Contexte scientifique & problématique générale
Depuis plusieurs années, l’hydroacoustique (Rudstam et al., 2012) est devenue une méthode incontournable de l’évaluation des populations de poissons et de la description de leurs relations avec l’écosystème, aussi bien dans le milieu marin que dans les lacs et les réservoirs (Guillard et Lebourges-Dhaussy, 2014). Cette méthode, non intrusive, fait désormais partie intégrante des procédures d’échantillonnage des peuplements de poissons recommandées par la Directive Cadre Eau (DCE) et a fait l’objet d’une normalisation par le Comité Européen de Normalisation (CEN) (CEN 2014), s’inscrivant ainsi dans une démarche analogue à celle utilisée sur le continent Nord-américain (Parker-Stetter et al., 2009). Dans ce cadre, des travaux d’ordre méthodologique en hydroacoustique sont en cours au sein de l’unité CARRTEL en particulier sur la période d’échantillonnage optimale en lac naturel (campagne de jour ou de nuit), sur les réponses des cibles en fonction des fréquences et sur la mise au point d’un drone.
Objectifs de travail
Le stagiaire sera impliqué dans l’ensemble des travaux qui ont cours dans l’unité sur ce thème mais travaillera en priorité sur 2 objectifs principaux :
1 – La norme recommande de réaliser les échantillonnages de nuit, le comportement des poissons étant tel qu’ils sont alors dispersés en tant que cibles individuelles dans la pleine eau et donc plus facilement détectables. Ce comportement différencié entre le jour et la nuit est admis par tous, mais s’il a bien été décrit et quantifié en milieu marin (Fréon et al., 1996 ; Fréon. et al., 1993) et en lac de barrages (Draštík et al., 2009) les publications sur les lacs naturels sont trop peu nombreuses. Après avoir fait le point sur la littérature traitant de ce sujet, le projet se focalisera sur des campagnes d’hydroacoustique effectuées dans plus d’une vingtaine de lacs naturels. L’étudiant devra donc analyser l’ensemble de ces campagnes de jour et de nuit avec un protocole identique, standardisé, basé sur une approche comparative (Emmrich et al., 2012). Une analyse des différentes métriques obtenues sera ensuite réalisée pour mettre en évidence ces différences jour – nuit. L’étudiant sera ainsi formé au traitement des données hydro-acoustiques et devra réaliser les analyses statistiques de comparaison des métriques. Ce travail a vocation à aboutir à la production d’un document diffusable (rapport et/ou publication).
2 – A l’heure où l’utilisation de ces méthodes non intrusives s’intensifie, le nouveau défi est leur utilisation de façon autonome afin de pouvoir acquérir plus de données aussi bien spatialement que temporellement. La nouvelle génération de sondeur type « large bande » permettra de plus de mieux prendre en compte les réponses impulsionnelles des cibles et d’aborder la discrimination spécifique ainsi que la description de caractéristiques de l’écosystème. Un engin autonome (HARLE – Hydroacoustic Autonomous boat for Remote fish detections in LakE) équipé d’un sondeur EK80, 120 kHz a été développé par l’INRA en partenariat avec la société CT2MC. L’objectif sera d’aborder l’utilisation de données acquises en mode large bande, encore peu exploitées dans la communauté acoustique, afin d’aborder des questions de discrimination de cibles en réservoir en particulier pour différencier arbres et poissons.
Encadrement et formation
L’étudiant pourra ainsi être formé de façon complète à ces nouvelles méthodes de plus en plus employées, aussi bien pour des questions de recherches que de gestion et conservation des milieux naturels. Il ou elle participera à des acquisitions sur le terrain, à l’analyse, et la rédaction afin de maîtriser tous les aspects de cette méthode. Il ou elle bénéficiera en plus du contexte de recherches de l’unité travaillant sur les écosystèmes lacustres.
Responsables du stage :
Jean Guillard- Chloé Goulon – INRA, UMR CARRTEL – [email protected] / 04.50.26.78.51
1) Mots-clés
Lac naturel, réservoir, poisson, hydroacoustique, DCE, comportement
2) Laboratoire d’accueil et lieu de stage
UMR CARRTEL INRA – USMB, 75 bis, avenue de Corzent, F-74203 Thonon-les-Bains cedex – France
3) Profil de formation initiale et compétences souhaitées
Niveau : Master 2 ou Ecole d’ingénieur – ce stage peut aussi être réalisé dans le cadre d’un Diplômes d’Etudes Supérieures Universitaires (DESU) – Bonnes connaissances en écologie aquatique et/ou halieutique. Durée: 6 mois
4) Qualités requises
Autonomie, goût pour le travail en équipe et les échanges, intérêt pour l’analyse des données.
5) Conditions d’accueil
Versement d’une gratification – Accès à la cantine de l’établissement – possibilité d’hébergement
6) Pour postuler
Envoyer CV et lettre de motivation avant le 30 septembre 2017

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