Publié en mars 2021

Contexte :
Cette thèse se fixe pour objectif d’apporter des connaissances sur la contamination par les pesticides des cours d’eau de tête de bassin versant (BV) et leur toxicité pour les organismes aquatiques.
Au cours de ces dernières années, les travaux menés au sein de l’équipe MRCA de l’URAFPA ont mis en évidence une large contamination par les pesticides des cours d’eau et plans d’eau localisés en tête de BV. Dès les premiers kilomètres de linéaire, ces masses d’eau qui ne sont généralement pas intégrées dans les réseaux de surveillance, se voient contaminées par de multiples produits phytopharmaceutiques (PPP). Ces PPP, moins bioamplifiables et bioaccumulables que les pesticides organochlorés historiques, sont partiellement dégradés dans l’environnement et forment ainsi des produits de transformations (PT). La toxicité de ces derniers est très peu documentée en raison de la multiplicité des molécules, des contraintes analytiques et du peu de connaissances disponibles sur leur occurrence dans les masses d’eau.

En collaboration avec le laboratoire de référence de l’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) et l’ISA de Lyon, nos derniers travaux de recherches ont conduit à développer les méthodes analytiques adaptées. Celles-ci ont permis de mettre en évidence la présence de plusieurs dizaines de PPP et PT dans les petits cours d’eau et plans d’eau. Nous avons ainsi montré que si certains contaminants s’accumulent dans le poisson, les macroinvertébrés et l’avifaune, la majorité de ces produits ne sont quantifiés que dans l’eau ou les particules sédimentaires. Ce constat ne présage cependant en rien de l’innocuité ou d’un effet toxique de ces cocktails de contaminants pour les organismes aquatiques et apprécier celle-ci s’avère indispensable à la préservation des organismes aquatiques.
Ce travail de thèse aura pour objectif, en collaboration avec l’ANSES et l’UMR SEBIO (INERIS/URCA), d’apporter des connaissances sur la toxicité pour les organismes aquatiques de ces PPP et leurs PT par le biais d’une approche intégrative de la réponse des organismes à l’aide de biomarqueurs d’exposition et d’effets.
Pour se faire, le doctorant pourra s’appuyer sur l’expertise des équipes MRCA et DAC de l’URAFPA, de l’ANSES et de SEBIO, ainsi que sur leurs plateformes expérimentales (ex ferme expérimentale de la Bouzule, aquariums, mesocosmes et étang, etc.).

Précisions sur le déroulement du travail de thèse :
Sur la base des connaissances acquises préalablement (ex. développement de méthodes analytiques nouvelles, quantification et qualification de la contamination des masses d’eau) et à partir des connaissances bibliographiques, le doctorant recruté aura pour objectif d’acquérir des connaissances sur la toxicité des molécules les plus pertinentes vis-à-vis de la faune aquatique, ceci afin de les mettre à disposition des gestionnaires des milieux aquatiques et des législateurs. Entre autres, le doctorant sera amené à évaluer l’accumulation de pesticides dans la chair de poisson et les effets écotoxicologiques (in vivo et/ou in vitro) de ceux-ci seuls et/ou en cocktail en fonction des voies d’expositions (ex. eau vs alimentation). Des connaissances et/ou un fort intérêt pour la biologie animale, la chimie et l’écotoxicologie seront donc appréciés lors de la phase de recrutement.

Précisions sur le financement du travail de thèse :
Le financement de la bourse de thèse sera assuré par le MESR (ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche) pour une durée de 3 ans. Durant la totalité du projet, le candidat sera amené à collaborer au sein d’un réseau développé dans le cadre des précédentes études (ex. ANSES, AERM, OFB, INERIS, Univ. Lorraine). Selon les prédispositions du candidat, un important travail sera mené sur le terrain (étangs) et complété par des expérimentations en laboratoire (structures expérimentales). La thèse s’intègrera au sein de l’équipe « Micropolluants et Résidus dans la Chaîne Alimentaire » de l’URAFPA.

Compétences attendues du candidat :
Le candidat devra posséder de bonnes aptitudes au travail de terrain et de laboratoire. La connaissance du fonctionnement des écosystèmes aquatiques et/ou en écotoxicologie sera appréciée. Il disposera en outre de solides compétences organisationnelles et sera autonome dans les tâches à réaliser. Une bonne maîtrise de l’anglais est également indispensable à la valorisation scientifique des résultats dans les revues et les congrès internationaux. Le candidat devra être également titulaire du permis B et si possible, disposer d’un véhicule.

Dossier de candidature :
Les dossiers (CV + lettre de motivation + noms de 2 personnes référentes) sont à envoyer dès à présent et au plus tard le 31 mai 2021 à [email protected] et [email protected] (en précisant en objet : candidature thèse écotoxicologie).

Le contenu de cette offre est la responsabilité de ses auteurs. Pour toute question relative à cette offre en particulier (date, lieu, mode de candidature, etc.), merci de les contacter directement. Un email de contact est disponible: [email protected]

Pout toute autre question, vous pouvez contacter [email protected].