Le projet GNB, « Gestion Forestière, Biodiversité et Naturalité » (https://gnb.irstea.fr) a débuté en 2008 et totalise aujourd’hui des données sur 22 massifs forestiers et 300 placettes élémentaires. Il compare la biodiversité de 7 groupes taxinomiques (Flore vasculaire, Bryophytes, Champignons, Avifaune, Chiroptères, Coléoptères saproxyliques et carabiques) entre des forêts exploitées d’une part et des forêts non exploitées depuis plus de 20 ans en France métropolitaine (réserves intégrales) d’autre part. Plus spécifiquement, l’arrêt de l’exploitation forestière pourrait avoir un effet direct sur la flore vasculaire du fait de l’absence de perturbation induite par les prélèvements de bois, ou indirect via un effet sur la structure et la composition du peuplement arboré et une modification locale des conditions abiotiques (en particulier lumineuses).
En parallèle, les forêts françaises sont soumises à une pression d’herbivorie exercée par les populations d’ongulés sauvages. Cette pression a augmenté au cours des dernières décennies, en relation avec le développement des populations animales. Elle atteint des niveaux élevés dans certaines forêts de plaine et de montagne ; les grands herbivores y constituent alors des éléments structurants des écosystèmes forestiers, avec notamment des effets sur l’abondance et la composition de la flore vasculaire. Dans le cadre du projet GNB, l’arrêt de l’exploitation peut influer sur l’utilisation de l’habitat et la pression d’herbivorie exercée car les réserves intégrales constituent potentiellement des sites favorables en termes de disponibilité alimentaire ou de zones de tranquillité.

L’objectif du stage est d’étudier les liens potentiels entre abandon de l’exploitation forestière, structure des peuplements forestiers, présence d’herbivores sauvages (chevreuil, cerf élaphe et chamois) et les caractéristiques de la flore vasculaire (richesse totale ou par groupe écologique, recouvrement, indices de diversité). En particulier, nous faisons l’hypothèse d’un effet cascade de l’abandon de gestion sur la structure forestière et/ou l’herbivorie qui pourrait en retour modifier la diversité des plantes vasculaires.

Le stage se déroulera sur données acquises et l’étudiant n’aura pas à mettre en place son propre jeu de données. Cependant, la participation à d’autres protocoles similaires issus d’études au sein d’Irstea est tout à fait envisageable dans le cadre du stage.
Le stage proposé fera l’objet d’une approche recherche dans une optique de rédaction d’article scientifique.

Déroulement du stage
– Bibliographie l’influence de la gestion forestière et de l’herbivorie sur la flore vasculaire
– Analyses statistiques des données
– Rédaction d’un rapport de synthèse sur les résultats obtenus, dans un objectif de publication scientifique

Profil recherché
École d’ingénieurs, Master 2 en écologie.

Compétences attendues
– goût pour les travaux à l’interface gestion et recherche (sérieux, rigueur, autonomie, curiosité, motivation, capacités de communication)
– solides bases en écologie et/ou foresterie
– analyses statistiques de base, capacités de rédaction et aisance orale
– permis B

Conditions matérielles
Montant de la gratification selon la loi en vigueur
Bureau, téléphone et ordinateur fournis
Frais de déplacements éventuels remboursés par l’organisme d’accueil
Possibilité de loger sur site (loyer modéré, selon disponibilités)

Organisme d’accueil : Irstea, Domaine des Barres, 45290 Nogent sur Vernisson, France

Responsables du stage :
Anders Mårell : tél. 02.38.95.04.53 ; [email protected]
Yoan Paillet tél : 02 38 95 03 43 ; [email protected]
Co-encadrants : Christophe Baltzinger, Agnès Rocquencourt

Candidatures à transmettre par courriel avant le *15 novembre* à [email protected], avec la mention « [Stage Ongulés] » dans l’objet du mél. Des entretiens téléphoniques seront organisés après sélection des dossiers.

Références
Beguin, J., Pothier, D., Côté, S.D., 2011. Deer browsing and soil disturbance induce cascading effects on plant communities: a multilevel path analysis. Ecol Appl 21, 439-451.
Côté, S.D., Rooney, T.P., Tremblay, J.P., Dussault, C., Waller, D.M., 2004. Ecological impacts of deer overabundance. Annu Rev Ecol Evol Syst 35, 113-147. doi:10.1146/annurev.ecolsys.35.021103.105725
Fuller, R.J., Gill, R.M.A., 2001. Ecological impacts of increasing numbers of deer in British woodland. Forestry (Oxf) 74, 193-199.
Hegland, S.J., Lilleeng, M.S., Moe, S.R., 2013. Old-growth forest floor richness increases with red deer herbivory intensity. For Ecol Manag 310, 267-274. doi:http://dx.doi.org/10.1016/j.foreco.2013.08.031
Rooney, T.P., 2001. Deer impacts on forest ecosystems: a North American perspective. Forestry (Oxf) 74, 201-208.
Stockton, S.A., Allombert, S., Gaston, A.J., Martin, J.-L., 2005. A natural experiment on the effects of high deer densities on the native flora of coastal temperate rain forests. Biol Conserv 126, 118-128.
Takatsuki, S., 2009. Effects of sika deer on vegetation in Japan: A review. Biol Conserv 142, 1922-1929.
Tremblay, J.P., Huot, J., Potvin, F., 2007. Density-related effects of deer browsing on the regeneration dynamics of boreal forests. J Appl Ecol 44, 552-562. doi:10.1111/j.1365-2664.2007.01290.x

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