Titre du stage :
Prédire l’aire de répartition des espèces invasives à travers le temps

Laboratoires d’accueil :
UMR 8079 Ecologie, Systématique, Evolution, Université de Paris Sud

Responsables du stage :
Nom : Morgane Barbet-Massin, Céline Bellard, Franck Courchamp
Email : [email protected], [email protected], [email protected]

Références dans le domaine :
Broennimann O & Guisan A (2008). Predicting current and future biological invasions: both native and invaded ranges matter. Biology Letters 4(5): 585-589.
Villemant C, Barbet-Massin M, Perrard A, Muller F, Gargominy O, Jiguet F, Rome Q (2011). Predicting the invasion risk by the alien bee-hawking Yellow-legged hornet Vespa velutina nigrithorax across Europe and other continents with niche models. Biological Conservation 144(9): 2142-2150.

Description du stage:

Contexte
Les espèces invasives constituent l’une des principales menaces pesant actuellement sur la biodiversité. Il est donc primordial de prédire les régions dans lesquelles les espèces invasives récemment introduites pourraient coloniser rapidement, de manière à pouvoir lutter le plus efficacement possible. Pour cela, les modèles de prédiction de répartition ont commencé à être utilisés depuis quelques années. Les modèles de prédiction de répartition consistent à relier les données de répartition connues d’espèces avec des variables environnementales prédictives pour modéliser leur aire de répartition. Ces modèles sont devenus un outil central en biogéographie et en biologie de la conservation, notamment pour évaluer les effets des changements climatiques sur la biodiversité. Les prédictions obtenues dans le cas d’espèces invasives doivent être interprétées avec précaution, car au début d’une invasion, une espèce invasive n’est pas encore à l’équilibre avec son environnement dans la zone d’invasion (une hypothèse clé des modèles de prédiction de répartition). Il est donc important de pouvoir évaluer dans quelle mesure de tels modèles peuvent s’avérer utiles pour prédire les invasions biologiques.

Objectif du stage
L’objectif du stagiaire sera d’utiliser des modèles de prédiction de répartition pour prédire l’invasion potentielle de certaines espèces invasives à partir de l’aire native ou de plusieurs fronts d’invasion, et d’évaluer leur performance. Pour cela, il serait idéal de travailler avec plusieurs espèces (idéalement de plusieurs taxons), des espèces pour lesquelles des données sur l’historique du front d’invasion sont disponibles (données d’occurrence sur la zone d’invasion pour au moins deux intervalles de temps). Ainsi, il sera possible de calibrer les modèles de prédiction de répartitions en utilisant des données issues à la fois de la zone native mais également de la zone d’invasion (pour la première période d’invasion) et d’évaluer la performance de ces modèles en comparant les prédictions avec les données récentes d’invasion. Il sera également possible d’analyser quelles sont les variables (température, précipitation, habitat, …) à l’origine de la faible performance des modèles et dans quels cas ces modèles ne sont pas utiles, de manière à optimiser les prédictions.

Les résultats pourront avoir des impacts significatifs sur les travaux actuellement publiés dans ce domaine, et pourront donc faire l’objet d’un article dans une revue internationale.

Compétences requises
Il est préférable que le stagiaire ait une bonne connaissance du logiciel de statistiques et programmation R, et qu’il soit motivé par la modélisation.
Connaître les modèles de prédiction de répartition, et leur utilisation en biogéographie serait un avantage mais n’est pas indispensable au bon déroulement du stage.
Ce stage permettra au stagiaire d’acquérir ou d’approfondir ses connaissances sur les modèles de prédiction de répartitions d’espèces dans le contexte des espèces invasives, à la fois sur les aspects techniques et conceptuels. Ces outils étant également très utilisés pour évaluer les conséquences des changements globaux, cette expérience pourra être bénéfique pour un étudiant souhaitant s’orienter dans des thématiques de recherche liées aux changements globaux, macroécologie, biogéographie ou biologie de la conservation.

Ce stage ne se poursuivra pas par une thèse

Le contenu de cette offre est la responsabilité de ses auteurs. Pour toute question relative à cette offre en particulier (date, lieu, mode de candidature, etc.), merci de les contacter directement.

Pout toute autre question, vous pouvez contacter [email protected].