Sujet de thèse – début à l’automne 2016.

Effet du réchauffement climatique sur le système immunitaire des ravageurs et son impact sur les interactions tritrophiques

Encadrants: Dr. Jérôme Moreau, Dr. Philippe Louâpre, Dr. Denis Thiery.

DATE LIMITE DE CONTACT DES ENCADRANTS: le 1er mai 2016 !!

Résumé en français :
L’augmentation de la température globale à la surface de la terre ainsi que l’augmentation de la fréquence d’événements climatiques extrêmes ne font à ce jour plus aucun doute. Prédire l’impact du réchauffement climatique sur l’écologie des insectes ravageurs constitue un champ de recherche en plein essor afin de permettre à terme d’anticiper au mieux les dégâts à venir ainsi que les stratégies de lutte à mettre en place. A l’heure actuelle, aucune étude ne s’est intéressée à l’effet de cette augmentation de température sur leur système immunitaire. Cette absence de données est problématique puisque la régulation de ces ravageurs passe par l’intervention d’ennemies naturels comme les parasitoïdes. Or le système immunitaire constitue la barrière la plus efficace des ravageurs pour lutter contre ces parasitoïdes. Comprendre alors comment l’augmentation de température modifiera l’efficacité du système immunitaire des ravageurs et en retour leur capacité de défenses contre les parasitoïdes revêt un intérêt tout particulier dans une optique de gestion des ravageurs. Nous proposons donc de répondre à cette question par le bais d’expérimentations au laboratoire et de suivis sur le terrain sur l’un des principaux ravageurs de la vigne.

Cadre conceptuel:
Le réchauffement climatique actuel est un challenge particulièrement important pour les ectothermes car leur capacité à tolérer des fluctuations de température est primordial pour leur survie (Overgaard et Sorensen 2008). Quasiment aucune étude ne s’est encore intéressée à tester l’effet du changement climatique sur le système immunitaire des insectes. Celui-ci représente pourtant la barrière la plus efficace et la plus élaborée pour lutter contre les pathogènes (bactéries, champignons, œufs de parasitoïdes). Une altération ou une amélioration de la fonction immunitaire des insectes en lien avec l’augmentation prévue de la température aura très probablement des conséquences majeures sur la dynamique et le fonctionnement des écosystèmes, étant donné leur place centrale au sein des réseaux trophiques. Ceci est particulièrement vrai pour les insectes ravageurs de cultures qui sont à l’origine d’innombrables pertes économiques. Ainsi, comprendre et prédire l’impact du réchauffement climatique sur l’écologie de ces ravageurs de cultures constitue un champ de recherche en plein essor (Fuhrer 2003).

Questions et hypothèses:
Bien qu’il ait été montré que les paramètres immunitaires des insectes répondent rapidement à des variations thermiques, les quelques études disponibles jusqu’à aujourd’hui suggèrent que les réponses à un changement environnemental sont complexes et que des patrons généraux sont difficiles à extraire (Murdock et al. 2012). Par exemple, une fonction immunitaire impactée par l’augmentation des températures pourrait avoir des répercussions sur les autres traits d’histoire de vie des insectes ravageurs, à cause des compromis qui existent entre ces différentes composantes, et l’allocation préférentielle des ressources vers telle ou telle fonction. De même, une modification de la fonction immunitaire des insectes ravageurs en réponse à l’augmentation de la température pourrait avoir des conséquences sur le niveau trophique supérieur, en modifiant potentiellement leur résistance/susceptibilité aux ennemis naturels et en retour, le potentiel de contrôle des ravageurs par les ennemis naturels. Enfin, ces modifications possibles de la fonction immunitaire dans un contexte de changement climatique global sont vraisemblablement liées au premier niveau trophique, étant donné que la fonction immunitaire d’un insecte ravageur dépend fortement de la qualité de la plante-hôte où il aura effectué son développement (Vogelweith et al. 2011).
Les vers de la grappe qui se nourrissent à l’état larvaire sur différents cépages de vigne et qui sont la cible de nombreuses espèces de parasitoïdes représentent une bonne opportunité pour tester les conséquences possibles du changement climatique. En effet, des travaux récents obtenus pendant la thèse de Fanny Vogelweith (2010-2013) ont montré (i) que le système immunitaire des vers de la grappe varie en fonction des cépages sur lesquels les larves ont effectué leur développement, (ii) que le système immunitaire des populations françaises varie le long d’un gradient Sud-Nord, laissant présager un effet des températures sur le système immunitaire, et (iii) que le taux de parasitisme varie en fonction des régions. Ce projet ambitionne donc de déterminer les effets du changement climatique sur la fonction immunitaire des insectes ravageurs en lien avec leur milieu de vie et de tester les répercussions sur le troisième niveau trophique.

Compétences scientifiques et techniques requises par le candidat
Le (la) candidat(e) devra posséder de bonnes connaissances en écologie, avec de préférence de solides bases ou un intérêt certain pour la lutte biologique, les interactions trophiques, et/ou l’immunoécologie. La maîtrise de l’anglais est indispensable. Des compétences pratiques dans l’utilisation du logiciel R, l’élevage et la manipulation d’insectes seront des arguments supplémentaires pour le candidat.

PROCEDURE DE CANDIDATURE
Tout candidat souhaitant postuler à cette thèse doit prendre contact avec les encadrants en amont du dépôt du dossier de candidature à l’Ecole Doctorale, en joignant à leur mail ([email protected], [email protected], [email protected]) avant le 1er mai 2016:
– un CV détaillé et une lettre de motivation précisant à la fois l’intérêt du candidat pour la thèse ainsi que l’adéquation entre le sujet et le profil du candidat,
– un relevé de notes de M1, ainsi que du premier semestre de M2 (en précisant le rang obtenu dans les deux documents),
– les noms, téléphones et adresses mail de deux contacts (de préférence un responsable de la formation de master, ainsi que l’encadrant du stage de recherche de Master 1).
Une présélection des candidats sera effectuée par les encadrants après réception des documents demandés. Des entretiens Skype pourront être organisés afin d’éviter le déplacement des candidats avant le concours. Les candidats retenus devront ensuite envoyer un dossier de candidature à l’École Doctorale correspondante.

Le contenu de cette offre est la responsabilité de ses auteurs. Pour toute question relative à cette offre en particulier (date, lieu, mode de candidature, etc.), merci de les contacter directement.

Pout toute autre question, vous pouvez contacter [email protected].