Contexte du stage

Le stage s’inscrit dans un projet sur l’écologie des termites parisien mis en œuvre par l’Institut de Recherche sur la Biologie de l’Insecte (IRBI, UMR CNRS 7261) de l’Université de Tours, et financé par la Mairie de Paris (DLH et Service Technique de l’Habitat). Le Muséum national d’Histoire naturelle intervient dans l’approche complémentaire en sciences sociales.

Un arrêté préfectoral du 21 mars 2003 classe Paris en zone infestée par les termites ou susceptible de l’être à court terme. L’ensemble du territoire parisien est devenu une zone de surveillance et de lutte contre les termites. Du fait de l’importance des infestations dans la capitale et ses alentours, les termites sont sans doute présents à Paris depuis plusieurs siècles, bien que leur présence ne soit relatée que depuis le début du 20e siècle, mais surtout depuis la fin de la 2nde guerre mondiale.

Certains quartiers sont très touchés, dont ceux des Épinettes (17e), des Ternes et de la Muette (16e), du Quai de La Gare (13e) ou de la Sorbonne (5e). Cependant, tous les arrondissements sont concernés par au moins un immeuble déclaré ou connu comme termité. Récemment, des habitants du 14e (près de l’hôpital Cochin) ont dû être relogés en urgence du fait de la dangerosité des dégâts dus aux termites dans leur immeuble.

Les autorités publiques de la ville de Paris s’inquiètent des nuisances associées à la présence de termites, voire des problèmes sanitaires et sociaux associés. En 2012, le conseil de Paris a voté une contrainte de déclaration et de traitement pour les propriétaires parisiens. Paris est la seule ville en France et en Europe à avoir pris cette décision importante, qui vise, pour les autorités, à limiter les contaminations par mitoyenneté. Or cette obligation n’a pas été suivie des faits : les propriétaires ne déclarent pas la présence de termites chez eux.

Objectifs et contenu du stage

L’objectif de ce stage est d’explorer le paradoxe suivant : pourquoi la présence d’une espèce qui cause des dégâts dans les habitations n’est pas déclarée par les particuliers alors même qu’une lutte collective est la plus efficace ? Est-ce qu’il ne s’agit que d’une méconnaissance de l’espèce et des dégâts qu’elle peut causer ?

Le/la stagiaire devra rendre compte des perceptions, des connaissances et des actions associées aux termites à Paris en abordant notamment les questions suivantes:

– Comment les citadins se représentent-ils les termites et sur quels types de connaissances fondent-ils leurs perceptions ?

– Comment évaluent-ils la présence (ou l’absence) des termites et éventuellement leur menace ? sur quels indices ?

– Propriétaire, locataire ou voisin : peut-on vivre avec les termites? quand ceux-ci deviennent-ils indésirables ?

– Quelles relations les habitants entretiennent-ils entre eux à propos des termites ? quelles sont les relations avec les différents services en charge des termites ?

Méthodes:

Le/la stagiaire explorera ces questions dans différents contextes parisiens, définis en croisant des données écologiques (présence et degré de colonisation des termites), des données politiques (mise en œuvre de politiques locales de sensibilisation et de lutte contre les termites), des données de structure de l’habitat et des données socio-économiques (par exemple en utilisant les découpages infra communaux en IRIS de l’INSEE).

Des enquêtes par entretiens principalement et à l’aide de questionnaires seront menées auprès des habitants des quartiers infestés (locataires ou propriétaires de logements termités, mais aussi de logements mitoyens, syndics de copropriété des logements termités, association des responsables de copropriété…) et des acteurs politiques et économiques de la ville (services de la Mairie, Direction du logement et de l’habitat, prestataires et sociétés de lutte, UNECTPI…).

Lieu et encadrement du/de la stagiaire:

Le/la stagiaire sera accueillie au CESCO, Centre d’Ecologie et des Sciences de la Conservation, au Muséum national d’histoire naturelle de Paris. Il/elle sera co-encadrée par:

Nicolas Césard, ethnologue, chercheur associé au laboratoire d’Eco-anthropologie et ethnobiologie (UMR7206, CNRS/Muséum national d’Histoire naturelle)

Anne-Caroline Prévot, chercheuse CNRS en biologie et psychologie de la conservation, CESCO

Luc Semal, Maître de conférences au CESCO en sciences politiques

Conditions et financement du stage

Durée : 6 mois
Date de début souhaitée : 1er mars 2016
Financement : gratification de 530 euros/mois.

Candidature:

Envoyer CV et Lettre de Motivation à Nicolas Césard ([email protected]), Anne-Caroline Prévot ([email protected]) et Luc Semal ([email protected])

Date limite de candidature: 15 décembre 2015

Profil recherché :

Le stage s’adresse à un(e) candidat(e) formé(e) ou familiarisé(e) aux méthodes qualitatives de la recherche en sciences sociales (conduite d’entretiens, construction de questionnaires, observation participante). Une certaine familiarité avec le thème, ou plus largement avec les insectes ou les relations entre les hommes et les animaux, est un plus.

Le contenu de cette offre est la responsabilité de ses auteurs. Pour toute question relative à cette offre en particulier (date, lieu, mode de candidature, etc.), merci de les contacter directement.

Pout toute autre question, vous pouvez contacter [email protected].