Problématique du stage :
La diversification végétale est considérée comme une stratégie de gestion prometteuse pour favoriser la biodiversité, améliorer le fonctionnement des agro-écosystèmes et augmenter les rendements des cultures dans divers systèmes agricoles. Elle peut être mise en place à différentes échelles – la parcelle, la bordure de la parcelle, le paysage – et cibler les plantes cultivées comme les plantes non cultivées. Les stratégies basées sur la diversification des plantes non cultivées reposent principalement sur l’association de différentes cultures (mélanges variétaux par ex.), et leur organisation dans l’espace et le temps (diversification des assolements et rotations). A l’inverse, d’autres stratégies reposent sur la diversification des plantes non cultivées, par le maintien des éléments non cultivés existants (bords de champs herbeux, haies), ou par l’introduction de nouveaux éléments paysagers (haies nouvelles, bandes enherbées ou fleuries).
Les travaux ayant évalué les effets de la diversité végétale non cultivée sur les pollinisateurs et/ou la pollinisation ont montré que les éléments non cultivés fournissent des ressources (nectar, pollen) aux pollinisateurs, et que la diversité des plantes non cultivées aux abords des parcelles augmente la diversité et les abondances des pollinisateurs dans les cultures. A l’échelle du paysage, la diversité, l’étendue et l’agencement spatial de certaines cultures et des éléments non cultivés – i.e. l’hétérogénéité du paysage – jouent un rôle important pour les pollinisateurs et les services de pollinisation. En dépit de cette littérature abondante, il n’existe pas de travaux ayant évalué de façon comparative et à différentes échelles (bordure/parcelle, paysage), les influences respectives des niveaux de diversité végétale cultivée et non cultivée sur les communautés de pollinisateurs et les services de pollinisation. On ignore donc si les stratégies de diversification de la végétation cultivée et non cultivée sont complémentaires voire synergiques pour promouvoir ces services. De plus, l’efficacité de ces stratégies de diversification est susceptible de varier en fonction des modalités de leur gestion par les agriculteurs et de l’hétérogénéité du paysage environnant. Tenir compte de ces divers facteurs est important pour mieux identifier les conditions de mise en œuvre des stratégies de diversification végétale.

Objectifs du stage :
Les objectifs du stage sont d’explorer les effets de la diversité végétale non cultivée et cultivée à différentes échelles sur les communautés de pollinisateurs, en répondant aux questions suivantes : (i) la diversification de la végétation non cultivée et cultivée augmente-t-elle la diversité des pollinisateurs dans les bordures, dans les parcelles ? (ii) quels sont les effets relatifs de la diversité végétale locale, et de la diversité des cultures et éléments non cultivés à l’échelle du paysage sur les pollinisateurs ?
Le travail sera réalisé en mobilisant un réseau existant de sites d’études situés dans la Zone Atelier Armorique au sud de l’Ille et Vilaine. Ce réseau fait l’objet de suivis des interactions entre biodiversité des cultures, pratiques agricoles et hétérogénéité du paysage depuis plusieurs années par l’unité INRA BAGAP. Le travail de stage pourra ainsi bénéficier des nombreuses données disponibles concernant les pratiques et systèmes de cultures mis en œuvre par les agriculteurs du réseau, et concernant la cartographie des paysages.

Travaux attendus:
1. Bilan des connaissances bibliographiques sur les facteurs (agricoles, paysagers, biologiques) susceptibles d’affecter les communautés de pollinisateurs et le service de pollinisation.
2. Réalisation de mesures sur le terrain visant à caractériser la diversité des communautés de pollinisateurs (identification en morpho-groupes), et à décrire les conditions environnementales locales (végétation) et paysagères (relevés d’occupations du sol). Ces suivis seront réalisés avec l’appui des encadrants de stage et du personnel technique de l’unité BAGAP.
3. Mise en relation des données environnementales et biologiques, par des analyses descriptives et statistiques, pour la période de suivi pendant laquelle le stage est réalisé.
4. Rédaction d’un rapport synthétique et présentation des résultats à l’unité d’accueil.

Compétences requises : solides connaissances en écologie du paysage et en analyses statistiques ; goût prononcé pour le travail de terrain ; des connaissances en SIG sont un avantage pour le stage.

Unité d’accueil : INRA, UMR BAGAP, 65 rue de Saint Brieuc, Rennes.

Encadrants de stage :
Stéphanie Aviron et Audrey Alignier (UMR BAGAP)

Période du stage :
Mars – septembre 2018 (modulable selon le cursus)

Indemnité de stage : tarif en vigueur (environ 500-550€ par mois). Les frais de déplacement sont pris en charge par l’unité (véhicule de service fourni).

Personne de contact pour information et envoi des candidatures :
Stéphanie Aviron : [email protected]
Audrey Alignier : [email protected]

Date limite de candidature : 31 janvier 2018

Le contenu de cette offre est la responsabilité de ses auteurs. Pour toute question relative à cette offre en particulier (date, lieu, mode de candidature, etc.), merci de les contacter directement.

Pout toute autre question, vous pouvez contacter [email protected].