Titre :
Ça va faire du bruit ! Comparaison de la sensibilité à la pollution sonore entre un poisson exotique et son compétiteur natif

Mots-clés :
Bioacoustique, comportement, invasions biologiques, approche expérimentale, poissons

Résumé :
Altération de la qualité physico-chimique de l’eau, modification des régimes hydriques ou encore destruction des habitats, les atteintes portées aux écosystèmes d’eau douce sont multiples. Les bruits anthropogéniques associés au commerce fluvial et au loisirs nautiques constituent un autre stresseur environnemental dont la prise en compte n’est que très récente dans les eaux douces (Bolgan et al. 2016). Les effets sur les organismes aquatiques et notamment les poissons sont très variés, pouvant aller de simples ajustements comportementaux jusqu’à une diminution du succès reproducteur ou de la survie (Popper & Hastings 2009 ; Kight & Swaddle 2011 ; Cox et al. 2018). Si les réponses individuelles sont bien documentées, les conséquences de la pollution sonore à l’échelle des communautés et sur le fonctionnement des écosystèmes sont encore méconnues.
Les communautés biologiques des écosystèmes d’eau douce hébergent des espèces présentes depuis l’Holocène, dites natives, et des espèces qualifiées d’exotiques qui sont arrivées plus tardivement, souvent aidées par les activités humaines. Certaines espèces exotiques peuvent présenter un caractère proliférant et sont qualifiées d’espèces exotiques envahissantes, ou espèces invasives. Les invasions biologiques sont aujourd’hui reconnues comme la deuxième cause du déclin accéléré de la biodiversité, après la fragmentation et la destruction des habitats. Une hypothèse pour expliquer le succès des espèces invasives serait leur grande tolérance aux facteurs environnementaux (Zerebecki & Sorte 2011), qui pourrait également augmenter leur compétitivité comparativement aux espèces natives. Cette hypothèse n’a jamais été testée en rapport avec la pollution sonore.
L’objectif du stage est de comparer la réponse au stress acoustique d’un poisson exotique envahissant et de son analogue natif. Plus particulièrement, nous caractériserons leur réponse fonctionnelle, qui correspond à la relation entre le taux de prédation et la densité en proies (Holling 1959), et mesurerons une batterie de comportements associés à différents contextes sociaux dans deux environnements sonores (bruits d’activité nautique ajouté à du bruit de fond ou bruit de fond uniquement). Le choix des modèles biologiques n’est pas encore arrêté mais les espèces exotiques pourraient être le gobie à tache noire (Neogobius melanostomus) ou la perche soleil (Lepomis gibbosus), qui ont comme analogues natifs le chabot (Cottus gobio) et la perche commune (Perca fluviatilis), respectivement.

Encadrement / Contact :
Vincent Médoc, Laboratoire ENES, Université Jean – Monnet
[email protected]
Marilyn Beauchaud, Laboratoire ENES, Université Jean – Monnet
[email protected]

Bibliographie :
Bolgan, M., Chorazyczewska, E., Winfield, I. J., Codarin, A., O’Brien, J., & Gammell, M. (2016). First observations of anthropogenic underwater noise in a large multi-use lake. Journal of Limnology, 75, 644-651.
Cox, K., Brennan, L. P., Gerwing, T. G., Dudas, S. E., & Juanes, F. (2018). Sound the alarm: A meta‐analysis on the effect of aquatic noise on fish behavior and physiology. Global change biology, 24, 3105-3116.
Holling, C. S. (1959). Some characteristics of simple types of predation and parasitism. The Canadian Entomologist, 91, 385–398.
Kight, C. R., & Swaddle, J. P. (2011). How and why environmental noise impacts animals: An integrative, mechanistic review. Ecology Letters, 14, 1052–1061.

Popper, A. N., & Hastings, M. C. (2009). The effects of anthropogenic sources of sound on fishes. Journal of Fish Biology, 75, 455–489.

Zerebecki, R. A., & Sorte, C. J. (2011). Temperature tolerance and stress proteins as mechanisms of invasive species success. PLOS one, 6, e14806.

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