L’objectif principal de ce projet est d’évaluer l’impact potentiel de différents scénarios de Politique Agricole Commune sur la structure et la composition des communautés d’oiseaux nicheurs en Europe.

En 25 ans les populations d’oiseaux nicheurs en milieu agricole ont décliné d’environ 30% à l’échelle de l’Europe. Les causes majeures de déclin de l’avifaune agricole sont les pratiques agricoles intensives, l’homogénéisation et la destruction des habitats. Par ailleurs, de récents travaux ont mis en évidence des effets globaux très mitigés des mesures de conservation en milieu agricole (Princé et al. 2012 ; 2013). Aussi, la nécessité de concilier production agricole et biodiversité, en améliorant les mesures de conservation existantes et en intégrant les considérations environnementales dans les futures politiques agricoles, est devenue une préoccupation majeure. Dans ce contexte, le développement d’approches prédictives est utile pour prédire les impacts des changements potentiels de l’utilisation des terres, et est par conséquent un réel outil d’aide à la décision pour élaborer les futures politiques agricoles.
Le développement de telles approches a notamment permis de montrer un déclin généralisé des populations d’oiseaux agricoles en France à l’horizon 2020 en réponse aux différents scénarios existants à la veille de la réforme de la PAC 2013-2020 (Chiron et al. 2013). Des travaux récents montrent que la PAC votée par les Etats membres de l’UE en 2014 ne permettrait pas de réduire le déclin des oiseaux agricoles en Europe (Chiron et al. 2013), et cela malgré l’adoption d’un scenario « vert » (i.e. favorisant l’augmentation des prairies et la diversité des cultures). Afin d’améliorer les futures Politiques Agricoles à l’échelle européenne, la question se pose donc de comprendre les raisons de ce faible succès prédit. L’hypothèse principale est que l’efficacité des mesures mises en place à travers cette nouvelle réforme dépend de la variabilité géographique entre les régions. On s’attend par exemple à ce qu’il existe un seuil d’efficacité des mesures liées au scénario « vert » en fonction du contexte agricole régional (ex. rajouter des prairies aura un effet limité dans des régions d’élevage extensif/forte proportion de prairies) ou du contexte en espèces (ex. régions déjà riches et diversifiées en habitats et en oiseaux). D’autre part, nous ne savons pas quelles composantes de la diversité des communautés (hors abondance) répondent positivement ou négativement aux mesures mises en place dans le cadre de la nouvelle PAC (ex. la diversité taxonomique, fonctionnelle et/ou phylogénétique).

Le projet se basera sur les données fournies par le Pan-European Common Bird Monitoring Scheme (http://www.ebcc.info/pecbm.html), un consortium européen des programmes nationaux de suivi des oiseaux nicheurs à l’echelle Europenne. Les données des oiseaux nicheurs sont particulièrement appropriées. Les changements au sein des communautés d’oiseaux seront évalués à travers différents indicateurs de variation de composition des communautés tels que l’indice de spécialisation à l’habitat (CSI, Julliard et al. 2006) ou encore l’indice trophique des communautés (Princé et al. 2013). Par ailleurs, les variations d’abondance des différents spécialistes des milieux agricoles (milieux céréaliers vs. milieux prairiaux, Princé et al. 2013). Les données agricoles correspondent aux scénarios CAPRI mis à jour récemment à l’issue de la réforme de la PAC pour la période 2014-2020, à l’échelle NUTS2 (régions). L’étudiant devra également croiser également croiser ces données avec les données Corine Land Cover afin d’extraire les informations relatives au contexte agricole de la région.

Des compétences sont souhaitées en analyse de données / modélisation dans R, et en statistiques. Des connaissances de base en écologie des communautés et/ou agroécologie peuvent être appréciées. L’etudiant devra faire preuve d’une capacité de synthèse et de réflexion conceptuelle pour le bon déroulement de ce projet de Master 2.

Le projet sera co-supervisé par Karine Princé ([email protected]) et François Chiron ([email protected]) à Paris (MNHN). À l’heure actuelle, il n’y a pas de projet de thèse prévu.

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