Conséquences de la salinisation de l’environnement sur la faune des marais littoraux : le cas des amphibiens

Unité d’accueil : Centre d’Etudes Biologiques de Chizé, UMR 7372 CNRS-La Rochelle Université

Encadrement : François Brischoux (CEBC) et Frédéric Robin (LPO)

Résumé : Le sujet vise à comprendre comment la salinisation des milieux côtiers liée au changement climatique et aux évènements extrêmes (submersion marine) peut influencer l’écologie (utilisation de l’habitat, reproduction) et la physiologie (équilibre hydrominéral, stress hydrique) de populations de vertébrés (amphibiens) à fort niveau patrimonial et dont la conservation est un enjeu majeur.

Descriptif : Les changements globaux récents entraînent souvent des conséquences négatives pour la biodiversité. Bien que de nombreux aspects de ces changements ont été largement étudiés (changements climatiques, contamination, acidification des océans, etc.), d’autres composantes restent peu considérés (stress hydrique, salinisation, etc…). Pourtant, ces composantes pourraient également influencer négativement la biodiversité et le fonctionnement des écosystèmes.

La salinisation de l’environnement a été identifiée comme une menace globale pour les systèmes océaniques, dulçaquicoles et terrestres. En effet, la salinité océanique a augmenté dans les zones ou l’évaporation excède les précipitations (océan atlantique) mais également dans des régions plus froides (antarctique, Meredith et King 2005). Plus d’un quart des zones humides de la planète ont déjà été touchées par la salinisation, d’autres sont en voie d’être affectées par ce processus (Venghos 2014, Herbert et al. 2015), notamment les zones côtières menacées par la montée des niveaux marins (Finlayson 2015). Enfin, les milieux terrestres ne sont pas épargnés et la salinisation est une des causes de la dégradation des sols qui menace des terres agricoles irriguées (Wild 2003). A l’échelle globale, des altérations anthropiques directes, en conjonction avec les changements climatiques pourraient exacerber ces situations, ce qui suggère que l’impact global de la salinisation sur la biodiversité est en voie de devenir un problème de conservation majeur (Hopkins et al. 2016).

En effet, il est connu que la salinisation du milieu peut avoir des conséquences importantes sur l’utilisation de l’habitat et les budgets énergétiques chez de nombreux taxons tels que les oiseaux (Peña-Villalobos et al. 2013, Gutiérrez & Piersma 2016, Brischoux et al. 2015), les poissons (Kidder et al. 2006, Heupel & Simpfendorfer 2008), les amphibiens (Hopkins et al. 2016), et les reptiles (Brischoux et al. 2012, 2013).

Certains de ces groupes taxonomiques possèdent des capacités de dispersion élevés qui leur permette d’échapper à ces conditions négatives et de se reporter sur des habitats encore favorables (par exemple les oiseaux). D’autres groupes sont beaucoup moins mobiles et sont particulièrement soumis à ce type de perturbation. C’est typiquement le cas des amphibiens qui sont caractérisés par de faibles capacités locomotrices. Ils sont également caractérisés par une peau très perméable qui facilite les échanges avec le milieu ce qui peut poser des problèmes de maintien de l’équilibre osmotique. Enfin, ces animaux ont un cycle de vie bi-phasique ou les adultes terrestres rejoignent des milieux aquatiques pour la reproduction ou les oeufs et les larves sensibles à la qualité de l’eau se développent. Toutes ces caractéristiques font des amphibiens des modèles particulièrement pertinents pour examiner l’impact de la salinisation du milieu sur la faune sauvage.

Objectifs : Le sujet de thèse vise à étudier l’impact de la salinisation du milieu sur les populations d’amphibiens des marais côtiers du Centre-Ouest Atlantique.
Les objectifs de la thèse se déclinent en trois volets complémentaires :
1/ analyser les données historiques collectées sur deux sites côtiers (Réserve de Moëze-Oléron et du marais d’Yves) sur la période 2008-2012. Cette période est centrée sur l’année de la tempête Xynthia (2010) ce qui permet de quantifier les effets de la submersion marine liée à cet évènement extrême sur le cortège d’amphibiens présents sur ces sites.

2/ suivre la présence et l’abondance de la communauté des amphibiens inféodés aux marais côtiers sur plusieurs sites (Réserves Naturelles) et d’analyser ces données en fonction de la salinité du milieu (eau douce à saumâtre). En addition à ces données de présence et d’abondance, des individus seront capturés pour mesures morphométriques et un échantillon sanguin sera prélevé afin de mesurer les paramètres physiologiques associés à l’utilisation d’un milieu hyperosmotique (osmolalité, hormones, marqueurs de stress).

3/ comprendre les conséquences d’une salinité relativement élevé sur le développement ontogénétique de ces espèces grâce à une approche expérimentale en milieu contrôlé au CEBC. Ce dernier volet permettra de comprendre les conséquences à moyen et long terme du développement des embryons (oeufs) et des larves (têtards) dans un environnement salinisé (niveaux de salinité compris dans la gamme de salinité mesurée sur le terrain).

Connaissances et compétences requises : Master 2 Recherche ou équivalent (École Ingénieur) en écophysiologie ou écologie. Le(a) candidat(e) aura un intérêt particulier pour les sujet situés à l’interface entre analyses de données, expérimentations en milieux contrôlés et travail de terrain. Curiosité et rigueur sont indispensables.

Candidature : Les candidatures sont à adresser à François Brischoux ([email protected]) et seront constituées d’un CV, d’une lettre de motivation, de la copie des notes et classement aux examens de M1 et de M2, ainsi que d’éventuelles lettres de recommandation et les coordonnées de personnes référentes.

Date limite : 01/06/2020

Le contenu de cette offre est la responsabilité de ses auteurs. Pour toute question relative à cette offre en particulier (date, lieu, mode de candidature, etc.), merci de les contacter directement. Un email de contact est disponible: [email protected]

Pout toute autre question, vous pouvez contacter [email protected].