Fructifications forestières et contextes locaux : quels effets sur les déplacements des sangliers et leur utilisation des cultures agricoles ?

Le sanglier est une espèce presque omniprésente et en fort développement en France et en Europe (Massei et al., 2015). Cette espèce très prolifique peut entrer en conflit avec les activités humaines, problématique particulièrement épineuse en cas de régulation et/ou prélèvements insuffisants. Cela peut se traduire par des impacts fort sur les cultures agricoles, générant des coûts financiers très significatifs auxquels peuvent s’ajouter des effets sur les milieux, avec un impact en termes de biodiversité et ou de fonctionnement des écosystèmes forestiers. Enfin, des effectifs trop importants peuvent se traduire par des conséquences sociétales en termes de sécurité ou sanitaire, via une augmentation des collisions routières et ferroviaires, et/ou l’effet de réservoir de pathologies transmissibles à la faune domestique voir à l’homme. En parallèle, les populations de sangliers sont souvent un support important de l’activité cynégétique, activité structurante dans ses dimensions sociale, économique et territoriale. C’est pourquoi une gestion rigoureuse et durable de ces populations doit être mise en place. L’élaboration et le développement des outils de gestion constituent un axe important de l’activité de l’unité Cervidés Sanglier de l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage (ONCFS).
Malgré de nombreux enjeux autour de cette espèce, l’étude de Morelle et al., (2014) indique que son écologie spatiale et ses mouvements sont peu étudiés par rapport à d’autres espèces d’ongulés. Toutefois, des études ont déjà montré que les sangliers se déplaçent en gérant un un compromis entre les zones à forte quiétude et les zones à forte ressource alimentaire (Keuling et al., 2008; Tolon et al. 2009, Said et al., 2012). Un stage de M1 réalisé sur les déplacements des sangliers dans la Réserve nationale de Chasse et de Faune Sauvage (RNCFS) de La Petite Pierre a permis de retrouver trois type d’utilisation de des zones d’interface forêt-culture, comme décrit par Keuling et al. (2008). Toutefois à La Petite Pierre les proportions respectives de ces trois modes de fonctionnement sont très différentes de celles obtenues dans l’étude de Keuling et al. (2008), laissant penser que le contexte environnementale peut grandement influence les modalités de déplacements des sangliers.
Pour poursuivre dans cette démarche, le travail de ce Master 2 sera d’explorer à travers l’analyse de données GPS le rôle de l’alimentation naturelle principale des sangliers, à savoir les fructifications forestières (glandées ou fainées selon les sites) sur les déplacements des sangliers et en particulier sur l’utilisation des zones de cultures proches. Une double hypothèse est formulée :
(i) les années de faible fructification forestière devraient favoriser la sortie des sangliers dans le milieu agricole et donc augmenter les impacts associés sur ce milieu. On s’attend à ce que ses effets soit particulièrement sensibles en période automnale ou printanière de l’année n+1, au moment où les cultures agricoles sont les plus vulnérables (par exemple : avant récoltes des maïs et/ou au moment du semis de celui-ci). ;
(ii) les années de forte fructification, qui précèdent souvent une année à faible glandée, les déplacements vers l’extérieur de la forêt devraient être moins important, ce qui entrainerait moins de dégâts agricoles.

Les données ont été récoltées dans la RNCFS de La Petite Pierre (67) et dans le Territoire d’Etudes et d’Expérimentation (TEE) de Châteauvillain-Arc-en-Barrois. Les 2 territoires ont fait l’objet de suivis par collier GPS-GSM des sangliers depuis plusieurs années. Ils disposent aussi d’un suivi et d’une mesure de la fructification forestière depuis plusieurs années. Ils différent cependant en terme de climat et d’activité cynégétiques, différences connues qui seront utilisées pour interpréter a posteriori d’éventuelles différences entre sites.

Gratification au tarif légal (540 euros/mois)
Un logement sera mis à disposition selon les disponibilités à Birieux (32€/mois)

Entité d’accueil : Département de Recherche et de l’Expertise de l’ONCFS (Unité Cervidés-Sanglier)
Structures d’accueil : Le stage se déroulera au sein de l’ONCFS (site de« Montfort » 01330 Birieux) avec Sonia Saïd et Eric Baubet, en collaboration avec Simon Chamaillé-Jammes (Centre d’Ecologie Fonctionnelle et Evolutive, Montpellier).

Contacts:
Sonia Saïd [email protected]
Eric Baubet [email protected]
Simon Chamaillé-Jammes [email protected]

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