Les forêts européennes font face à des pullulations d’insectes ravageurs dont les défoliations répétées provoquent un ralentissement de croissance des arbres et peuvent entraîner un dépérissement des forêts. L’effet négatif des défoliations sur la croissance et le développement des arbres peut être combiné à d’autres insectes herbivores et/ou pathogènes, affaiblissant d’autant plus l’hôte et le rendant plus vulnérable à d’autres ravageurs secondaires ou pathogènes de faiblesse.
Les bases génétique et moléculaires de la résistance des plantes aux herbivores d’une part et aux pathogènes d’autre part sont de mieux en mieux connues. Notamment, les voies métaboliques mises en jeu dans les défenses contre les agents biotiques sont en partie partagées entre herbivores et pathogènes. D’autres voies sont au contraire antagonistes. En conséquence, les défenses mises en place par la plante pour lutter contre les pathogènes peuvent limiter ou au contraire accroître la sensibilité vis-à-vis des herbivores, et inversement. Les interactions entre herbivores et pathogènes des plantes peuvent ainsi être synergiques, antagonistes ou neutres. Le type d’interaction peut avoir des conséquences majeures sur la croissance et la survie des plantes. La présence de pathogène va jouer un rôle direct sur la structuration de la communauté des insectes phytophages et sur leurs performances en agissant sur la prédation, le parasitisme, le taux de croissance ou le temps de développement des insectes. A l’inverse la présence d’herbivore va agir sur la sensibilité de la plante aux pathogènes.
La chenille processionnaire du chêne (CPC), Thaumetopoea processionea, est un des principaux ravageurs des forêts de chênes décidus en Europe. Ses pullulations entraînent de graves problèmes de dépérissement forestier et génèrent des risques importants pour la santé humaine en raison de son caractère urticant. La CPC apparaît au début du printemps sur les premières pousses de l’année et leur consommation réduit fortement la croissance de l’arbre. Par la suite, les feuilles nouvellement formées feront face aux défoliations par la CPC mais également aux attaques par des pathogènes comme l’oïdium du chêne, Erysiphe alphitoides, qui apparait sur les feuilles au cours du printemps. La présence d’oïdium sur les feuilles consommées par les CPC pourrait réduire les performances (croissance, survie, consommation, assimilation) de cette dernière. On s’attend également à une réponse différente de l’arbre suivant qu’il est attaqué par la processionnaire seule, l’oïdium seul ou par les deux en même temps.
Le stage abordera la question des interactions plantes-pathogènes-herbivores à partir du modèle chêne-oïdium-chenille processionnaire. En particulier, nous chercherons à mettre en évidence la nature des interactions entre oïdium et chenilles processionnaires et à explorer les déterminants moléculaires et génétiques de cette interaction. Les expérimentations seront réalisées en laboratoire avec les chênes issus d’un croisement contrôlé, sur les feuilles de différents génotypes de chênes pédonculé, sessile, et hybride. L’étudiant(e) réalisera un élevage de CPC dont les œufs seront récoltés en automne 2017 et manipulera des souches d’oïdium pour contrôler l’inoculation du pathogène sur les feuilles de chêne, dans le but d’estimer les performances de la CPC suivant l’espèce de chêne, son génotype et l’infection ou non par l’oïdium.
Le stage, gratifié à hauteur d’environ 550 € par mois, se déroulera du mois de Janvier au mois de Juin 2018, au sein de l’unité de recherche Biogeco basée à Cestas-Pierroton. Nous recherchons un(e) étudiant(e) avec une formation en écologie et un intérêt certain pour les interactions entre organisme, motivé(e) et autonome, capable de mener à bien les élevages et les expérimentations. De plus les manipulations de la processionnaire du chêne sont susceptibles d’entraîner des urtications, ce stage est donc déconseillé aux personnes présentant des allergies. Pour tout complément d’information, contacter Thomas Damestoy ([email protected] – tel : +33 (0)5 35 38 53 21).

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