Les fourmis sont-elles potentiellement des ingénieurs des écosystèmes pour la restauration des forêts sèches de Nouvelle-Calédonie ?

Stagiaire F/H – Stage de Master 2
Durée et type de contrat : Stage
Niveau d’études : BAC+5
Thématique : Ingénierie écologique, bio-indicateurs, fourmis, écologie des communautés, écologie de la restauration, changements d’usage des écosystèmes
Région : PACA et Nouvelle Calédonie
Ville : Avignon (84) et Nouméa
Type d’offre : Stage indemnisé
Date de début du contrat : 01/02/2016
Date de fin du contrat : 01/08/2016
Durée de la mission (mois) : 6 mois

DESCRIPTION DE L’OFFRE
Dans le contexte actuel de crise de la biodiversité, la restauration écologique d’habitats dégradés est devenue une des disciplines les plus importantes en science de l’environnement. Elle fait appel notamment à l’ingénierie écologique, une approche scientifique qui mêle recherche fondamentale (savoirs scientifiques) et recherche appliquée (ingénierie) pour recréer notamment des écosystèmes et ainsi préserver leur biodiversité. Un objectif clé en écologie de la restauration est ainsi le rétablissement d’écosystèmes autonomes, ayant la capacité de persister et de s’adapter sur le long terme à travers des changements évolutifs. Pour cela, une approche multi-espèces de la restauration des écosystèmes est nécessaire, en mettant l’accent sur la prise en compte des processus clés dans leur fonctionnement. Les interactions entre individus et populations sont à la base des règles d’assemblages des espèces et jouent un des rôles majeurs dans le fonctionnement et l’évolution des écosystèmes. Il est donc indispensable de comprendre la structuration des interactions entre espèces pour mener à bien des projets de restauration de sites dégradés.

La Nouvelle-Calédonie est considérée comme le deuxième point-chaud de biodiversité, caractérisée par un taux d’endémisme exceptionnel et des pressions anthropiques majeures. Une des grandes particularités de la Nouvelle-Calédonie réside dans la présence de sols riches en métaux et pauvres en minéraux essentiels aux végétaux, ce qui a conduit à des adaptations spécifiques, sources d’endémisme. Les forêts sèches de Nouvelle-Calédonie abritent un taux d’endémisme élevé. Sur 438 espèces végétales autochtones, 59 % sont endémiques. Malheureusement, soumises à de fortes pressions humaines, elles ont perdu 99 % de leur superficie originelle. Les feux, le pâturage, et l’exploitation minière ont ainsi contribué à la quasi disparition des ces habitats qui font place aujourd’hui à des milieux ouverts, maquis ligno-herbacés, maquis arborés, et des formations pré-forestières.

Parce qu’ils sont ubiquistes et très abondants, contribuent largement à la diversité des espèces, ont un rôle fonctionnel essentiel, peuvent être sensibles aux changements environnementaux, les insectes sont de très bons « indicateurs » de suivi du succès des programmes de gestion de l’environnement. C’est notamment le cas des fourmis car elles ont un rôle très important dans le fonctionnement des écosystèmes terrestres. Elles participent au recyclage des nutriments des sols, à leur aération et à leur porosité, en tant que prédateurs elles régulent les populations de nombreux autres arthropodes. Du fait de leurs multiples rôles dans le fonctionnement des écosystèmes, elles sont aussi considérées comme de véritables « ingénieurs » des écosystèmes.De plus, compte tenu de leur sensibilité aux perturbations et leur rôle clé de fonctionnement des écosystèmes, les fourmis constituent donc un modèle d’étude à privilégier en écologie de la restauration.

L’objectif du stage est donc de comprendre les facteurs qui structurent les populations et communautés de fourmis, et les relations de mutualisme qu’elles entretiennent avec les plantes afin de mettre en place des programmes de restauration efficaces. Plus particulièrement les objectifs de ce stage seront : (i) d’échantillonner les communautés de fourmis selon un gradient de succession végétale : maquis ligno-herbacés, maquis arborés, formations pré-forestières jusqu’au stade forêt mature.Des travaux de génie civil pour la restauration des sites exploités ont déjà été également entrepris au sein de sites miniers. Ces sites seront donc aussi échantillonnés afin d’évaluer l’efficacité de ces premières restaurations écologiques en les comparant au gradient de succession végétal spontané.Seront également mesurés des paramètres mésologiques caractérisant l’état actuel de chaque site (type de végétation, sol, etc.). Différents indicateurs seront ensuite mesurés (composition, richesse, diversité taxonomique et fonctionnelle) pour confirmer ou non l’existence d’un lien avec le niveau de résilience selon l’âge de la dernière perturbation ;(ii) enfin, par une approche fonctionnelle,d’identifier les espèces impliquées dans des relations de mutualisme avec les plantes (dispersion de graines) qui pourront être des espèces candidates (espèces ingénieures ou bio-indicatrices) pour la mise en place de projets d’ingénierie écologique.

Candidature :
Lettre de motivation,CV, résultats de Master 1 et lettres de recommandation à adresser par courriel à : [email protected]

Date limite d’envoi : 31 décembre 2015
Sélection : 1ère semaine de janvier

MISSION
Le stagiaire participera à :
– L’échantillonnage des communautés de fourmis dans les différents sites sélectionnés.
– Au tri et l’identification des fourmis échantillonnées
– L’analyse statistique des données (analyses univariées et multivariées).
– La rédaction d’un rapport de stage
– Le rapport intégrera une réflexion sur l’utilisation des fourmis en tant qu’espèces indicatrices de la résilience des écosystèmes perturbés et sur les potentialités de les utiliser en tant qu’espèces ingénieures des écosystèmes pour leur restauration et/ou comme espèces sentinelles de la réussite de cette restauration.

PROFIL CANDIDAT/E
– Stage de niveau Master 2 en écologie, biodiversité, restauration et valorisation écologique.
-Connaissances en écologie des communautés animales et/ou végétales.
– Connaissances des protocoles d’échantillonnage des insectes et/ou des plantes.
– Forte motivation pour le travail de terrain, l’identification des insectes.
-Maîtrise du traitement de données, statistiques.
– Sérieux, autonomie, sens de l’initiative, esprit d’équipe.
– Qualité rédactionnelle.
Niveau d’études : BAC+5

SALAIRE OU INDEMNISATION
Salaire/Indemnisation : Indemnisation selon le barème légal (554.40 euros/mois en 2015) pour 6 mois au maximum.

CONDITIONS DE TRAVAIL
– 3mois de terrain en Nouvelle-Calédonie dans la période de février à mai 2016.
– 1 aller-retour entre la métropole et la Nouvelle-Calédonie
– Possibilité de prise en charge d’une partie des frais de logement en Nouvelle-Calédonie.
– Pour la période de mai à août 2016 : Bureau, ordinateur sur IMBE, site Avignon

Encadrement : OlivierBlight (Maître de conférences, Univ. Avignon), Hervé Jourdan (IR IRD, Univ Aix-Marseille) et Thierry Dutoit (DR CNRS, Univ Avignon).

UMR CNRS-IRD IMBE
Adresse : IUT, site Agroparc BP 61207
Code postal : 84911
Ville : Avignon cedex 09
Site web :http://www.imbe.fr/
[email protected]

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