Offre stage – 6 mois – Niveau M2/ Ingénieur(e) – LECA Grenoble

Trajectoire passée de réponse aux changements d’un socio-écosystème de montagne et des services écosystémiques associés.

Contexte :
Le projet TRAJECTORIES s’intéresse aux enjeux du développement territorial durable, notamment face au changement climatique (https://trajectories.univ-grenoble-alpes.fr/). En tant que socio-écosystèmes marginaux, les régions de montagne sont potentiellement très vulnérables. Pour autant, la longue histoire de leur variabilité environnementale et leur statut économique et social marginal en font des cas exemplaires pour comprendre l’adaptation et la coévolution entre les sociétés humaines et leur environnement, avec des enseignements possibles pour d’autres régions. Pour cela, des travaux de recherche permettant la co-construction des trajectoires passées et futures des systèmes socio-écologique (SES) de montagne sont actuellement menés. Pour ce stage, le site d’étude sera la vallée de la Haute-Romanche ou Pays de la Meije (communes de La Grave et Villar d’Arène) situé dans les Hautes-Alpes (05). Le projet ANR MountainPaths, s’inscrit dans cette démarche de co-construction de trajectoires d’adaptation des territoires de montagnes aux changements climatiques et socio-économique à venir (http://www.plus.ethz.ch/research/forschungsprojekte/mtnpaths.html). Au travers d’une démarche participative, il vise notamment à explorer comment les services écosystémiques – contributions de la nature à la qualité de vie (Diaz et al. 2015) – peuvent être mobilisés pour engager des réflexions sur l’adaptation d’un SES de montagne. Une co-construction avec les acteurs du territoire de ces trajectoires permettra l’évaluation dans le temps et l’espace de la capacité des écosystèmes à supporter la demande sociale associée aux choix d’adaptation (services d’adaptation). Ces travaux s’intéresseront également à l’influence que peut avoir cette approche sur le contexte de décision pour l’adaptation en termes de valeurs, institutions, connaissances et ressources mobilisées par les acteurs (Gorddard et al. 2016, Fedele et al. 2017). C’est dans la dynamique de ces deux axes du projet que les travaux menés lors de ce stage s’inscriront.
Pour comprendre les réponses des territoires aux changements, il apparait pertinent de s’intéresser aux changements et les adaptations ayant eu lieu dans le passé (Fazey et al. 2015). Une analogie peut ainsi être faite entre les réponses aux évènements historiques et les futurs choix d’adaptations aux changements, mais peut aussi permettre d’identifier les freins et les leviers d’actions mobilisés par les acteurs.

Objectifs :
Retracer la trajectoire socio-écologique de la vallée alpine de la Haute-Romanche, en mettant l’accent sur les périodes de transition et de rupture d’une part et l’évolution des interactions homme/nature en réponse à ces changements d’autre part.
Pour cela, il s’agira d’identifier les points de ruptures mais également les changements continus, d’origines socio-économiques mais aussi climatiques et naturelles, ayant eu lieu sur le territoire du Pays de la Meije depuis la période d’après-guerre (70 ans). Puis, d’analyser les réponses du SES aux changements brusques ou continus liés à ces évènements ainsi que les mécanismes sous-jacents à l’adaptation. Enfin, d’évaluer l’évolution des bouquets de services écosystémiques associés à ces réponses.
L’objectif ultime sera alors la construction d’un modèle de réponse du territoire aux changements et de l’impact des réponses observées sur la demande et la fourniture en services écosystémiques du paysage. Modèle qui pourra être remobilisé lors des réflexions autours des trajectoires d’adaptation futures.
Plusieurs questions pourront être traitées:
Existe-t-il des corrélations entre ces évènements et le changement de pratiques et d’usages des milieux naturels ? Quels liens existent entre la dynamique d’utilisation des sols et le développement d’activités économiques en lien avec les écosystèmes sur le territoire depuis 1950 ? Par quels mécanismes institutionnels et sociaux le territoire s’est-il adapté à ces changements ? Quels ont été les points de décision clés pour répondre à ces changements ? Quelle dynamique des services écosystémiques associés à cette trajectoire dans le temps ?

Missions :
Approche envisagée :
– Identifier les changements et leurs causes au cours des 70 dernières années sur le territoire,
– Analyser les réponses en termes de changement de demande et d’usages des bénéfices des écosystèmes (matériels et immatériels) ainsi que les rétroactions positives ou négatives sur les écosystèmes. Analyser l’évolution des bouquets de services écosystémiques sur le territoire.
– Identifier les mécanismes (interactions entre valeurs, institutions, connaissances et ressources) mobilisés lors ces réponses.
Pistes d’analyses des tendances :
– Évolution des politiques publiques et des modes de gouvernance (nationales, régionales, locales) : Agricoles, protection des espaces/espèces, risques, touristiques, urbanisation/planification, énergie, eau, patrimoniale
– Évolution sociales : Demande et offre touristique, modes de consommations
– Évolution environnementales : changement climatique.

Méthodes :
– Analyse ex-post
– Entretiens
– Analyse d’archives
– Évaluation des services écosystémiques par bouquets (approches quantitative et qualitative)
– Frise chrono-systémique

Profil recherché :
Étudiant(e) issu(e) d’une formation pluridisciplinaire : Environnement/Écologie – Géographie – Sciences Politiques et Sociales.
– Compétences en collecte, traitement et synthèse d’informations hétérogènes
– Connaissance des problématiques environnementales et des politiques publiques associées
– Expérience de travail en interdisciplinarité
– Capacité rédactionnelle avérée
De plus, pour la collecte de données et les interactions avec les acteurs du territoire vous aurez besoin d’être sociable, autonome, polyvalent et d’avoir un esprit d’équipe et d’initiative.
Permis B (> 1 an) obligatoire !

Dépôt de candidature:
Votre candidature, CV, lettre de motivation indiquant la façon dont vous souhaiteriez aborder cette problématique ainsi que 2 lettres de recommandation sont à envoyer à Sandra Lavorel ([email protected]) et Enora Bruley ([email protected]) avant le 15 mars 2018.

Informations :
Ce stage gratifié (577.5€/mois) aura une durée de 6 mois et débutera en mars/avril 2018. Il sera basé au Laboratoire d’Écologie Alpine (LECA – UMR 5553 – Université Grenoble-Alpes) de Grenoble. Des déplacements seront à prévoir sur le site d’étude en Haute-Romanche et dans le massif Alpin ; leurs frais seront couverts par le projet.

Le contenu de cette offre est la responsabilité de ses auteurs. Pour toute question relative à cette offre en particulier (date, lieu, mode de candidature, etc.), merci de les contacter directement.

Pout toute autre question, vous pouvez contacter [email protected].