Contexte :
Les changements globaux liés aux activités humaines ont actuellement des conséquences dramatiques sur la biodiversité, de manière directe mais également par des disparitions d’espèces en cascade, consécutives de la modification des réseaux d’interaction. L’étude des réseaux plante-pollinisateur est en cela cruciale en raison des pertes élevées d’espèces parmi les pollinisateurs, notamment Apoïdés (abeilles et bourdons sauvages) et Syrphidés, de leur rôle majeur pour les services écosystémiques de pollinisation des cultures, et comme modèle de réseau mutualiste. Le programme ANR ARSENIC (Adaptation and Resilience of Spatial Ecological Networks to human-Induced Changes, porté par F. Massol CR CNRS laboratoire EEP) a pour objectif de comprendre les effets des changements globaux sur les réseaux d’interactions, en utilisant une approche liant modèles de coévolution et analyses de données existantes ou collectées dans le cadre du projet.
L’objectif ici est de mieux comprendre les compositions et variations de structure des réseaux d’interaction plante-pollinisateur le long d’un gradient de richesse spécifique. Six sites de pelouse calcaire répartis dans 3 régions (Occitanie, Normandie, Hauts de France) ont été suivis mensuellement d’avril à octobre 2016. Au total environ 6000 Apoïdés et Syrphes butinant les espèces végétales en fleur ont été collectés, chaque interaction a été notée et les réseaux fondés sur ces informations ont été construits. Par ailleurs, le pollen des espèces végétales en fleur chaque mois a été également collecté, avec l’objectif de créer un catalogue des pollens de référence.

Objectif:
L’objectif du stage est de construire et analyser les réseaux d’interaction fondés sur le pollen trouvé sur le corps d’un sous-échantillonnage d’insectes capturés (environ 450 individus, Famille : Apoidea) sur 3 sites, afin de comparer et compléter les réseaux construits sur les interactions observées.
Au delà de la compréhension des conséquences de l’appauvrissement en espèces sur les écosystèmes, la comparaison des réseaux fondés sur l’observation de l’interaction à ceux fondés sur les pollens collectés est une question jamais abordée à notre connaissance. Ce projet aura également pour résultat de produire une exceptionnelle base de données sur les interactions observées pour un grand nombre de plantes et d’insectes pollinisateurs. Enfin, les réseaux obtenus constitueront un excellent outil pour la gestion et conservation des espèces et des communautés de pelouse calcaire, un milieu faisant l’objet de nombreux programmes de conservation.

Programme :
1. Collaboration avec l’Université de Louvain (Prof. Anne-Laure Jacquemart) : formation à l’identification de grains de pollen de différentes famille d’Angiosperme ;
2. Travail en laboratoire pour l’identification des grains de pollen à partir des lames de pollen récolté sur les échantillons ;
3. Construction d’une base de données sur les interactions plantes-pollinisateurs à partir du pollen identifié ;
4. Analyses des données sous R : métriques d’analyses pour l’étude des réseaux plantes-pollinisateur et comparaison avec les réseaux construits sur la base des observations effectuées sur le terrain.

Connaissances demandées : en biologie végétale, écologie, entomologie, statistique et bonne connaissance du logiciel R.

Responsables du stage : Nina Hautekèete, Yves Piquot et Natasha de Manincor
Laboratoire(s) de Rattachement : EEP Lille
Téléphone : 03 20 43 67 48

Candidatures:
Les candidatures se feront par mail aux co-encadrants du stage, avec CV et lettre de motivation, avant le début de l’année 2018:
Nina Hautekèete : [email protected] ;
Yves Piquot : [email protected] ;
Natasha de Manincor : [email protected]
François Massol : [email protected]

Le contenu de cette offre est la responsabilité de ses auteurs. Pour toute question relative à cette offre en particulier (date, lieu, mode de candidature, etc.), merci de les contacter directement.

Pout toute autre question, vous pouvez contacter [email protected].