L’altération du transit sédimentaire des fleuves et rivières par les activités humaines est devenue une préoccupation majeure des gestionnaires de la ressource en eau. Les sédiments fins posent notamment problème au niveau des ouvrages hydroélectriques, où ils peuvent être piégés dans les retenues, se déposer dans les canaux d’amenée ou de fuite, ou s’amasser au niveau de garages d’écluses dans certains cas. Ils peuvent également former des dépôts dans les canaux d’amenée des circuits de refroidissement de centrales nucléaires. Une véritable gestion de ces sédiments fins doit être établie. Les dragages sédimentaires, par exemple, sont des opérations d’entretien couramment réalisées sur les fleuves et rivières. Ils consistent à extraire les sédiments fins accumulés à l’aide d’une drague, et à les remettre en suspension dans une zone plus courante. Concernant les retenues, les opérations de chasse ont pour objectif de déstocker une partie des sédiments fins accumulés à l’amont du barrage. La multiplication de ces opérations depuis quelques années amène les pouvoirs publics à s’interroger sur les effets de telles opérations sur l’écosystème aquatique, et en particulier sur les peuplements piscicoles.

Une étude bibliographique récente (Richard et al., 2014) a montré qu’en dépit d’une abondante littérature concernant les effets des matières en suspension (MES) sur les poissons, de nombreux points restent lacunaires. En particulier, la plupart des études se sont intéressées à des espèces de Salmonidés (par ex., Newcombe and Jensen, 1996) : il n’y a quasiment aucune information sur des espèces de Cyprinidés, alors même que cette famille est la plus représentée dans nos eaux. De plus, les réponses physiologiques en relation avec la concentration de MES sont mal connues, en particulier dans la gamme de concentrations susceptibles d’être engendrées par une opération d’entretien.

L’objectif de ce travail sera d’évaluer en conditions expérimentales contrôlées l’effet de différentes concentrations de MES sur des juvéniles de poissons cyprinidés (espèces à déterminer). En particulier, le candidat s’intéressera à des réponses physiologiques telles que les hormones de stress, les dommages liés au stress oxydatif, et la production de défenses anti-oxydantes. Une approche histologique complémentaire sera possible.

Ce travail s’inscrit dans un projet de recherche soutenu par Electricité de France (EDF) et la Compagnie Nationale du Rhône (CNR), en partenariat avec l’INRA de Thonon les Bains et l’Université de Lyon (LEHNA).

Le poste de travail sera partagé entre l’Université des Sciences Appliquées de Genève (Haute école du paysage, d’ingénierie et d’architecture – hepia) et l’INRA de Thonon-les-Bains.

Encadrement et contacts :
– Prof. Franck Cattanéo (hepia) – [email protected] – Tél. : (+41) 22 546 68 46,
– Dr Alexandre Richard (SCIMABIO Interface) – [email protected]
– Dr Jean Guillard (INRA Thonon) – [email protected]

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