera appréhendée par pyrolyse Rock-Eval (stabilité thermique)
et par fractionnement granulo-densimétrique (Balesdent et al. 1991, Hedde et al. 2008).

Profil souhaité (Niveau / Compétences)
‒ Etudiant en Master 2ème année en Ecologie, Sciences du Sol ou Sciences forestières.
‒ Bonne aptitude au travail de terrain et de laboratoire.
‒ Esprit pratique, autonomie, intérêt pour la recherche appliquée
‒ Connaissances appréciées en traitements statistiques (utilisation de R)
‒ Titulaire du permis de conduire (B).

Lieu, durée et conditions du stage
‒ Structure d’accueil : Office National des Forêts, Département RDI, Boulevard de Constance –
77300 Fontainebleau
‒ Lieu de travail principal : Le/la stagiaire sera accueilli au sein du Laboratoire Ecodiv EA1293 & USC INRAE, Université de Rouen, UFR Sciences et Techniques, Bâtiment n°44, Place Emile
Blondel, 76821 Mont Saint Aignan Cedex.
‒ Durée : 6 mois, de janvier à juin 2022 (date de début de stage à discuter selon contraintes académiques).
‒ Conditions : Stage gratifié selon les modalités légales en vigueur.

Contacts :
– Emila Akroume, Chargée de R&D, RDI – Pole de Dole, 21 rue du muguet – 39100 Dole, Courriel : [email protected]
– Fabrice Bureau, Université de Rouen, laboratoire Ecodiv, Courriel : [email protected] fr- Michaël Aubert, Université de Rouen, laboratoire Ecodiv, Courriel : [email protected] fr

Dossier de candidature :
Merci d’envoyer un CV et une lettre de motivation pour le 22/11/21 aux 3 adresses mail ci-dessus. La sélection des candidats sur CV et lettre de motivation sera suivie d’un entretien organisé en visioconférence.

Références citées :
– Balesdent, J., J.-P. Pétraud, and C. Feller. 1991. Effets des ultrasons sur la distribution granulométrique des matières organiques des sols. Science du sol 29:95-106.
– Hedde, M., M. Aubert, T. Decaens, and F. Bureau. 2008. Dynamics of soil carbon in a beechwood chronosequence forest. Forest Ecology and Management 255:193-202.
– Pellerin et al., 2019. Stocker du carbone dans les sols français, Quel potentiel au regard de l’objectif 4 pour 1000 et à quel coût ? Synthèse du rapport d’étude, INRA (France), 114p
– Quibel, E., 2020. Impacts de la préparation du sol lors de la phase de plantation sur la dynamique des matières organiques et le stockage du carbone dans les sols forestiers. Thèse de doctorat en écologie, Université de Rouen, soutenue le 08/09/2020, 244 p.

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